ENGORGEMENT DES URGENCES

Urgences : le gouvernement veut réduire de moitié les passages évitables

Publié le 07/06/2026

Face à une pression persistante dans les services d’urgence, le gouvernement dévoile une nouvelle stratégie nationale visant à diminuer les recours évitables. 

Service d'urgence

L’objectif affiché est ambitieux: éviter près de 4 millions de passages par an grâce à de nouvelles alternatives de prise en charge, une meilleure orientation des patients et un renforcement de l’organisation hospitalière.

Les urgences toujours à flux tendu 

Les services d’urgence continuent de faire face à une forte tension malgré la stabilisation de leur fréquentation. Chaque année, près de 20 millions de passages y sont enregistrés. Selon le ministère de la Santé, les urgences accueillent désormais des patients plus âgés, plus fragiles et nécessitant des prises en charge plus complexes, tandis qu’une part importante des consultations pourrait être réalisée dans d’autres structures de soins.

Le ministère de la Santé estime que 30 à 40% des patients accueillis aux urgences pourraient bénéficier d’une autre réponse de soins.

Dans ce contexte, la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a présenté une nouvelle stratégie nationale destinée à désengorger durablement les services d’urgence. Cette feuille de route s’inscrit dans la continuité du Pacte de refondation des urgences lancé en 2019.

Développer les alternatives aux services d’urgence

Pour le gouvernement, une part importante des passages pourrait être évitée. Le ministère estime que 30 à 40% des patients accueillis aux urgences pourraient bénéficier d’une autre réponse de soins.

Afin de proposer des solutions alternatives, l’exécutif entend poursuivre le déploiement du Service d’accès aux soins (SAS), désormais généralisé sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ce dispositif, qui mobilise plus de 12000 professionnels de santé, vise à apporter une réponse médicale rapide aux patients ne trouvant pas de solution de prise en charge.

Les travaux engagés autour des centres de soins non programmés doivent également être accélérés. L’objectif est de renforcer leur rôle dans la prise en charge des soins du quotidien et de constituer une alternative crédible aux passages aux urgences.

Mieux orienter les patients dès leur arrivée

La stratégie gouvernementale prévoit également de renforcer l’orientation des patients dont l’état ne relève pas de la médecine d’urgence. La réorientation à l’entrée des services sera progressivement généralisée. Les établissements devront pouvoir proposer, lorsque la situation médicale le permet, une prise en charge en ville plutôt qu’un passage prolongé aux urgences.

Le gouvernement souhaite par ailleurs développer la régulation de l’accès aux urgences. Déjà expérimenté dans plusieurs territoires, ce dispositif aurait permis de réduire le nombre de passages tout en garantissant la sécurité des patients.

Dès l’automne, une centaine d’établissements identifiés avec les agences régionales de santé mettront en place des organisations de régulation afin de mieux anticiper les tensions hivernales. Cette évolution s’accompagnera d’un renforcement du rôle des assistants de régulation médicale dans l’orientation des patients.

Fluidifier les parcours et renforcer l’aval hospitalier

L’exécutif souligne également que l’engorgement des urgences est souvent lié aux difficultés rencontrées après la prise en charge initiale. De nombreux patients restent plusieurs heures dans les services faute de lit disponible ou de solution d’hospitalisation adaptée.

Pour améliorer cette situation, plusieurs mesures sont annoncées: généralisation progressive de la gestion des lits, développement des admissions directes en hospitalisation, notamment pour les personnes âgées, ainsi que renforcement des capacités en médecine polyvalente, en gériatrie et en soins de réadaptation.

Une attention particulière doit également être portée aux patients les plus fréquemment accueillis aux urgences afin d’améliorer la coordination de leur suivi médical. Ces orientations seront complétées par les conclusions d’un rapport consacré à l’aval des urgences, attendu dans les prochaines semaines.

Les services d'urgence doivent pouvoir se consacrer pleinement à leur mission: prendre en charge les urgences vitales et les situations les plus graves.

Faire évoluer les habitudes de recours aux soins

Au-delà des mesures organisationnelles, le ministère souhaite modifier les réflexes de recours aux urgences.

Une campagne nationale de sensibilisation sera ainsi lancée autour du message: «Les urgences, ce n’est pas une évidence!». L’objectif affiché est de mieux informer les Français sur les solutions existantes avant de se rendre aux urgences et de les aider à identifier la réponse la plus adaptée à leur situation.

Citée dans le communiqué, Stéphanie Rist estime que les services d’urgence doivent pouvoir «se consacrer pleinement à leur mission: prendre en charge les urgences vitales et les situations les plus graves», en développant les alternatives et en améliorant l’orientation des patients.

Source : Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com