PLFSS 2026

Vaccination contre la grippe: le Sénat réintroduit l'obligation pour certains soignants

Publié le 24/11/2025

En plein examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le Sénat a tranché à l'inverse de l'Assemblée nationale, réintroduisant l'obligation vaccinale contre la grippe pour certains professionnels et s'opposant à la création du Réseau "France Santé", défendu par le gouvernement.

sénat, salle

Crédit photo : GARO/PHANIE

Depuis le mercredi 19 novembre, le Sénat examine une copie partiellement amendée du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (PLFSS 2026) et s’inscrit déjà en opposition avec l’Assemblée nationale sur un certain nombre de mesures. À commencer par l’obligation vaccinale contre la grippe pour les soignants, introduite par le gouvernement mais écartée par les députés, mais que les sénateurs ont approuvée à main levée dimanche 23 novembre, pour les professionnels de santé exerçant en libéral. « Sous réserve d’une recommandation préalable en ce sens de la Haute Autorité de santé, les professionnels de santé exerçant, à titre libéral, une profession figurant sur une liste établie par un décret en Conseil d’État pris après avis de la Haute Autorité de santé doivent être vaccinés contre la grippe, sauf contre‑indication médicale reconnue », est-il ainsi précisé. Les professions concernées seront identifiées en fonction « des risques de contamination auxquelles elles sont exposées » ou qu’elles sont « susceptibles d’induire » pour les personnes qu’elles prennent en charge. L’avis de la HAS sur l’obligation vaccinale contre la grippe des professionnels de santé exerçant dans les structures hospitalières et médicosociales est attendu pour 2026.

La précédente épidémie de grippe a provoqué 17 600 décès, une flambée qui a eu un fort impact sur les hôpitaux et relancé la question sensible d'une telle obligation, alors que seuls « 21% des soignants sont vaccinés contre la grippe », a rappelé Stéphanie Rist, la ministre de la Santé.

"France Santé", un gadget

Ce même dimanche, le Sénat s’est également prononcé sur un sujet porté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a agité le secteur lors de son annonce : le réseau France Santé, censé améliorer l'accès aux soins sur le territoire, mais dont nombre d’acteurs ont déjà dénoncé l’inutilité. Dont les sénateurs, qui en ont rejeté la création. En cause : un budget conséquent – 130 millions d’euros – pour ce qui ne relève que d’une mesure d’affichage, ont-ils critiqué. « Ça fait un peu cher le panneau France Santé », a taclé la sénatrice communiste Céline Brulin, qui a qualifié le dispositif de « gadget » et estimé que l'argent serait mieux utilisé pour « créer des centres de santé ». Adopté par les députés lors de leur examen du PLFSS, « France Santé » se veut un label accordé en fonction du respect de certaines conditions : garantie d’un médecin et d’une infirmière, absence de dépassements d’honoraires, ouverture au moins 5 jours par semaines, la promesse avancée par Sébastien Lecornu étant de fournir une offre de soins en « 48 heures et à 30 minutes » de chaque Français. Un forfait de 50 000 euros, pour faciliter par exemple le recrutement d’un ou plusieurs professionnel(s), est également prévu.

L’examen du PLFSS doit se poursuivre jusqu’au 26 novembre 2025 ; le texte sera ensuite renvoyé à l’Assemblée nationale.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com