AP-HP

L'AP-HP a rouvert la moitié de ses lits fermés après la crise Covid

Publié le 18/03/2026

L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a rouvert la moitié des lits qu'elle avait été contrainte de fermer après la crise sanitaire, du fait notamment de l'exode des soignants, a-t-elle indiqué. Une amélioration rendue possible grâce au retour, notamment, de ses effectifs infirmiers, dopés par le Ségur et son propre plan d'attractivité.

Selon ses chiffres, l'AP-HP a rouvert près de 1.000 lits depuis le point bas post-Covid, atteint en 2023, mais il lui en reste autant à rouvrir pour retrouver une offre comparable à celle de 2019. «Parmi ces lits figurent notamment près de 300 lits supplémentaires» dans les services de médecine (médecine interne, maladies infectieuses, cardiologie, neuro-vasculaire...), «près de 100 lits de soins aigus spécifiquement pour les personnes âgées» et «170 lits en pédiatrie», a-t-elle indiqué.

Les quelque 2.000 fermetures de lits dans l'après-Covid - une baisse de 11%, selon l'AP-HP - étaient liées aux départs de nombreux soignants de l'hôpital, en particulier des infirmières, épuisées par la crise sanitaire, et lassées du manque de reconnaissance salariale.

Le gouvernement a proposé des revalorisations salariales comme le Ségur de la santé, et l'APHP de son côté a mis en place en 2023 un plan en 30 leviers pour restaurer son attractivité. Ces décisions ont produit leurs effets : l'AP-HP qui avait perdu 12% de ses effectifs infirmiers début 2023 «est en passe» de les avoir reconstitués, «et les aura dépassés dès l'été 2026», a indiqué l'institution. Mais elle reconnait avoir encore du chemin à parcourir, avec un objectif d'ouvrir 350 lits supplémentaires en médecine, chirurgie, obstétrique, 320 lits en soins longue durée, et 175 lits en soins médicaux et de réadaptation. «Certains métiers restent en tension», avertit-t-elle également, comme les infirmiers de bloc opératoire ou ceux du secteur de l'imagerie «qui restent en difficulté dans plusieurs hôpitaux».

Des résultats "encourageants" après la mise en place de son plan en 30 leviers

Plus globalement, «l’AP-HP a fait un effort massif en faveur du recrutement et de l’intégration des jeunes professionnels soignants», souligne l'institution. Elle évoque ainsi pêle-mêle le déploiement des contrats d’allocation d’études en contrepartie d’un engagement de servir à l’AP-HP – en 2025, 1 560 contrats d’allocation d’études (CAE) ont été signés par les étudiants infirmiers) –, la généralisation des parcours d’intégration, ou encore la professionnalisation du tutorat (1 550 tuteurs identifiés et valorisés financièrement). Les schémas horaires des paramédicaux ont également été diversifiés, entraînant une réduction de la part des infirmiers travaillant en 5 jours : elle est passée de 47% en 2022 à 33% en 2025, au profit d'une organisation en 12 heures, soit 3 jours de travail par semaine. «Les attributions de logements aux professionnels ont été doublées, passant de 600 en 2022 à plus de 1 200 par an depuis 2024, dont 500 logements sociaux, 500 logements à loyer modéré pour les métiers en tension et plus de 200 studios pour les jeunes professionnels», ajoute-t-elle. Enfin, 600 promotions annuelles ont été comptabilisées en 2023-2024 et plus de 500 en 2025, quand 350 alternants ont été accueillis sur 25 métiers prioritaires en 2025-2026, et 60 postes de praticiens hospitaliers dédiés à la recherche clinique ont été créés.

385 millions d'euros de déficit

Sur le plan financier, l'AP-HP reste déficitaire en 2025 de 385 millions d'euros, après une perte de 465 millions d'euros en 2024. En 2026, l'objectif est de réduire le déficit à 265 millions d'euros, avant un retour à l'équilibre en 2030, a indiqué mardi Laëtitia Buffet, directrice adjointe de l'AP-HP. Si cet objectif 2030 est tenu, «on aura mis 7 ans à remonter la pente des difficultés Covid», a-t-elle souligné. Selon l'analyse de l'AP-HP, confortée par un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), une partie du déficit actuel s'explique par la sous-compensation par l'État des mesures salariales (Ségur et autres) décidées après le Covid. Cette sous-compensation représente une charge d'environ 133 millions d'euros en 2025 pour l'AP-HP, a indiqué Mme Buffet. Le même jour, ce mardi 17 mars en conférence de presse, la Fédération hospitalière de France évaluait à 2,7 milliards d’euros le déficit des hôpitaux publics, pointant le manque structurel de moyens alloués par l’État.

La Rédaction d'Infirmiers.com avec l'AFP

Source : infirmiers.com