Face à l’épuisement croissant des professionnels de santé et aux tensions persistantes dans les établissements, le ministère de la Santé dévoile un plan d’action articulé autour de quatre grands axes: mieux accompagner les soignants, renforcer la prévention, améliorer la santé au travail et inscrire durablement ces enjeux dans les politiques publiques.
La création d’un portail national regroupant l’ensemble des ressources disponibles, accompagné d’un numéro unique d’appel.
Le comité piloté par Philippe Denormandie et Nicolas Delmas doit poursuivre ses travaux afin d’intégrer de nouvelles thématiques, notamment la parentalité, les conduites addictives, l’alimentation ou encore la santé des jeunes professionnels.
À travers ce plan, le gouvernement affiche l’ambition de faire de la santé des soignants "un engagement structurant” pour l’avenir du système de santé.
Mieux orienter et accompagner les professionnels
Parmi les premiers objectifs du plan: rendre les dispositifs d’aide plus lisibles pour les professionnels de santé et les étudiants. Le ministère constate que de nombreuses initiatives existent déjà, mais qu’elles restent parfois méconnues ou difficiles d’accès. Le plan prévoit ainsi la création d’un portail national regroupant l’ensemble des ressources disponibles, accompagné d’un numéro unique d’appel. Cette plateforme doit permettre d’orienter plus facilement les professionnels vers des lignes d’écoute, des dispositifs territoriaux d’appui ou encore des formations.
L’intégration d’un module consacré au thème “être acteur de sa propre santé” dans les formations initiales et continues.
Autre mesure annoncée : l’intégration d’un module consacré au thème “être acteur de sa propre santé” dans les formations initiales et continues. L’objectif est de sensibiliser plus tôt les futurs soignants aux questions de prévention, de santé mentale et de bien-être au travail. Le ministère souhaite également développer la recherche sur la santé des professionnels à travers un appel à projets national afin de mieux identifier les facteurs de risque et d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants.
Une attention particulière est portée aux étudiants en santé. Le gouvernement souligne notamment le rôle de la Cellule nationale d’appui et d’accompagnement (CNAE), jugée encore insuffisamment connue. Les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur veulent également renforcer les relais locaux et améliorer la coordination avec le futur observatoire national des violences en santé.
Faire évoluer la culture de prévention
Deuxième axe du plan : renforcer la prévention, notamment en matière de santé mentale. Le ministère estime qu’il ne suffit plus d’intervenir une fois les situations de souffrance installées, mais qu’il faut agir en amont sur les organisations de travail.
Parmi les mesures prévues figure la mise en place de “minutes prévention” dans les établissements de santé et structures médico-sociales. Ces temps courts de discussion collective doivent permettre de diffuser une culture de prévention au quotidien. Le gouvernement souhaite également faciliter l’accès des soignants aux actions de prévention et de santé publique, notamment par une meilleure cartographie des dispositifs existants et un soutien accru aux structures proposant des actions dédiées aux professionnels.
La création d’un label national “3S” pour “Santé et soins des soignants” pour valoriser les établissements investis dans la prévention et l’amélioration des conditions de travail.
Autre annonce : la création d’un label national “3S” pour “Santé et soins des soignants”. Ce dispositif vise à valoriser les établissements investis dans la prévention et l’amélioration des conditions de travail. Le ministère étudie son intégration dans les contrats d’objectifs et de moyens ainsi que dans les critères de certification de la Haute Autorité de Santé.
Le plan insiste aussi sur la confidentialité des données médicales des professionnels lorsqu’ils sont pris en charge dans leur propre établissement. Le gouvernement souhaite renforcer l’anonymisation des dossiers afin d’éviter que certains soignants renoncent aux soins par crainte d’être identifiés.
Réduire les risques professionnels
Le troisième volet du plan concerne directement la santé au travail et la réduction des risques professionnels.
Le ministère prévoit d’encourager le dialogue autour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) et du Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT). Ces outils doivent, selon le gouvernement, devenir des leviers centraux de prévention dans les établissements.
Le plan entend également renforcer les compétences des infirmiers de santé au travail de la fonction publique hospitalière. Une évolution des modalités de suivi est envisagée avec la mise en place de visites d’information et de prévention pour les agents non exposés à des risques particuliers.
Une attention spécifique est portée aux aides-soignants et accompagnants éducatifs et sociaux. Le gouvernement veut formaliser les principaux risques auxquels ces professionnels sont confrontés, notamment le port de charges lourdes ou les violences subies dans l’exercice de leurs missions.
Cette démarche doit permettre de mieux structurer les actions de prévention et de favoriser le maintien durable dans l’emploi.
Installer durablement la santé des soignants dans les politiques publiques
Au-delà des mesures opérationnelles, le ministère souhaite inscrire durablement la santé des soignants parmi les priorités de l’action publique. Une “mobilisation nationale” doit être lancée afin de sensibiliser à la santé physique et mentale des professionnels de santé. La désignation de la santé mentale des jeunes comme grande cause nationale 2026 doit notamment permettre de renforcer les actions auprès des étudiants en santé.
Le plan prévoit également la mise en place d’un suivi régulier de l’état de santé des professionnels par la DREES afin de disposer de données actualisées sur les risques et les conditions d’exercice.
Enfin, plusieurs mesures ciblent spécifiquement les professionnels de nuit. Le ministère souhaite favoriser les temps de pause et de récupération, tout en adaptant davantage les services administratifs aux contraintes liées aux horaires atypiques.
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