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Le travail de nuit/posté associé à une hausse modérée du cancer du sein

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Le travail de nuit et/ou posté est associé à une hausse modérée du cancer du sein, montre une revue de la littérature présentée le 18 novembre 2016 à Dijon aux Journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM)

infirmières dans un couloir

Les infirmières sont particulièrement concernées par le travail de nuit/posté.

Le mode de vie avec des éléments comme la sédentarité, la consommation d'alcool, la carence en vitamine D peut favoriser le cancer du sein comme les facteurs de risque génétiques ou hormonaux. Le travail de nuit (au moins deux fois par semaine entre 21 heures et 6 h, ou au moins trois heures par nuit tous les jours) et/ou posté (travail à des heures différentes sur une période donnée) a aussi été évoqué. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé en 2007 le travail posté responsable d'une perturbation du rythme circadien dans la liste des situations de travail cancérigènes.

Julie-Charlotte Benabu des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a présenté lors d'une communication orale qui a été primée, une revue de la littérature sur le sujet pour déterminer le lien entre le travail de nuit/posté et le cancer du sein. Elle a retenu 25 articles parus entre 1996 et 2016 comprenant six méta-analyses qui montraient toutes une augmentation statistiquement significative de l'incidence du cancer du sein avec un risque relatif variant de 1,09 et 1,48, soit un surrisque modéré. Sur sept études de cohorte, quatre montraient une augmentation d'incidence de 1,79 à 2,02. Sur 12 études cas-témoins, sept montraient une augmentation significative (de 1,4 à 2,21).

Plusieurs mécanismes sont impliqués comme la perturbation du rythme circadien, responsable d'une dysrégulation de la synthèse de la mélatonine, le statut hormonal, la carence en vitamine D, a cité la chercheuse. Ainsi, une diminution du risque de cancer du sein de 38% à 72% a été observée chez les "grosses dormeuses"; les femmes travaillant la nuit sont plus carencées en vitamine D et une étude française a montré une augmentation du risque de cancer du sein en préménopause et en cas d'exposition au travail de nuit avant la première grossesse.

Le travail de nuit et/ou posté, corrélé à une perturbation du rythme circadien et à une chute du taux de mélatonine est associé à une augmentation modérée du risque de cancer du sein, a-t-elle conclu. Des recommandations sur un suivi médical renforcé de ces femmes pourraient être diffusées avec une information des femmes et des médecins généralistes, a-t-elle proposé. Le rôle d'une supplémentation en mélatonine reste à évaluer. Elle a aussi évoqué en prévention primaire une exposition plus progressive à la lumière artificielle la nuit.

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Commentaires (1)

augusta

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67 commentaires

#1

Pansements....

Plutôt que de proposer des pansements....(suivi médical renforcé, supplémentation etc...), il faudrait surtout tout faire pour ne pas laisser des soignants faire une carrière entière de nuit.
Il faudrait qu'après x années de nuit, les soignants repassent de jour....même si cela n'est pas leur choix.
Le travail de nuit est si difficile qu'il devrait être partagé...