La France s’apprête à accueillir un événement inédit pour les professionnels de la santé de l’enfant. À l’occasion de la 51e édition des Journées nationales d’étude de l’ANPDE, le Congrès européen de puériculture (PNAE) se déroulera pour la première fois sur le territoire français.
Une rencontre qui tombe à pic
Pendant trois jours, Paris et Issy-les-Moulineaux réuniront des infirmières puéricultrices, des infirmières pédiatriques, des chercheurs et des représentants institutionnels venus de plusieurs pays européens.
Cette rencontre intervient à un moment charnière pour la profession infirmière. L’entrée en vigueur de la loi infirmière de 2025 a en effet redéfini plusieurs dimensions de l’exercice professionnel, notamment à travers le développement de la consultation infirmière, l’accès direct aux soins, l’élargissement des compétences et l’évolution des possibilités de prescription.
Une profession en pleine mutation
Au-delà de sa dimension européenne, cette 51e édition des JNE entend mettre en lumière les transformations qui traversent aujourd’hui les métiers infirmiers et leurs conséquences pour les professionnels spécialisés dans la santé de l’enfant.
Les organisateurs souhaitent notamment valoriser la contribution des infirmières puéricultrices dans les parcours de soins pédiatriques, depuis la prévention jusqu’au suivi des enfants et à l’accompagnement de leurs familles. Ces questions occupent une place croissante dans les réflexions engagées autour de l’organisation des soins et de la coordination entre les différents acteurs de santé.
Le thème retenu cette année, «Construire l’avenir : penser les soins intégrés pédiatriques en France et en Europe», s’inscrit dans cette volonté de réfléchir à l’évolution des pratiques à l’échelle nationale comme européenne.
Une ouverture sous le signe des enjeux de santé de l’enfant
L’ouverture des travaux doit se dérouler en présence de plusieurs personnalités politiques, sous réserve de confirmation. Sont notamment annoncées Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des personnes handicapées, ainsi qu’Isabelle Santiago, députée du Val-de-Marne et vice-présidente de la Délégation des droits de l’enfant à l’Assemblée nationale.
Leur participation témoigne de l’attention portée aux questions liées à la santé de l’enfant et à l’évolution des professions spécialisées qui interviennent auprès des jeunes publics.
Pour les organisateurs, ces enjeux dépassent le seul cadre professionnel et concernent plus largement l’organisation future des politiques de santé destinées aux enfants, aux adolescents et à leurs familles.
La Tribune des actualités au cœur des débats
Parmi les séquences les plus attendues figure la Tribune des actualités, consacrée aux perspectives d’évolution de la spécialité infirmière puéricultrice.
Cette table ronde réunira notamment Yannick Neuder, député de l’Isère et ancien ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Sébastien Colson, professeur des universités en sciences infirmières à Aix-Marseille Université, Joséphine Missoffe, députée de Paris et infirmière puéricultrice, Brigitte Feuillebois, experte-conseillère pour les professions non médicales au ministère de la Santé et Chief Nursing Officer Europe à l’OMS, Claire Royer de la Bastie, présidente du CIP, Peggy Alonso, présidente de l’ANPDE, ainsi que le juriste Grégory Caumes.
Les échanges porteront notamment sur les conséquences de la loi infirmière de 2025, les réflexions relatives au niveau master, la pratique avancée et les évolutions attendues des compétences infirmières.
Une vision centrée sur l’intérêt général
Invité à participer à cette édition, le juriste Grégory Caumes estime que les débats engagés par l’ANPDE rejoignent les évolutions actuellement à l’œuvre dans le système de santé.
J’ai l’honneur et le plaisir d’intervenir lors de la 51e Journée nationale de l’ANPDE, intitulée “Construire l’avenir : penser les soins intégrés pédiatriques en France et en Europe”. Cette intervention sera l’occasion de revenir sur la loi infirmière, sur le nouveau cadre qu’elle donne à la pratique avancée, et plus particulièrement sur la reconnaissance des spécialités disposant d’un exercice dérogatoire en pratique avancée.
Pour lui, la démarche portée par l’association repose avant tout sur une approche centrée sur les besoins des publics accompagnés. «Je participe à cette journée car pour moi la vision portée par l’ANPDE me semble aujourd’hui la plus pertinente, la plus conforme à l’esprit de la loi et la plus légitime : parce qu’elle place l’enfant, l’adolescent et l’étudiant au centre de ses travaux, au-delà de toute logique corporatiste.»
Et de poursuivre : «C’est une vision d’intérêt général, globale et intégrée, qui articule prévention, éducation thérapeutique et soin, afin de faciliter l’accès aux soins pour des populations aujourd’hui trop exposées au risque de renoncement, de rupture de parcours ou de désinformation.»
Trois jours d’échanges à dimension européenne
En parallèle des Journées Nationales d’Étude, le Congrès européen PNAE se tiendra pour la première fois en France. Cette rencontre réunira des professionnels venus de plusieurs pays autour des enjeux actuels de la santé de l’enfant et de l’évolution des pratiques infirmières.
Parmi les thématiques annoncées :
• Santé mentale, parentalité et protection de l’enfance ;
• Recherche en soins infirmiers pédiatriques ;
• Innovations pédagogiques, simulation et réalité virtuelle ;
• Regards européens sur les pratiques infirmières pédiatriques ;
• Coopérations internationales et évolution des métiers ;
• Prévention, santé publique et accompagnement des familles.
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