Le partenariat avait été annoncé lors du lancement par l’Ordre infirmier (ONI) de sa campagne de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles, en janvier 2026. Mercredi 27 mars, dans l’effervescence du Salon infirmier 2026, Alain Desbouchages, son président, a signé une convention avec France Victimes (voir encadré), en présence de Jérôme Moreau, le vice-président de l’association, et de Marie Daudet, la directrice générale de l’offre de soins (DGOS). L’objectif : mettre en place «un cadre structuré et pérenne» qui offre un accompagnement global, entre écoute, soutien psychologique, aide juridique et orientation des victimes, fait savoir l’Ordre. La convention permet également d’ouvrir un guichet «clair et sécurisé» pour signaler les violences et d’affermir la coordination entre Ordre, institutions et forces de l’ordre lors de la prise en charge de ces faits de violences. «À travers ce partenariat, l’Ordre national des infirmiers renforce son engagement : ne laisser aucune infirmière ni aucun infirmier seul face aux conséquences humaines, juridiques et psychologiques d’une agression», écrit-il.
La lutte contre les VSS, une priorité de l'Ordre
En signant cette convention, France Victimes intègre en réalité un dispositif déjà existant et structuré selon 2 piliers. Des conventions sécurité-justice, signées entre l’Ordre et la police, encadrent les réponses immédiates à donner lors du signalement de faits de VSS (dépôt de plainte, protection des victimes, saisine de la justice…). L’ONI mobilise également des «référents violences» dans chaque département, chargés d’assurer «une écoute et une orientation entre pairs». France Victimes représente désormais le troisième pilier de cette stratégie, en apportant «un accompagnement spécialisé, gratuit et confidentiel, dans la durée.» «Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas une fatalité dans l’exercice infirmier», a déclaré Alain Desbouchages. «Avec ce partenariat, nous franchissons une étape décisive pour mieux protéger, accompagner et soutenir les professionnels qui en sont victimes. Notre responsabilité est claire : ne laisser aucune infirmière, aucun infirmier seul face à ces situations.»
Sylvaine Mazière-Tauran, la précédente présidente de l’Ordre, avait fait de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles une de ses priorités, à la suite des résultats d’une enquête menée par l’organisation auprès de ses adhérents. En décembre 2024, celle-ci avait mis cruellement en lumière le phénomène : près d’un infirmier sur deux déclarait en effet avoir été victime de ce type de violences au moins une fois dans sa carrière.
La fédération France Victimes réunit 130 associations d’aide aux victimes, présentes partout en France, et propose un accompagnement pluridisciplinaire – juridique, psychologique, social – aux victimes d’infractions pénales. Elle se donne pour mission de promouvoir et de développer l’aide et l’assistance aux victimes via plusieurs actions : favoriser la communication et la coordination entre ses associations et former leurs intervenants, promouvoir au niveau local toute initiative d’aide et d’assistance aux victimes, proposer des modifications législatives pour améliorer les droits des victimes, ou encore participer aux recherches et études relatives à ses domaines d’intervention (droits des victimes, gestion des conséquences des accidents collectifs…).
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