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Laïcité à l’hôpital : un rapport parmi d’autres ?

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Croyances et soins

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La Commission des usagers de la FHF a rendu son rapport sur la laïcité à l’hôpital et dans les établissements médico-sociaux. Il en ressort une série de recommandations pleines de bon sens, mais qui ne devraient pas être mises en pratique sur le terrain, où doivent être résolus d’autres problèmes plus urgents.

Le Conseil d’Administration de la FHF a chargé la commission des usagers, animée par Nicolas BRUN, de formuler des propositions sur la laïcité à l’hôpital et dans les établissements médico-sociaux. La commission a donc réalisé un rapport qu’elle a présenté le 17 juin 2015 au Conseil d’Administration.

Évaluer sur le terrain l’application des principes de laïcité

laïcité femme Québec hôpital

Rapport sur la laïcité : les propositions sont difficiles à mettre en pratique sur le terrain.

Le sujet a été ouvert à la suite des attaques terroristes de janvier 2015 à Paris. Dans ce contexte, il est apparu primordial au Conseil d’Administration de la FHF de rappeler la tradition d’accueil, d’hospitalité et d’humanité des hôpitaux publics. Il s’agissait également, pour les établissements publics de santé et médico-sociaux, d’incarner plus que jamais l’esprit d’ouverture, de tolérance, de non discrimination et du « vivre ensemble » qui est le ciment de notre République. L’objectif de cette enquête était d’évaluer les difficultés sur le terrain, dans l’interprétation ou l’application des principes de laïcité, ainsi que la bonne compréhension de l’importance des enjeux afférents, qu’il s’agisse de la prise en charge de chaque personne dans sa globalité, de comportements professionnels adaptés ou encore de responsabilité sociale ?

Un référent pour anticiper les éventuels problèmes

Le rapport en question a donc élaboré, après un état des lieux dans les hôpitaux et établissements médico-sociaux, une série de propositions visant à mieux prendre en compte les principes de laïcité. Il rappelle qu’au-delà de la question des religions et identités culturelles, l’usager peut avoir des préférences et convictions, et que celles-ci doivent pouvoir être respectées au sein de l’établissement, et que cette réflexion ouvre sur celle de l’éthique du soin qui repose notamment sur la non-discrimination et sur le respect de l’autonomie et de la volonté des personnes. Les premières propositions concernent la capacité des établissements à anticiper les éventuels problèmes pouvant survenir par la mise en place systématique d’un référent laïcité dans chaque établissement, ainsi que l’intégration de ce sujet dans les comités d’éthique.

Agir sur la formation des soignants et sur la communication

D’autres propositions se placent sur le champ de la formation. Dans les textes définissant les orientations en matière de développement des compétences des personnels des établissements, le rapport souhaite les voir s’ouvrir, au-delà de la question des religions, au vivre ensemble et aux pratiques culturelles, toucher tous les personnels, y compris les administratifs, techniques et logistiques, et créer des formations renforcées pour les référents laïcité. Le rapport préconise également d’accompagner l’affichage de la charte de la laïcité, en l’intégrant dans la journée d’accueil et le livret d’accueil ou en reformulant les critères de droits des patients dans la procédure de certification des établissements, et d’équiper les soignants d’un lexique des termes à « éviter » ou à « promouvoir » pour favoriser le vivre ensemble.

Si l’ensemble de ces propositions est frappé au coin du bon sens et sont susceptibles de réduire une partie des facteurs de mal-être des soignants, leur mise en pratique semble quelque peu difficile à réaliser. Car les priorités des établissements de santé se situent, aujourd’hui, plus sur les champs de l’efficience et de la cohérence de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, entre autres. Ce rapport a tout de même le mérite d’exister mais les propositions qu’il formule ne règlera en rien les rares problèmes causés dans les établissements de santé par les individus les plus radicaux sur le plan religieux.

Rédacteur en chef cadredesante.com bruno.benque@cadredesante.com

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Commentaires (4)

Creol

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26 commentaires

#4

Il y a la loi et ceux qui ne veulent pas la suivre.

C'est vraiment dommage de vouloir anticiper un problème qui n'est pas de notre ressort juridique. La loi encadre parfaitement ce genre de demande. Comme elle n'est pas immuable, elle peut changer. Mais le "référent laïcité" (lol) n'est et ne sera juridiquement absolument pas compétant pour répondre à ce genre demande.
Bref, encore une fois je me questionne sur des décisions politiques sans grand fondements et prouvant une fois de plus une certaine incompétence assez effrayante.

FRED60

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38 commentaires

#3

vive le risque

on parle dans l'article de la création d'un référent laïcité; je serais curieux de voir qui et pour combien d'argent cette personne est prête à aller au suicide...

maxou19

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1 commentaires

#2

Laicisme

La laïcité repose sur la séparation de l'Etat et des sphères religieuses. Elle s'impose donc aux agents de la fonction publique.
Mais de plus en plus souvent on souhaiterait qu'elle s'applique aux usagers. Cette dérive ne favorisera certainement pas le vivre ensemble. Il serait grand temps de revenir aux sources de la laïcité qui ambitionnait de faire cohabiter des personnes de confessions différentes et non comme certains l'entendent combattre le phénomène religieux.

vertba

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25 commentaires

#1

Régression...

Se coucher face aux demandes communautaristes et sécessionnistes de certains des musulmans qui vivent en France, cela ne me parait pas vraiment un progrès ni social ni sociétal....Nos grands pères ont ils combattu les curés pour que nous nous aplatissions aujourd'hui devant les Imams?