SANTÉ PUBLIQUE

Contre l'émergence du chikungunya en Guyane, la HAS actualise ses recos vaccinales

Publié le 14/04/2026

Face à l'augmentation du nombre de cas de chikungunya sur le territoire guyanais, la Haute autorité de santé diffuse ses recommandations en termes de stratégie vaccinale. Elle écarte notamment l'utilisation du vaccin Ixchiq de Valneva face au risque de survenue d'événements indésirables. 

Gros plan sur un moustique tigre, vecteur du chikungunya

Crédit photo : SOUMYABRATA ROY/NurPhoto via AFP

Jusque-là plus ou moins épargnée par l’épidémie, la Guyane observe depuis le début de l’année 2026 une circulation du virus du chikungunya sur son territoire. Depuis l’apparition du premier cas à la fin du mois de janvier, 81 autres avaient été «biologiquement confirmés» au 9 avril dernier dont 22 ayant mené à une hospitalisation, selon Santé publique France. De quoi pousser la Haute autorité de santé (HAS) à publier ses recommandations vaccinales. Car face à la réémergence de la maladie infectieuse, et alors que la dernière épidémie dans cette région d’Outre-mer date de 2014, la population est insuffisamment protégée. «Il existe ainsi un risque épidémique qui expose en particulier les personnes les plus à risque de présenter une infection sévère de la maladie», écrit-elle : soit les personnes « aux âges extrêmes de la vie » et celles souffrant de comorbidités (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatiques chroniques, rénales chroniques...). «De plus selon les études entre 40 à 60 % des personnes touchées, rapportent des arthralgies chroniques plus de 3 mois après l'infection

Une campagne de prévention reposant sur un vaccin

Dans ce contexte, à la suite d’une saisie par le ministère de la Santé, la HAS a évalué les deux vaccins autorisés sur le marché, Ixchiq de Valneva et Vimkunya de Bavarian Nordic, afin d’élaborer la stratégie vaccinale à déployer sur le territoire guyanais. Le premier, a-t-elle rappelé, a été à l’origine de plusieurs effets secondaires indésirables, repérés en particulier chez les 65 ans et plus. Fin mars, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en comptabilisait en effet 21 dans le cadre de son dispositif de pharmacovigilance. Impossible donc de le recommander pour cette population. Et en l’absence de données de sécurité suffisantes, elle ne le préconise pas non plus pour les 18 à 64 ans.

Elle conseille donc de privilégier plutôt le vaccin Vimkunya chez les personnes les plus à risque, soit celles de 12 à 64 ans présentant des comorbidités et les plus de 65 ans. «Le vaccin Vimkunya peut être proposé chez les personnes de 12 à 64 ans sans comorbidités, en tenant compte de la durée de protection documentée limitée à six mois et de l'absence de données chez les personnes immunodéprimées ou immunodéficientes», précise-t-elle. En revanche, la vaccination n’est pas recommandée pour les femmes enceintes ou allaitantes, là encore faute de données suffisantes sur la balance bénéfice/risque.

Et de rappeler que la vaccination n’est que l’une des mesures préventives, collectives et individuelles, parmi d’autres pour limiter la circulation du virus : port de vêtements longs, utilisation de produits répulsifs contre les moustiques et de moustiquaires, vigilance face aux eaux stagnantes…

Un virus en circulation sur le territoire français depuis 2025

L’épidémie de chikungunya qui sévit actuellement sur le territoire français s’est d’abord déclenché à La Réunion. En avril 2025, la région comptabilisait officiellement plus de 100 000 cas, et le virus n’avait pas tardé à atteindre la métropole. Dès le mois de juin, les autorisés sanitaires constataient l’apparition des deux premiers cas les plus précoces jamais recensés, les obligeant à multiplier les messages de prévention et à lancer une campagne de vaccination pour les plus à risque.

Transmise par piqûre de moustique, le chikungunya se manifeste par de la fièvre, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête, une inflammation des ganglions dans le cou ou encore des saignements des gencives ou du nez.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com