PROTOCOLES

Troubles colorectaux neurologiques : l'apport des irrigations transanales

Chez les patients souffrant de troubles colorectaux, lorsque les mesures conservatrices se trouvent en échec, les irrigations transanales apportent une solution thérapeutique qui répond efficacement à la constipation opiniâtre et à l'incontinence fécale souvent associée. Explications

Cet article est une publi-information du Laboratoire Coloplast

Rappel anatomo-physiologique

Irrigation transanale

L'irrigation transanale permet de vider l’intestin en introduisant de l’eau dans le rectum à l’aide d’une sonde rectale. La personne est assise sur les toilettes pendant cette procédure. L’eau est ensuite éliminée de l’intestin, avec les selles, dans les toilettes. La partie inférieure de l’intestin est ainsi vidée de manière efficace.

L’appareil digestif est constitué de l'ensemble des organes qui assurent la transformation et l'assimilation des aliments, source d'énergie et de matière indispensables au fonctionnement du corps. Il comprend :

  • la bouche ;
  • l’oesophage, qui conduit le bol alimentaire vers l’estomac ;
  • l’estomac, lieu de malaxage des aliments avec l’acide gastrique ;
  • l’intestin grêle (duodénum, jéjunum, iléon), lieu de transformation des aliments en nutriments assimilables, c’est-à-dire capables de traverser la paroi de l’intestin et de passer au niveau de la circulation sanguine ;
  • le côlon (ou gros intestin), en charge de l’absorption de l’eau contenue dans les résidus de la digestion et de la formation des selles ;
  • le rectum et l’anus, responsables de l’élimination des résidus ;
  • et les différentes glandes (glandes salivaires, foie, pancréas) à l’origine de la sécrétion des sucs digestifs nécessaires à la digestion chimique des aliments.

Les troubles colorectaux

Les troubles colorectaux sont source de détresse pour 54 à 62% des patients neurologiques1, 3, d’anxiété2 et d’une altération de la qualité de vie . Ils sont perçus comme plus handicapants que les troubles urinaires ou sexuels, et sont une des principales causes de réhospitalisation4.

Les atteintes neurologiques, qu’il s’agisse de lésions médullaires ou périphériques, de sclérose en plaques, de myéloméningocèle, d’hémiplégie, de traumatismes crâniens ou de maladie de Parkinson sont responsables de troubles colorectaux sévères et fréquents à type de constipation, incontinence fécale ou de la combinaison des deux5.

L’irrigation transanale a pour but de prévenir et de traiter la constipation chronique et l’incontinence fécale. C’est une solution pour les personnes qui sont en échecs avec les traitements conservateurs de première ligne. Le taux de succès rapporté à long terme est supérieur à 50%8 selon les pathologies et atteint 78% en pédiatrie5, 9.

L’irrigation transanale permet de réduire les symptômes colorectaux, les épisodes d’infections urinaires symptomatiques, le temps passé aux procédures d'exonération, d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie des patients6.

Comment fonctionne l’irrigation transanale ?

L’irrigation transanale est une technique qui aide à l’exonération des matières fécales présentes dans l’intestin. Elle consiste à introduire un volume d’eau dans le côlon grâce à une sonde rectale munie d’un ballonnet gonflable. L’eau administrée déclenche des mouvements péristaltiques réflexes qui provoquent l’expulsion des matières fécales, après dégonflement du ballonnet et retrait de la sonde. Ceci permet la vidange de l’ampoule rectale et du côlon descendant7. L’irrigation transanale ne nécessite que de l’eau à température corporelle. Le patient réalise la procédure sur les toilettes. L'eau et les selles sont ensuite évacuées dans les toilettes. Durant la période d'apprentissage, il est conseillé de réaliser la procédure tous les jours puis elle pourra être faite tous les 2 à 3 jours lorsqu'une routine sera établie8.

Pour conclure

Chez les patients souffrant de troubles colorectaux, lorsque les mesures conservatrices se trouvent en échec, les irrigations transanales apportent une solution thérapeutique qui répond efficacement à la constipation opiniâtre et à l'incontinence fécale souvent associée. Les irrigations transanales se placent donc entre un traitement médical, peu morbide mais d’efficacité limitée, et une approche chirurgicale plus lourde à supporter par le patient pour l’obtention d’une continence correcte.

En savoir plus sur l’irrigation transanale en visionnant cette animation

Creative Commons License

Responsable Médical Chronic Care, Laboratoire Coloplast

Notes

  1. Glickman S. Bowel dysfunction in spinal-cord-injury patients. Lancet 1996;347:1651–1653.
  2. Ng C et al. Gastrointestinal symptoms in spinal cord injury: relationships with level of injury and psychologic factors. Dis Colon Rectum 2005;48:1562–1568.
  3. Lynch AC et al. Bowel dysfunction following spinal cord injury: a description of bowel function in a spinal cord-injured population and comparison with age and gender matched controls. Spinal Cord. 2000 Dec;38(12):717-23.
  4. Klotz R et al; Tetrafigap Group. The Tetrafigap Survey on the long-term outcome of tetraplegic spinal cord injured persons: Part III. Medical complications and associated factors. Spinal Cord. 2002 Sep;40(9):457-67.
  5. Coggrave M et al. Management of faecal incontinence and constipation in adults with central neurological diseases. Cochrane Database Syst Rev. 2014 Jan 13;(1):CD002115.
  6. Christensen P et al. A randomized, controlled trial of transanal irrigation versus conservative bowel management in spinal cordinjured patients. Gastroenterology 2006;131:738-747.
  7. Christensen P, Olsen N, Krogh K, Bacher T, Laurberg S. Scintigraphic assessment of retrograde colonic washout in fecal incontinence and constipation. Dis Colon Rectum 2003;46:68-76.
  8. Emmanuel AV. Consensus review of best practice of transanal irrigation in adults. Review article. Spinal Cord. 2013 Oct;51(10):732-8. Page 736.
  9. Mosiello G et al. Consensus Review of Best Practice of Transanal Irrigation in Children. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2017 Mar;64(3):343-352.

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