AU COEUR DU METIER

Bandes et bas de contention

Objectifs, législation et règles pour appliquer les dispositifs de contention. Suivi d’une vidéo explicative.

Ce texte inaugure un partenariat avec la Revue du praticien, revue de formation médicale continue de référence. La vidéo placée en fin d’article est mise à disposition gracieusement pour les lecteurs d’Infirmiers.com par le site de la Revue, qui en conserve les droits d’auteur.

Objectifs de la contention

© La revue du praticienLes dispositifs de contention sont prescrits pour diminuer les effets de l’insuffisance veino-lymphatique. Ils exercent une pression sur la peau pour réduire le calibre des veines superficielles et faciliter le retour veineux induit par la contraction musculaire du mollet. En prévention des thromboses veineuses profondes, les contentions sont souvent prescrites pour tout patient alité ou présentant des facteurs de risque.

Législation

L’article R4311-7 du Code de la santé publique précise que la « pose de bandages de contention » est un acte réalisé par l’infirmier ou l’infirmière en application d'une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d'un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin. Il s’agit donc d’un acte du rôle prescrit.

L’annexe IV à l’arrêté du 25 janvier 2005 relatif à la validation des acquis de l’expérience pour l’obtention du diplôme d’État d’aide-soignant précise que l’aide soignant exerce son activité sous la responsabilité de l’infirmier, dans le cadre du rôle qui relève de l’initiative de celui-ci, c’est à dire les soins du rôle propre de l’infirmier. Ce qui exclut la pose des bandages de contention par l’aide-soignant. Toutefois dans cette même annexe, on lit que l’aide-soignant aide l’infirmier à la réalisation de soins, dont la pose de bas de contention.

Ce type de contention, bas ou bandage de contention, fait toujours l’objet d’une prescription médicale.

Des règles simples

La prescription médicale est individuelle. On utilise les bandes ou les bas prévus pour la personne prise en charge. Le choix du matériel prescrit prend en compte de nombreux facteurs qu’il est nécessaire de respecter : type de bande, taille, largeur, force de contention (pour les bandes), classe de contention (pour les bas), …

Les bas ou bandes de contention qui sont retirés pour la nuit (bandes élastiques de contention légère) seront mises en place avant le lever du matin, en position allongée. Les bandes adhésives d’élasticité réduite, pour des contentions fortes, sont laissées en place plusieurs jours.

Attention aux particularités anatomiques ! Il est parfois nécessaire de protéger des zones sensibles des effets de la compression, même légère, comme la crête tibiale ou le tendon d’Achille ou une plaie.

La compression doit être dégressive du pied vers le haut du membre. L’effet attendu est de rétablir la dégressivité physiologique en diminuant l’hypertension veineuse à la cheville.

Avant de poser une contention, on vérifie l’état cutané et on repère tout signe pathologique. En cas de doute, on fait appel au médecin. La compression peut aggraver des lésions et retarder une prise en charge adaptée. La contention ne doit pas être douloureuse.

Les bandes ou les bas ont un coût… mais il faut recommander au patient de renouveler un bas usé et devenu inefficace.

Merci au Dr Clélia Debure pour sa lecture attentive

Creative Commons License
Responsable de la formation Mediformation
Rédacteur Infirmiers.com
jerome.clement@infirmiers.com

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Commentaires (8)

me.opa

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4 commentaires

#8

Vidéo ?

Je ne dois ètre correctement cortiquée mais je ne trouve pas la vidéo : où est elle cachée svp ?

Merci

Françoise

Utilisateur supprimé

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#7

Bandes et bas de contention

Les querelles de clocher ne résultent pas des faibles taux de participation. Bref, c'est toujours le même débat concernant les élections quelle que soit leur nature...

"En attendant, ce soin est de plus en plus effectué par des personnes, ni infirmières, ni aides-soignantes".
Concernant les glissements de tâche (rôle propre et ou prescrit), celui-là et d'autres, en structure comme en ville, la responsabilité est souvent portée par la profession elle-même... [url=https://www.infirmiers.com/forum/acte-aide-soignante-ou-infirmiere-t105033.html]clic[/url]

jjland83

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#6

Certes....

mais à partir du moment où les élus sont élus par leurs pairs, il serait bien d'élire des élus de son choix et non de critiquer ces élus, élus par ceux qui ont participé au vote. Je ne vous apprendrai rien sur la très faible participation des IDE lors des dernières élections professionnelles et effectivement la querelle qui en a résulté.

En attendant, ce soin est de plus en plus effectué par des personnes, ni infirmières, ni aides-soignantes.

Utilisateur supprimé

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#5

Parenthèse

Juste une parenthèse, pour que ces élus soient soutenus par leurs pairs et aient du poids, il faudrait qu'ils commencent par arrêter de se disperser dans leurs querelles intestines pour ce recentrer sur la profession et les problèmes de santé publiques présents et à venir.

jjland83

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#4

Deuxième lecture...

Et bien espérons que votre commentaire sera, à nouveau lu par les heureux élus représentatifs du secteur d'activité libérale. Encore faut-il que ces élus aient du poids et qu'ils soient soutenus par leurs pairs dans cette démarche.

jjland83

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#2

Avenant...

Et bien espérons que votre commentaire sera lu par les heureux élus représentatifs du secteur d'activité libérale. Un avenant aux conventions établies avec les caisses d'assurance maladie est toujours possible.

Utilisateur supprimé

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#1

Bandes et bas de contention

Article et vidéo très intéressants.
Cela dit, j'aimerai souligner que la pose de bas de contention n'est pas un acte nomenclaturé et qu'il est de plus en plus refusé par les caisses y compris quand on le côte en AIS. Ces derniers étant souvent assimilés exclusivement (par les caisses +/- IDE) à des soins d'hygiène et de toute façon soumis à une contrainte de temps soit les fameux TMR qui stipulent que 1 AIS 3 = 30 minutes.
Par conséquent,les personnes âgées et ou avec un handicap (qui n'auraient pas d'autres soins)ne pouvant pas se mettre seuls ces bas et ne bénéficiant pas d'un aidant naturel ou d'1 AVS se verront exclus de cet acte simple et efficace de prévention.