La Drees a publié les valeurs 2024 de l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL) pour les médecins généralistes, les infirmiers, les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les chirurgiens-dentistes.
L'accessibilité diminue pour les médecins généralistes et les infirmiers
Cet indicateur mesure l'adéquation entre l'offre et la demande de soins de ville. Il prend en compte, pour l'offre, la proximité des professionnels de santé ainsi que leur niveau d'activité. Du côté de la demande, il intègre les besoins de soins de la population selon sa structure par âge. Calculé à l'échelle de la commune, il tient également compte de l'offre et de la demande des communes voisines, avec un poids décroissant selon la distance.
En 2024, l'accessibilité moyenne aux médecins généralistes s'établit à 3,3 consultations, téléconsultations ou visites à domicile par an et par habitant. Selon la Drees, elle diminue de 1,1 % par rapport à 2023, dans un contexte marqué par une baisse des effectifs et de l'activité moyenne des médecins, associé à une augmentation du nombre d'habitants.
L'accessibilité aux infirmiers recule également, de 0,8 % entre 2023 et 2024. À l'inverse, l'indicateur progresse pour les kinésithérapeutes (+3,3 %), les sages-femmes (+1,9 %) et les chirurgiens-dentistes (+1,4 %), une évolution liée à l'augmentation des effectifs de ces professions.
Des écarts territoriaux toujours importants
Les données mettent également en évidence des disparités persistantes entre les territoires. Pour les médecins généralistes, l'accessibilité moyenne des 10 % de la population les mieux dotés atteint 5,7 consultations par an et par habitant. Elle est 4,3 fois supérieure à celle observée pour les 10 % les moins dotés. Ce rapport augmente de 5,3 % par rapport à 2023.
La Drees souligne toutefois que les inégalités d'accès aux médecins généralistes restent moins importantes que pour les autres professions étudiées. Le rapport entre les territoires les mieux et les moins dotés s'élève ainsi à 7,9 pour les chirurgiens-dentistes, 6,8 pour les kinésithérapeutes, 6,1 pour les infirmiers et 4,9 pour les sages-femmes.
Les disparités territoriales n'évoluent pas de la même manière selon les professions. Celles concernant les sages-femmes diminuent de 3,6 % par rapport à 2023. Pour les infirmiers, elles restent quasiment stables. En revanche, elles augmentent pour les kinésithérapeutes (+1,3 %) et pour les chirurgiens-dentistes (+1,9 %).
Un indicateur à comparer avec prudence
La Drees rappelle enfin que l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée repose sur une population standardisée afin de faciliter les comparaisons entre territoires.
Cette méthode ne permet pas de mesurer l'évolution des besoins de soins liée au vieillissement global de la population. La Drees précise ainsi qu'«il n'est pas recommandé d'analyser l'évolution de l'indicateur d'APL (…) en particulier sur de longues périodes», même si la comparaison entre deux années successives reste pertinente, l'effet du vieillissement étant alors considéré comme secondaire.
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