MOUVEMENT SOCIAL

Grève historique des infirmiers à New York

Publié le 19/01/2026

C’est sans nul doute la grève infirmière la plus importante de l’histoire de la ville de New York. 15000 infirmiers manifestent depuis le 12 janvier pour dénoncer leurs conditions de travail, notamment en termes de sécurité et de prestations sociales.

Infirmières new yorkaise manifestant

Crédit photo : Sipa USA/SIPA

À Mount Sinai, Montefiore ou NewYork-Presbyterian, autant d'hôpitaux new-yorkais, la grève dure depuis plusieurs jours rassemblant une quinzaine de milliers de soignants déterminés à se faire entendre. Selon la New York State Nurses Association (NYSNA), principal syndicat du mouvement, cette grève est la plus importante jamais organisée par la profession dans la ville.

La situation est d’autant plus sensible que la grève intervient en plein hiver, alors que les hôpitaux font face à une forte circulation de la grippe et d’autres maladies saisonnières. Dans un décret publié avant le début du mouvement, la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a alerté sur les risques pour la santé publique, évoquant un impact possible sur la disponibilité des soins.

Manque d’effectifs et de sécurité au travail

À l’origine du conflit, des négociations contractuelles engagées depuis plusieurs mois et restées, selon le syndicat, sans avancées significatives. Les infirmiers réclament notamment des effectifs suffisants pour garantir la sécurité des patients et des soignants, le maintien intégral de leur couverture santé, ainsi que des protections renforcées face aux risques de violences au travail. Cette mobilisation fait en l’occurrence suite à un récent incident impliquant une menace par arme à feu à l’hôpital Mount Sinai ainsi qu’un épisode de violence survenu à l’hôpital New York-Presbyterian Brooklyn Methodist.

Pour limiter les conséquences de la grève, les établissements concernés ont transféré certains patients, annulé des interventions non urgentes et massivement recruté des infirmiers vacataires. Mount Sinai affirme ainsi avoir mobilisé plus de 1400 infirmiers qualifiés pour assurer la continuité des soins pendant la durée de la grève. Les syndicats dénoncent une stratégie coûteuse et inefficace, soulignant que ces recrutements temporaires représenteraient déjà plus de 100 millions de dollars de dépenses, sans garantir la même qualité de prise en charge.

Des négociations au point mort

Lors de la première séance de négociations depuis le début de la grève avec le NewYork-Presbyterian, les représentants syndicaux font état de discussions longues mais stériles, sans propositions de la direction. La NYSNA affirme rester prête à négocier, tout en accusant certains hôpitaux de refuser de poursuivre les discussions, préférant, selon elle, «laisser les infirmiers dans le froid plutôt qu’au chevet des patients».

Les points de blocage restent nombreux : menaces de réduction des avantages sociaux, remise en cause des ratios de personnel obtenus lors de précédents conflits et absence d’accord sur la prévention des violences, malgré des incidents récents dans plusieurs hôpitaux new-yorkais. Le syndicat dénonce également des pratiques d’intimidation et de représailles contre des infirmiers mobilisés, accusations auxquelles les directions ne répondent pas publiquement.

Le soutien du maire de New York

La mobilisation bénéficie toutefois de soutiens politiques. En effet, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, s’est rendu auprès des grévistes pour saluer leur engagement et appeler les deux parties à reprendre des négociations «de bonne foi». Un soutien symbolique, mais important, alors que les hôpitaux concernés figurent parmi les plus riches de la ville et affichent, selon le syndicat, des réserves financières en nette augmentation ces dernières années, parallèlement à une forte hausse des rémunérations de leurs dirigeants.

Ce bras de fer social ravive le souvenir de la grève de janvier 2023, au cours de laquelle 7 000 infirmiers avaient obtenu des avancées sur les effectifs après trois jours de mobilisation. Reste à savoir si ce nouveau mouvement, d’une ampleur bien supérieure, aboutira à un compromis rapide ou s’installera durablement, au risque de fragiliser un système hospitalier déjà sous tension.

Sources :

AFP, NYSNA (New York State Nurses Association)

Corinne Pauline Nkondjock avec l'AFP

Source : infirmiers.com