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Obligation vaccinale : Attention à ne pas stigmatiser les soignants

Publié le 23/07/2026

La vaccination antigrippale pourrait prochainement devenir obligatoire pour les soignants. Si les représentants des infirmiers saluent une mesure qui protège les plus vulnérables, ils alertent sur ses modalités de mise en œuvre. Pas question, préviennent-ils, de faire peser la responsabilité de la lutte contre les futures épidémies sur les seuls professionnels de santé.

Soignante se faisant vacciner

La Haute Autorité de santé (HAS) vient à peine de se prononcer pour une obligation vaccinale antigrippale des professionnels de santé avec une attention particulière pour les EHPAD et les unités de soins de longue durée, que les représetants de la profession infirmière, libéraux comme salariés, soulignent la nécessité d’établir des modalités qui soient à la fois cohérentes et respectueuses des missions des soignants. Si le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) insiste sur le besoin de rendre cette vaccination facilement accessible dans les unités et sur les lieux de travail, Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Snill) et Convergence infirmière expriment, eux, une inquiétude plus diffuse : que l’on fasse peser sur les professionnels de santé seuls le poids des épidémies et de la lutte à mener contre elles. 

Une «responsabilité» envers les patients

Globalement, les organisations représentatives se disent favorables à cette obligation vaccinale. Chaque année, la grippe provoque hospitalisations et décès, surtout chez les plus vulnérables. Or, «une part de ces infec­tions est acquise au cours des soins», rappelle le SNPI. «Nous avons donc une res­pon­sa­bi­lité par­ti­cu­lière envers celles et ceux qui nous font confiance.» Cet enjeu, les infirmiers y sont particulièrement sensibles, puisqu’ils remplissent des missions de prévention, d’éducation thérapeutique et de promotion de la santé. «Chaque année, [ils] encou­­ra­­gent les per­­son­­nes #vul­né­ra­bles à se faire vac­­ci­­ner. Cette mis­­sion éducative repose aussi sur la confiance et l’exem­­pla­­rité. Il devient dif­­fi­­cile d’expli­­quer à un patient âgé l’inté­­rêt de la vac­­ci­­na­­tion lors­­que les #soi­gnants eux-mêmes ne s’appli­­quent pas cette mesure de pré­­ven­­tion.» Un message que partagent Sniil et Convergence infirmière. À condition que ce devoir d’exemplarité ne s’assortisse pas d’une stigmatisation, préviennent-ils. 

Un devoir d'exemplarité qui doit être partagé par tous

Il ne faudrait pas que les soignants deviennent «le seul vecteur désigné de l'épidémie», écrit ainsi le Sniil. Car peuvent aussi être responsables de la transmission de la grippe les visiteurs et les résidents des établissements sanitaires et médico-sociaux eux-mêmes. «Faire peser la seule contrainte sur les soignants, tout en écartant résidents et visiteurs de tout effort équivalent, revient à isoler artificiellement un maillon de la chaîne de transmission — et à désigner les professionnels comme responsables d'un problème qui les dépasse largement», prévient-il. D’ailleurs, cette obligation doit être appliquée équitablement pour tous les professionnels de santé et du médico-social, «selon les mêmes règles et les mêmes délais», et sans faire de distinction entre les libéraux et les salariés. «Toute obligation à géométrie variable serait injustifiable.» 

La géométrie variable, c’est exactement ce qui inquiète aussi Convergence infirmière. «Si les professionnels de santé sont appelés à faire preuve d’exemplarité, cette exigence ne peut être à géométrie variable. L’exemplarité doit concerner l’ensemble des responsables publics», fait valoir le syndicat. Et la question est d’autant plus primordiale que la crise Covid, avec son cortège de désinformation et de sanctions faites aux soignants non vaccinés a laissé des traces. Dont beaucoup de tension. «Il est indispensable de tirer les enseignements de cette période. La confiance, l’information, la transparence et le dialogue demeurent les meilleurs leviers pour renforcer l’adhésion.» L’avis de la HAS n’ayant par ailleurs aucune valeur juridique, toute application de l’obligation vaccinale doit d’abord faire l’objet d’un débat transparent associant les représentants des professionnels de santé. «La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par le respect des soignants, la reconnaissance de leur engagement et une exemplarité partagée par tous», martèle le syndicat en conclusion. 

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com