L’ONG Hengaw, enregistrée en Norvège, documente depuis plusieurs années les violations des droits humains en Iran, en particulier celles visant les civils lors des opérations de maintien de l’ordre. Elle a rapporté le meurtre de Mansoura Heidari, infirmière à l’hôpital «Tamin Al-Maghrib», et de son mari Behrouz Mansouri, dans la ville de Bushehr, au sud de l’Iran. Tous deux ont été tués par des tirs directs des forces gouvernementales alors qu’ils se trouvaient au cœur de manifestations populaires.
Selon ses informations, les faits se sont déroulés dans la soirée du jeudi 8 janvier 2026. Des rassemblements avaient lieu simultanément dans plusieurs villes du pays. À Bushehr, une mobilisation importante s’est formée rue Sangi avant de progresser vers la rue Ashuri, après avoir traversé le pont « Pour Darvish ». C’est à proximité de la mosquée du Coran que la situation a basculé.
Des tirs des forces gouvernementales
D’après des sources locales citées par l’ONG, les forces gouvernementales étaient positionnées à l’intérieur d’une mosquée située face à la mosquée du Coran, rue Ashuri. Depuis ce point, elles auraient ouvert le feu sur les manifestants et fait usage de gaz lacrymogènes. Mansoura Heidari et Behrouz Mansouri ont été mortellement touchés par des tirs directs et sont décédés sur place des suites de leurs blessures. Le couple, originaire de Bushehr, laisse derrière lui deux enfants âgés de 7 et 10 ans. Aucune information ne permet d’établir qu’ils représentaient une menace ou qu’ils étaient impliqués dans des actions violentes. Leur mort s’inscrit dans un contexte plus large de répression, au cours duquel de nombreux civils ont été blessés lors de cette même soirée.
Une répression sous haut contrôle politique
La mort de Mansoura Heidari rappelle que les victimes de la répression ne se limitent pas aux manifestants identifiés comme opposants, mais incluent aussi des citoyens ordinaires, parmi lesquels des soignants. Professionnels de santé, infirmiers et médecins figurent régulièrement parmi les civils exposés aux violences, que ce soit lors de rassemblements publics ou dans leur vie quotidienne.
La mosquée depuis laquelle les forces gouvernementales auraient ouvert le feu est connue pour être un lieu central d’activité politique à Bushehr. Elle est notamment associée à Jafar Pourkabgani, représentant actuel de la ville à l’Assemblée consultative islamique. Cet élément, relevé par Hengaw, souligne l’imbrication entre les lieux religieux, le pouvoir politique et les forces de sécurité dans la gestion des manifestations.
Hengaw indique par ailleurs enquêter sur le meurtre de plusieurs autres personnes tuées lors de ces manifestations. L’ampleur exacte des violences reste difficile à documenter, les restrictions imposées aux communications compliquant la collecte d’informations indépendantes et la vérification des bilans humains.
Source : ONG Hengaw, consulté sur https://hengaw.net/fa/news/2026/01/article-97
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