ETHIQUE

Quand le détail conditionne l’Art Infirmier

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

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Qui d’entre nous n’a pas eu ce sentiment d’une pensée soignante confisquée ? Et si notre pensée professionnelle trainait de vieilles casseroles devenues un peu graisseuses d’une cuisine professionnelle traditionnelle surannée ? De la même façon, la cuisine traditionnelle a évolué vers la cuisine gastronomique puis vers des concepts moléculaires, le Soin doit pouvoir gagner en élégance, en grâce et en précision. Il ne s’agit pas ici de balayer d’un revers de main les démarches existantes mais d’être capable de nous autoriser à un système critique qui permettrait de libérer notre pensée professionnelle ; lui offrir des ouvertures et des possibles pour augmenter notre art en termes d’émotion, d’intuition, d’imaginaire et de créativité. La grâce et la rigueur ne sont pas antinomiques.

Vers une nouvelle clinique critique infirmière

Infirmière aidant une personne agée

Selon Christophe Pacific, « un enseignement autour de la microscopie du soin propose ainsi un nouveau focus, une nouvelle clinique qui se fonde sur l’attention et l’intensité du moment présent. »

La pensée critique infirmière n’est pas encore enseignée dans nos instituts de formation aux métiers de la santé (IFMS) pourtant, il s’agit là d’une arme puissante d’évolution d’une profession. Elle est cette lumière de vigilance qui doute à toutes les étapes de la démarche de soin et sur son bien-fondé. La pensée critique permet en effet des réajustements et des réorientations complètes de la démarche, elle imagine des plans B et permet de ne pas se paralyser sur un plan A qui s’avèrerait insuffisant. Le doute est un mouvement qui ouvre le champ des possibles quand la certitude est figée et n’offre plus aucune autre alternative. Le doute a fait trop longtemps l’objet d’une représentation négative comme une déficience, un mal qui réside dans l’hésitation et la difficulté à se déterminer. Au contraire, le doute infirmier est un trésor de pensée créative qui n’a de cesse d’ouvrir des possibles à un accompagnement qui vise le souci d’autrui. Le doute professionnel se développe à partir de la capacité à s’étonner de l’ordinaire. Etre capable de voir ce qui nous est offert discrètement par le patient, toutes ces petites choses microscopiques qui le constituent et qui sont autant de détails cliniques propres à augmenter la compréhension soignante.

Promouvoir une pensée critique infirmière c’est provoquer des remises en question sévères même si je ne suis pas certain que nous soyons prêts à accueillir des empêcheurs de tourner en rond... Il suffit de voir comment sont accueillis les étudiants qui osent proposer de nouvelles prises en charge quand certaines sont sclérosées depuis 20 ans ou plus… Qu’à cela ne tienne ! Nous savons que nous préférons quelques fois nos vieilles douleurs de fonctionnement plutôt que de...

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Commentaires (2)

CrisP

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51 commentaires

#2

Nous sommes tous des remèdes...

Merci pour tes compliments Cecile. Se sentir comme un remède pour autrui, n'est-ce pas juste être soignant ?.. Quel plaisir en tous cas! ?

cecile1970

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1 commentaires

#1

BRAVO

Comme d'habitude rien à rajouté et voilà un article qui me fait revenir sur les bancs d'infirmiers.com oulalla au moins 12 ans

Bravo Christophe pour ça aussi du coup je me rends compte que je vais mieux

;-)