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Journée mondiale de la BPCO : "Avant de vous tuer, le tabac va vous asphyxier !"

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Avec près de 3,5 millions de personnes atteintes et plus de 17000 décès par an, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) continue à faire de nombreuses victimes en France et dans le monde. Le 16 novembre dernier a marqué la Journée mondiale de la maladie. L'occasion pour les professionnels de santé de sensibiliser les Français sur la pathologie et sa principale cause : le tabac.

bronchodilatateur

Aujourd'hui, près de 50 % des personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont des femmes.

Au 18e jour du moi(s) sans tabac, ils sont un peu plus de 175000 à participer au mouvement dans l'espoir d'arrêter définitivement de fumer. Et pour cause. Hormis les cancers pulmonaires, le tabac provoque également une maladie trop peu connue : la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). A la fois progressive et irréversible, cette pathologie diminue considérablement les capacités respiratoires des patients les plus sévèrement touchés. J’ai commencé à fumer à l’âge de 15 ans pour faire comme les copains (…). A la suite de problèmes respiratoires, j’ai dû consulter. Le diagnostic est tombé : BPCO ! Oxygène la nuit, puis 24h/24 (…). Au début, je pouvais encore marcher dans la campagne, faire du vélo d’appartement… Aujourd’hui, malgré l’oxygène, je me déplace difficilement et au moindre rhume, je suis souvent hospitalisé, témoigne Philippe, malade depuis 22 ans. Alors pour les pneumologues, il est une évidence : Ce mois de sensibilisation doit être l’occasion pour les professionnels de santé de divulguer encore et toujours de l’information et des conseils. C’est par ailleurs une belle opportunité pour que le grand public s’intègre dans une dynamique collective qui a bien fonctionné dans d’autres pays. Pour arrêter le tabac, on sait qu’il faut multiplier les occasions. Celle-ci est à saisir !, conseil Nicolas Roche, Professeur de pneumologie à l’hôpital Cochin (AP-HP).

Dans 80 % des cas, le tabac est responsable de l'appariton de la maladie.

La BPCO, l'autre maladie du tabac...

Avant de vous tuer, le tabac va vous asphyxier ! C'est ce message fort qui a été lancé à l'occasion de la Journée mondiale de la BPCO, le 16 novembre dernier. Car en effet, qu'il soit actif ou passif, le tabagisme est le principal facteur de la maladie. Pour la majorité des personnes qui fument, les risques identifiées sont le cancer du poumon, bien entendu, puis les maladies cardiovasculaires (…). Mais très peu sont conscients des risques liés à la BPCO. Pourtant, dans 8 cas sur 10, elle est liée au tabagisme, explique le Professeur Bruno Housset, président de la fondation du souffle. La bronchopneumopathie chronique obstructive ne cesse donc de progresser avec une quasi parité parfaite, car avec l'augmentation du tabagisme chez les femmes, elles représentent désormais près de 50 % des malades.
Le sevrage tabagique est le principal moyen de prévenir la BPCO ou du moins de ralentir son aggravation. Un diagnostic précoce de la maladie est également essentiel pour limiter sa progression. Or on estime que deux tiers des personnes atteintes l'ignorent. Il faut poser le diagnostic le plus tôt possible. Et sur ce point il faut encore progresser. Une expérimentation va être lancée par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) : dans certains départements les généralistes volontaires pourront se former pour réaliser un test de spirométrie. C'est simple, rapide et ça permet d'objectiver immédiatement la perte de fonction respiratoire. Une fois le diagnostic posé, la première mesure à prendre est bien entendu l'arrêt du tabac.

Deux tiers des patients ignorent être atteints de BPCO.

BPCO et qualité de vie : le rôle des soignants

Si l'arrêt du tabac empêche la dégradation des fonctions respiratoires, d'autres actions doivent être menées afin de maintenir au mieux la qualité de vie des personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive. La demande des patients est de pouvoir vivre au mieux leur maladie qui a un impact réel sur la qualité de vie, explique le Docteur Franck Soyez. Les soignants ont donc un rôle essentiel à jouer dans le suivi des patients notamment en identifiant d'éventuelles dégradations. La qualité de vie est un indicateur pronostique majeur de la maladie. Sa mesure, la plus objective possible, est une étape importante dans l'évaluation des patients. Les professionnels de santé doivent être à leur écoute pour faciliter la prise en charge au plus près de leurs besoins.

La pratique régulière d'une activité physique est la deuxième condition pour ralentir l'évolution de la BPCO. Toutes les études publiées ces dernières années démontrent que l’activité physique entraîne une amélioration de la tolérance à l’exercice et de la qualité de vie, mais aussi une diminution de l’essoufflement. Elle diminue également les exacerbations (épisodes d’aggravation aiguë) de la maladie, le nombre et la durée des hospitalisations. Dans la BPCO, l’activité physique fait beaucoup mieux que les médicaments ! Elle est possible à tous les stades de la maladie, même pour un patient sous oxygène, confirme le Docteur Daniel Piperno, pneumologue à Lyon. Mais, pour les patients tels que Marie, atteinte depuis huit ans, quels que soient les traitements et mesures prises pour éviter son évolution, vivre avec la BPCO demeure une lutte de tous les instants qui requiert beaucoup d'énergie. Mieux vaut donc tenter de l'éviter en arrêtant de fumer.

Selon l'OMS, en 2030, la BPCO devrait devenir la troisième cause de mortalité dans le monde.

La BPCO en quelques chiffres

  • En France
    • Plus de 3,5 millions de personnes seraient atteintes de BPCO.
    • 7,5 % de la population de plus de 40 ans sont concernés, soit environ 2,5 millions de personnes.
    • Plus de 100 000 patients nécessitent une oxygénothérapie continue.
    • Chaque année, la BPCO provoque 100 000 hospitalisation d'une durée moyenne de huit jours.
  • Dans le monde
    • Près de 64 millions de personnes atteintes.
    • Plus de 3 millions de personnes sont décédées d’une BPCO en 2012, ce qui correspond à 6% de l’ensemble des décès survenus dans le monde cette année-là.
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Gwen HIGHT  Journaliste Infirmiers.comgwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight