Dans un communiqué publié à l’issue des négociations autour de l’avenant n°2 à l’ACI des maisons de santé pluriprofessionnelles, le syndicat indique qu’il ne signera pas le texte. Une décision qu’il présente comme cohérente avec les positions qu’il défend depuis plusieurs années sur l’organisation des soins et la place des infirmières et infirmiers libéraux dans le système de santé.
L’organisation syndicale tient toutefois à préciser qu’elle n’est pas opposée au principe de coordination des soins. Elle rappelle que les infirmiers libéraux assurent quotidiennement ce rôle auprès de leurs patients, en lien avec les autres professionnels de santé, les établissements sanitaires, les structures médico-sociales et les aidants.
Une coordination qui ne se limite pas aux structures labellisées
Selon Convergence Infirmière, la coordination des parcours de soins ne doit pas être pensée à travers une structure ou un dispositif administratif, mais à partir des besoins des patients. Le syndicat estime que les professionnels de terrain ont développé depuis longtemps des pratiques de coopération qui ne reposent pas nécessairement sur les maisons de santé pluriprofessionnelles ou d’autres organisations conventionnelles.
L’organisation considère ainsi que l’avenant n°2 à l’ACI MSP n’apporte pas de réponse nouvelle aux difficultés d’accès aux soins. Elle estime en revanche qu’il s’inscrit dans une logique de soutien accru aux structures labellisées, sans que leur efficacité ne soit, selon elle, suffisamment démontrée au regard des financements engagés.
Le risque d’une médecine à plusieurs vitesses
Le syndicat se montre également préoccupé par les conséquences que pourraient avoir ces dispositifs sur l’organisation territoriale des soins. Il craint que les professionnels exerçant en dehors des maisons de santé soient progressivement marginalisés dans l’accès à certains financements, expérimentations ou actions de santé publique.
Pour Convergence Infirmière, les politiques de prévention et les dispositifs d’organisation territoriale doivent bénéficier à l’ensemble des professionnels de santé, quel que soit leur mode d’exercice. Le syndicat défend également le maintien de la liberté de choix des patients et de la liberté d’installation des soignants.
Dans son communiqué, l’organisation met en garde contre l’émergence de fonctionnements qu’elle qualifie implicitement de plus fermés, où les orientations de patients pourraient s’effectuer prioritairement entre membres d’une même structure. Elle rappelle que l’accès aux soins doit rester ouvert à tous les professionnels compétents d’un territoire.
Un sentiment de décalage entre les investissements consacrés aux structures et les moyens alloués aux soignants qui interviennent directement auprès des patients.
Des financements contestés
Au-delà de l’organisation des soins, Convergence Infirmière s’interroge sur les choix budgétaires opérés ces dernières années. Le syndicat pointe la multiplication des financements destinés aux structures de coordination, qu’il s’agisse des MSP, des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou d’autres dispositifs organisationnels.
Dans le même temps, l’organisation souligne que les actes réalisés quotidiennement par les infirmières et infirmiers libéraux demeurent faiblement valorisés. Le communiqué rappelle notamment qu’un pansement simple est rémunéré «environ 6,30 euros brut», tandis que les indemnités de déplacement n’ont pas suivi l’évolution des coûts supportés par les professionnels.
Pour le syndicat, cette situation alimente un sentiment de décalage entre les investissements consacrés aux structures et les moyens alloués aux soignants qui interviennent directement auprès des patients.
Une vision différente de l’avenir des soins de proximité
Convergence Infirmière précise que sa position ne constitue pas une remise en cause du travail mené au sein des maisons de santé pluriprofessionnelles. Le syndicat reconnaît l’engagement des professionnels qui y exercent ainsi que l’intérêt de certaines initiatives locales.
Il refuse cependant que ce modèle devienne, à terme, la référence unique vers laquelle seraient orientés l’ensemble des professionnels de santé. Pour l’organisation, d’autres formes de coordination existent déjà sur le terrain et doivent continuer à être reconnues.
Estimant que l’amélioration de l’accès aux soins passe avant tout par un renforcement des moyens accordés aux professionnels de proximité, le syndicat annonce donc qu’il ne signera pas l’avenant n°2 à l’ACI MSP.
Source : Convergence Infirmière
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