Créés pour améliorer l'accès aux soins et renforcer le suivi des patients atteints de maladies chroniques, les infirmiers en pratique avancée (IPA) peinent encore à trouver pleinement leur place dans le système de santé. Les conclusions de la mission « flash » menée par l'Assemblée nationale entendent lever les freins à leur développement en formulant une vingtaine de recommandations.
Des recommandations qui interrogent les spécialités
La publication du rapport a toutefois provoqué la réaction de l'Union nationale des associations d'infirmiers de bloc opératoire diplômés d'État (UNAIBODE). Dans un communiqué diffusé le 16 juillet, l'organisation fait part de ses inquiétudes face à plusieurs recommandations qu'elle juge défavorables aux infirmiers anesthésistes (IADE), aux infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et aux infirmières puéricultrices (IPDE).
Une loi toujours en attente de ses décrets
Au cœur des critiques figure la loi du 27 juin 2025. Adopté par le Parlement, ce texte reconnaît la possibilité, pour ces trois spécialités infirmières, d'exercer une pratique avancée selon des modalités adaptées à leurs compétences. Pour autant, plus d'un an après son adoption, les décrets d'application n'ont toujours pas été publiés. En l'absence de ces textes, la réforme n'a donc pas encore pu être mise en œuvre.
L'UNAIBODE juge dès lors paradoxal que certaines conclusions de la mission parlementaire s'appuient sur l'absence de déploiement du dispositif pour recommander de ne plus reconnaître la pratique avancée des spécialités infirmières. Selon l'organisation, il est impossible d'évaluer une réforme qui n'est jamais entrée en vigueur.
L'UNAIBODE regrette de ne pas avoir été auditionnée
L'association regrette également que les représentants des trois spécialités concernées n'aient pas été entendus dans le cadre de la mission parlementaire. Elle estime que cette absence de consultation ne permet pas de mesurer pleinement la réalité de leurs missions ni les évolutions apportées par la loi.
L'UNAIBODE précise toutefois qu'elle ne remet pas en cause le développement des infirmiers en pratique avancée. Elle considère que les IPA ont toute leur place dans le système de santé, mais refuse que leur essor s'accompagne d'un recul de la reconnaissance accordée aux spécialités infirmières.
Les décrets seront décisifs
Pour l'organisation, la publication des décrets d'application constituera désormais une étape déterminante. Ils devront préciser les conditions d'exercice de la pratique avancée des infirmiers spécialisés et traduire, ou non, les dispositions votées par le Parlement.
L'UNAIBODE annonce qu'elle restera mobilisée aux côtés des IADE et des IPDE afin de veiller au respect de la loi du 27 juin 2025. Elle estime que les futurs textes réglementaires permettront de savoir si le Gouvernement entend appliquer la réforme dans son intégralité ou en limiter la portée.
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