SÉCURITÉ DES SOINS

Les recos de la HAS pour préserver les soignants de la fatigue

Publié le 19/01/2026

Pour tenter de limiter les événements indésirables associés aux soins provoqués par la fatigue des professionnels de santé, la Haute autorité de santé diffuse dans un récent Flash Sécurité Patient sur le sujet. Elle y préconise, entre autres, d'y sensibiliser les soignants afin qu'ils expriment plus facilement leur épuisement. 

Infirmière qui ferme les yeux

Crédit photo : GARO/PHANIE

Plus de 10% des 79 298 événements indésirables associés aux soins (EIAS) recensés entre mai 2016 et mai 2025 sont en lien avec la fatigue des professionnels de santé et leur charge de travail, selon la Haute autorité de santé. Devant ce constat, l’Agence publie un Flash Sécurité Patient sur cette thématique, «Fatigue des professionnels de santé. Préserver les soignants pour mieux soigner les patients». «Culturellement, les professionnels de santé tendent à minimiser l’impact de la fatigue, car les soins aux patients sont souvent considérés comme plus importants que le soin de soi. Les tensions actuelles sur les ressources humaines dans les établissements renforcent également cette attitude», y constate-t-elle. Or les conséquences de la fatigue sur la santé des professionnels mais aussi sur la sécurité des patients peuvent être majeures. Elle liste trois exemples : erreur de préparation de lidocaïne entraînant un surdosage, à la suite d’une diminution de vigilance de l’infirmière ; oubli d’un corps étranger (deuxième sac largable) à l’issue d’une opération «particulièrement longue et complexe» à la fin d’une garde de 24h ; et erreur d’interprétation du rythme cardiaque fœtal, confondu avec celui de la mère, qui a entraîné le décès d’un nouveau-né, à un moment où l’activité était particulièrement soutenue.

Des actions à mettre en place sur les plans individuel et organisationnel

Pour que de tels événements ne se reproduisent pas, il faut d’abord pouvoir mesurer et gérer la fatigue des professionnels de santé en les sensibilisant, ainsi que la gouvernance des établissements, aux risques associés, en promouvant une culture de la sécurité pour «oser dire sa fatigue sans stigmatisation», et en s’appuyant si possible sur la médecine du travail et le médecin traitant. Sur le plan individuel, la HAS recommande également que chacun puisse bénéficier d’un temps de repos et de récupération quotidien (repas, pauses, siestes courtes…), qu’il sache reconnaître les signes de fatigue « pour soi et pour les autres » et demander de l’aide.

Plus largement, sur le plan organisationnel, elle préconise d’impliquer les équipes de soins dans l’élaboration des plannings et de les diffuser à l’avance, «en limitant les changements d’horaires», de «réduire au minimum le nombre de nuits de travail consécutives», d’organiser «un temps de chevauchement suffisant entre les équipes pour une transmission d’informations», ou encore de mettre à disposition des espaces de repos et de s’appuyer sur des mesures barrières telles que les check-lists et les aides cognitives.

Accéder au Flash Sécurité Patient «Fatigue des professionnels de santé. Préserver les soignants pour mieux soigner les patients»

*Les « Flash Sécurité Patient » de la Haute autorité de santé sensibilisent les professionnels à la gestion des risques, à partir de l’analyse des événements indésirables associés aux soins auxquels ils ont pu être confrontés.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com