FIN DE VIE

Aide à mourir : les syndicats infirmiers réagissent après l'adoption définitive de la loi

Publié le 16/07/2026

Le droit à « l'aide à mourir » a été définitivement adopté mercredi 15 juillet. Dans la foulée du vote, les premiers syndicats infirmiers ont réagi. Si la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) se montre surtout attentive aux conditions d'application de la réforme, Convergence Infirmière regrette un débat qu'elle estime inachevé et appelle à une plus large concertation.

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Pour la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), le vote de la loi constitue une étape importante, mais il ne marque pas la fin du dossier. Le syndicat estime que les futurs décrets, arrêtés et protocoles seront déterminants pour définir les conditions concrètes d'exercice des nouvelles missions confiées aux professionnels de santé.

La FNI attend les textes d'application

La FNI rappelle que les infirmiers se voient attribuer de nouvelles responsabilités. La loi prévoit notamment qu'ils pourront administrer la substance létale lorsqu'un patient ne sera pas en capacité physique de le faire lui-même. Ils seront également amenés à accompagner la personne tout au long de la procédure, à coordonner les différents intervenants et à en assurer la sécurisation.

Le syndicat affirme qu'il sera particulièrement vigilant lors de l'élaboration des textes réglementaires. Protection juridique des professionnels, clause de conscience, organisation des interventions à domicile, partage des responsabilités, formation, garanties assurantielles ou encore rémunération des nouvelles missions figurent parmi les sujets qu'il entend défendre. «Le vote de la loi marque la fin du débat parlementaire. Il ne marque pas la fin de notre vigilance», résume la FNI.

Des responsabilités qui devront être sécurisées

La FNI prévient qu'elle prendra part aux concertations avec les pouvoirs publics afin de veiller à ce que les textes d'application restent fidèles à la loi votée par le Parlement.

Le syndicat estime que ces dispositions réglementaires devront permettre aux infirmiers d'exercer leurs nouvelles missions dans un cadre juridique clair et sécurisé. Il insiste également sur la nécessité de ne pas créer de nouvelles contraintes qui n'auraient pas été prévues par le législateur.

Convergence Infirmière déplore un débat insuffisant

De son côté, Convergence Infirmière estime que la question de la fin de vie ne pouvait être tranchée dans le contexte de cette fin de législature.

Le syndicat considère que cette réforme dépasse le seul cadre sanitaire et constitue «un véritable choix de civilisation». Selon lui, un sujet d'une telle portée aurait dû faire l'objet d'un large débat national et être inscrit parmi les grands enjeux de la prochaine élection présidentielle. Chaque candidat aurait ainsi pu présenter sa vision afin que les Français puissent se prononcer en toute connaissance de cause.

Les soignants réclament une plus large concertation

Convergence Infirmière regrette également que les infirmières et les infirmiers n'aient pas été pleinement associés à l'élaboration de cette réforme. Le syndicat rappelle que ces professionnels seront en première ligne dans l'accompagnement des patients en fin de vie. Leur expérience de terrain, leur expertise clinique et les enjeux éthiques auxquels ils sont confrontés quotidiennement auraient, selon lui, mérité d'être davantage pris en compte.

Au-delà des convictions de chacun, Convergence Infirmière estime qu'une réforme de cette ampleur exige davantage d'écoute, de concertation et de consensus. Le syndicat appelle ainsi les responsables politiques à mesurer «la portée historique» de leur décision.

À ce stade, ni l'Ordre national des infirmiers ni l'Ordre des médecins ne se sont exprimés sur l'adoption définitive du texte.

Sources : FNI, Convergence Infirmière

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com