MOYEN-ORIENT

Les systèmes de santé sous pression après l’escalade des violences

Publié le 13/03/2026

Plus de dix jours après la dernière escalade du conflit au Moyen-Orient, les systèmes de santé de plusieurs pays de la région font face à une pression croissante. L’augmentation du nombre de victimes, les déplacements de population et les attaques contre les structures médicales compliquent la réponse sanitaire, alerte l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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L’intensification des affrontements se traduit par un bilan humain important. Selon les autorités sanitaires nationales relayées par l’OMS, l’Iran recense plus de 1 300 morts et 9 000 blessés depuis le début de l’escalade. Au Liban, les autorités signalent au moins 570 décès et plus de 1 400 blessés. En Israël, 15 personnes ont été tuées et 2 142 blessées.

Un bilan humain déjà lourd

Ces chiffres illustrent la pression exercée sur les systèmes de santé, déjà fragilisés dans plusieurs pays de la région. Les hôpitaux et services d’urgence doivent faire face à un afflux de patients alors que les conditions de travail restent difficiles dans un contexte de conflit.

Pour l’OMS, cette situation intervient dans une région où les besoins humanitaires étaient déjà particulièrement élevés avant les récents événements. Au total, 115 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire dans la région de la Méditerranée orientale, soit près de la moitié des besoins mondiaux.

Les structures de santé également touchées

Les infrastructures médicales et les personnels de santé ne sont pas épargnés par les violences. Depuis le 28 février, l’OMS indique avoir vérifié 18 attaques contre des structures de santé en Iran. Ces incidents ont entraîné la mort de huit professionnels de santé. Au Liban, 25 attaques contre le secteur de la santé ont été recensées sur la même période. Elles ont causé 16 décès et 29 blessés.

Au-delà des pertes humaines, ces attaques affectent directement l’accès aux soins. Lorsqu’un établissement est endommagé ou contraint de fermer, les populations se retrouvent privées de services essentiels alors que les besoins médicaux augmentent.

L’OMS rappelle dans son communiqué que «les personnels de santé, les patients et les établissements de santé doivent toujours être protégés conformément au droit international humanitaire».

Déplacements et risques sanitaires

Les conséquences du conflit dépassent largement les blessures liées aux combats. Les déplacements de population créent également des défis sanitaires importants.

En Iran, les estimations indiquent que plus de 100 000 personnes ont quitté leur domicile pour se réfugier dans d’autres zones du pays en raison de l’insécurité. Au Liban, jusqu’à 700 000 personnes pourraient avoir été déplacées à l’intérieur du territoire.

Beaucoup sont accueillies dans des abris collectifs où les conditions de vie se dégradent. L’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux équipements d’hygiène y est parfois limité.

Selon l’OMS, ces conditions augmentent le risque de propagation de maladies transmissibles, notamment les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques. Les femmes et les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables.

Par ailleurs, certains risques environnementaux apparaissent aussi. En Iran, des incendies dans des installations pétrolières et la fumée provenant d’infrastructures endommagées exposeraient des communautés à des polluants toxiques susceptibles de provoquer des troubles respiratoires, des irritations des yeux et de la peau ou encore une contamination de l’eau et des sources alimentaires.

Une aide humanitaire perturbée

Dans plusieurs territoires, l’accès aux soins devient également plus difficile. Au Liban, 49 centres de soins primaires et cinq hôpitaux ont fermé après des ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne, réduisant l’offre de soins disponibles.

Dans les territoires palestiniens occupés, les restrictions de mouvement et la fermeture de certains points de passage retardent l’accès des ambulances et des cliniques mobiles à plusieurs zones de Cisjordanie.

Dans la bande de Gaza, les évacuations médicales sont suspendues depuis le 28 février. Les hôpitaux continuent de fonctionner sous forte contrainte, confrontés à des pénuries de médicaments, de matériel médical et de carburant. Ce dernier est rationné afin de maintenir les services jugés prioritaires, notamment les urgences et la prise en charge des traumatismes.

Les opérations logistiques sont également très affectées. Des restrictions temporaires de l’espace aérien perturbent l’acheminement de fournitures médicales depuis le centre logistique mondial de l’OMS à Dubaï. Plus de 50 demandes d’approvisionnement d’urgence, destinées à plus de 1,5 million de personnes dans 25 pays, sont actuellement retardées.

Dans son communiqué, l’OMS appelle l’ensemble des parties à protéger les civils et les services de santé, à garantir un accès humanitaire sans entrave et à favoriser une désescalade du conflit afin de permettre aux populations de commencer à se relever.

Source : OMS

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com