EN BREF

Face au "raz-de-marée" de Covid-19, Olivier Véran défend l'instauration du pass vaccinal

Cet article fait partie du dossier :

Epidémiologie

    Précédent Suivant

Mercredi 29 décembre, Olivier Véran, le ministre de la Santé, était auditionné par la Commission des lois de l’Assemblée nationale sur le projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire, avec en ligne de mire la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal.

"Un raz-de-marée" épidémique

Je ne parlerais plus de vague mais plutôt de raz-de-marée, s’est alarmé Olivier Véran devant les membres de la Commission. Les chiffres lui donnent raison : après avoir frôlé les 180 000 nouvelles contaminations en 24 heures mardi, la France a enregistré un nouveau record mercredi en dépassant les 208 000 nouveaux cas. Plus d'un million de Français sont positifs actuellement au coronavirus, 10% de la population française est cas contact et toutes les deux secondes, dans notre pays, deux Français sont diagnostiqués positifs au coronavirus, a de plus estimé le ministre de la Santé. Des chiffres qui donnent le vertige et dressent un tableau alarmant de la situation. Et qui poussent le gouvernement à vouloir accélérer les mesures de freinage de l’épidémie, à commencer par la vaccination. Dans son viseur : les 5 millions de Français non-vaccinés : Il y a peu de chances que vous puissiez passer cette fois-ci entre les gouttes. La circulation du virus est trop forte, Olivier Véran a-t-il ainsi mis en garde en distinguant 3 types de population : les personnes âgées, que le gouvernement entend continuer à aller chercher, les méfiants qui rejettent le vaccin, et les personnes, souvent des jeunes, plus ou moins indifférentes à la vaccination et qu’il s’agit d’aller convaincre. La transformation du pass sanitaire en pass vaccinal, elle s'adresse à eux, a-t-il résumé. L’enjeu est d’autant plus important qu’Omicron semble beaucoup plus contagieux que les autres variants, même s’il est jugé moins dangereux, avec une baisse de 50 à 70% des hospitalisations. Pour autant, a-t-il prévenu : si vous avez un variant qui est trois moins dangereux, mais que vous avez six ou sept fois plus de cas, l’impact sanitaire se fait de toute façon ressentir.

Retour du masque en extérieur

Conséquences : à la veille du Nouvel An, dans certaines régions, de nouvelles mesures sont venues s’ajouter à celles annoncées par Jean Castex, le Premier ministre, lundi 27 décembre. En Ile-de-France, le port du masque en extérieur a été rendu obligatoire mercredi à Paris, et le deviendra dès vendredi dans l’ensemble des départements des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, dans toutes les communes du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne, dans les agglomérations de l’Essonne et dans le centre de celles des Yvelines. Tout contrevenant s’expose à une amende de 135 euros. Le gouvernement prévoit de son côté d’imposer des amendes pouvant aller jusqu’à 1000 euros par salarié (dans la limite de 50 000 euros) aux entreprises qui refuseraient de recourir au télétravail, a annoncé Elisabeth Borne jeudi 30 novembre. Néanmoins, afin de ne pas paralyser le pays, une réduction de la durée d’isolement pour les cas contacts serait envisagée.

 Le pass vaccinal à l'examen

Enfin, le projet de loi renforçant les outils de la gestion de la crise sanitaire a été validé dans la nuit de mercredi à jeudi par les membres de la Commission, pour une discussion prévue à l’Assemblée nationale à partir du lundi 3 juin 2022 puis au Sénat le 5. Dans les faits, le pass vaccinal, qui est au cœur de ce texte, concernera tous les Français dès l’âge de 12 ans. Accéder aux lieux qui demandaient jusqu’à présent un pass sanitaire (restaurants, lieux de loisirs et culture…, le contrôle d’identité pouvant être effectué par les gérants de ces établissements) avec seul un test négatif ne sera désormais plus possible. En revanche, ce dernier permettra toujours l’accès aux hôpitaux. Le projet de loi renforce également les sanctions contre les fraudes : toute personne utilisant un pass appartenant à autrui ou transmettant un pass authentique à des fins frauduleuses encourra une amende de 1 500 euros, contre 135 euros actuellement ; la détention d’un faux pass sanitaire, elle, sera passible de 75 000 euros d’amende et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Retour au sommaire du dossier Epidémiologie

Publicité

Commentaires (0)