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Pneumopathie atypique : ce qu'il faut savoir

PARIS, 16 avril 2003 (Reuters Santé) - Voici les principales caractéristiques du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ou pneumopathie atypique, cette maladie infectieuse transmissible, d'apparition récente qui vient du Sud-Est asiatique.

1- Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les signes cliniques du SRAS sont banaux et peuvent être également observés au cours d'autres infections respiratoires. Le syndrome commence par une fièvre (supérieure à 38°C) d'apparition brutale associée généralement à des signes respiratoires (toux sèche, essoufflement, difficultés respiratoires), soulignent le ministère de la Santé français et le ministère de la Santé canadien. D'autres symptômes peuvent être constatés : maux de tête, myalgies, malaise.

2- Quelle est l'évolution de la maladie ?

Le syndrome justifie dans la totalité des cas une hospitalisation. Chez 10 à 20% des personnes atteintes de SRAS, les troubles respiratoires nécessitent une assistance respiratoire. Dans la majorité des cas, l'évolution est favorable, estime le ministère de la santé français. La maladie est considérée comme mortelle dans 3 à 4% des cas. Jusqu'à présent, les médecins pensaient que les principales victimes étaient des personnes âgées et fragiles mais l'évolution de l'épidémie montre que des personnes plus jeunes et apparemment en bonne santé peuvent être atteintes.

3- Comment se transmet la maladie ?

Actuellement le seul mode avéré de transmission est le contact rapproché avec une personne malade. Selon l'OMS, la notion de contact rapproché est définie ainsi : vie sous le même toit, prise en charge médicale sans protection adaptée d'un malade notamment par des contacts avec des fluides biologiques et en particulier les sécrétions respiratoires (postillons) d'une personne atteinte de SRAS.

L'agent du SRAS se transmet de personne à personne principalement par le biais des postillons (éternuement, toux) issus d'une personne malade de SRAS. Cependant les experts des Centres de contrôle et de prévention des maladies d'Atlanta (Etats-Unis) n'excluent pas à ce jour la possibilité de transmission à partir d'un environnement (air, objets manipulés) contaminé par une personne atteinte de SRAS. Ils évoquent la possibilité de résistance de l'agent à l'environnement de quelques heures, par analogie avec des coronavirus connus. Du fait de cette hypothèse, il est recommandé de renforcer les mesures classiques d'hygiène et en particulier, le lavage des mains.

Pour le ministère de la Santé canadien, les seuls facteurs de risque de contracter le SRAS sont les déplacements récents dans les pays d'Asie ou des contacts étroits avec des personnes atteintes de SRAS.

4- La maladie se transmet-elle durant la période d'incubation ?

D'après les données actuelles, la période d'incubation de la maladie varie de 2 à 10 jours après contamination, rapporte le ministère de la Santé français. La moyenne est de 7 jours. Pendant l'incubation, la personne ne présente aucun signe de la maladie. A ce jour, aucune transmission à partir d'une personne en période d'incubation n'a été démontrée.

5- Peut-on manipuler des marchandises en provenance des zones affectées ?

En l'état actuel des connaissances, l'agent soupçonné d'être responsable du SRAS est fragile. Sa persistance dans l'environnement ne serait que de quelques heures. Selon le ministère de la Santé français, "le risque de transmission de l'infection lors de la manipulation de produits en provenance des zones affectées n'est donc pas retenu compte tenu de la durée de leur acheminement. Les précautions d'hygiène prévalant habituellement dans les entreprises doivent être respectées"./yg

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