ETHIQUE

Les infirmiers : principaux « outils » de soins ?

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

    Précédent Suivant

L’objet de soin n’est peut-être pas celui que l’on croit… A nous bassiner l’idée que le patient doit se situer au cœur du système de soins, nous en venons à nous oublier. Le soignant, ébloui par l’intérêt du patient, va s’empresser d’en faire son objet de soin. Le patient serait ainsi l’objet de toute l’attention du soignant. Mais Jean de la Fontaine nous met en garde : le trop d’attention qu’on a pour le danger fait le plus souvent qu’on y tombe… et le plus « objet » des deux n’est pas celui qu’on pense !

fragile ruban adhésif

Les infirmiers, les soignants valent mieux que d'être traités comme des « outils de soins », non ?

Le pire qui pourrait nous arriver serait de gober cette imbécilité et de se prêter au jeu. Un jeu qui consisterait à brouter du prêt à penser et nous laisser traiter comme les outils d’une mécanique au centre de laquelle se situerait un objet de soin. Une forme de mise en abyme : un objet, regardé par des objets, eux-mêmes regardés par une mécanique déshumanisée… pas très vivant tout ça ! Nous valons mieux que cela ! Et c’est parce que « nous le valons bien » qu’il convient de dépoussiérer quelques idées reçues.

Tout d’abord commençons à déboulonner le miroir aux alouettes qui nous éblouit depuis plus de 20 ans : les établissements de santé ont récupéré une phrase qui procède de la pensée magique et qui consiste à dire qu’il faille positionner le patient au cœur du système de soins. Cette symbolique séduisante fait écho à un archaïsme de notre construction professionnelle : nous savons ce qui est bon pour le patient et donc nous pouvons penser à sa place. Le patient devient ainsi le « centre » de notre attention et par ce biais, notre « objet » de soins. Cette entourloupe permet de cantonner le patient dans un statut d’objet et non de sujet. Nous pouvons manipuler l’objet comme bon nous semble, penser à sa place, lui faire signer un consentement aux soins qu’il ne peut que subir. En effet, il n’a pas d’autre choix que de se soumettre à la compétence médicale et soignante proposée (le consentement aux soins n’a de sens que dans l’idée qu’il ne les refuse pas).  

Une forme de mise en abyme : un objet, regardé par des objets, eux-mêmes regardés par une mécanique déshumanisée… pas très vivant tout ça ! Go fast...Aujourd’hui, les durées moyennes de séjour ne sont considérées comme convenables que si elles correspondent à un IP-DMS (indice de performance de la durée moyenne de séjour) inférieur à la « norme ». La chirurgie ambulatoire et les prises en charge médicales en HDJ se...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (0)