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Les IDEL déconfis à l'heure du déconfinement...

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Epidémiologie

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Catherine Kirnidis, présidente du Sniil est en colère et le fait savoir par communiqué du jour intitulé "Dépistage ou enfumage" : malgré l’appel lancé à la concertation sur le sujet du déconfinement dès le 9 avril par le Sniil, les 120 000 infirmières et infirmiers libéraux, incontournables pour pouvoir assumer la réalisation de 700 000 tests/semaine par leur nombre et leur organisation historique avec les biologistes, sont dans la plus grande confusion. Et de rappeler que le 28 avril, le Premier Ministre dévoilait la stratégie de déconfinement face à l’Assemblée Nationale, assurant alors que 700 000 tests seraient réalisés chaque semaine, dès ce 11 mai. En première ligne de cette recherche de cas contacts, Edouard Philippe nommait alors les professionnels de santé libéraux, notamment médecins généralistes et infirmiers libéraux.

En ce 11 mai, pourtant, alors que la stratégie "Protéger-Tester-Isoler" est sensée être déjà mise en place, la Présidente du Sniil souligne que les 120 000 infirmiers libéraux de France n’ont toujours aucune réponse claire :

  • ni sur leur rôle exact dans le dépistage : auront-ils la possibilité de procéder au test à domicile ? En Ehpad ? dans les centres Covid 19 ? au sein de leurs cabinets ? dans des entreprises ? pourront-ils organiser des lieux dédiés en lien avec des médecins généralistes et des collectivités locales dans les communes ne disposant pas de laboratoire de biologie médicale ?
  • ni sur les conditions matérielles de ce dépistage : qui leur fournira les écouvillons et des équipements de protection ? quel tarif sera appliqué pour cet acte ? quelle procédure pour l’acheminement des prélèvements garantissant leur qualité ?
  • ni, enfin, sur leur rôle dans le parcours de soin des patients Covid+ lors de la phase d’isolement des patients testés positifs.

Et de s'interroger : pire même… ils ne rencontrent aucune considération de la part de leur autorité de tutelle qui, par exemple, refuse le droit de prescription des tests de dépistage aux infirmiers libéraux… alors qu’il l’accorde à des fonctionnaires de l’Assurance Maladie qui n’ont jamais mis les pieds au domicile du patient et ne connaisse pas son entourage !

Pour rappel, le Sniil avait émis auprès du Ministère de la Santé et de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des propositions, soutenues par le Syndiact des Biologistes, afin que la promesse de 700 000 tests/semaine puisse bien être tenue. Mais apparemment, comme d’habitude, la parole de technocrates a plus de poids que celle des seuls professionnels de santé présents au plus près des patients depuis l’apparition du Covid 19, écrit Catherine Kirnidis. Les IDEL, engagés au quotidien et acteurs incontournables dans la gestion de la crise sanotaire, sont donc en droit, aujourd’hui, d’exiger de la part de M. Véran, Ministre de la Santé, et de M. Revel, directeur général de l’Assurance Maladie, des réponses claires et rapides à leurs questions.

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