EN BREF

Les tensions de personnel à l'hôpital dues à "un problème d'organisation", selon Olivier Véran

La pénurie de soignants ne viendrait pas d'un problème de salaires mais d'un problème d’organisation, a jugé Olivier Véran, le ministre de la Santé.

Est-ce qu'il y a un hôpital qui ne peut pas recruter de soignants parce qu'il n'aurait pas le budget ? La réponse est non, a-t-il déclaré, jeudi 12 mai sur BFMTV. Il y a des postes, il y a des budgets, il y a de l’argent, a-t-il poursuivi, objectant que le Ségur de la santé a permis d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail. Pour autant, il existe de très fortes tensions sur les hôpitaux, certaines unités étant contraintes de fermer par manque de professionnels. Parallèlement, les annonces relatives à la revalorisation des indemnités pour travail de nuit, les dimanches et jours fériés formulées par le gouvernement dans le cadre du Ségur n'ont toujours pas donné lieu à des actions concrètes. Récemment, c’est le service d’immunopathologie de Saint-Louis qui expliquait être menacé de fermeture par manque d’infirmiers de nuit. La fuite des soignants serait essentiellement due à des problèmes d’organisation, de bureaucratie, de temps de charges administratives, mais aussi de fatigue après deux ans de pandémie. Paradoxe, il y aurait actuellement plus de soignants dans les hôpitaux qu’il y a deux ans, a-t-il souligné.

Des causes multiples

Plus largement, ces tensions hospitalières seraient également provoquées par les difficultés que rencontre la médecine libérale de faire face à la demande. « Les déserts médicaux se sont creusés dans notre pays », a-t-il relevé, entraînant un report plus élevé des malades, qui ne trouvent pas de professionnels de santé en ville, vers des urgences déjà fort sollicitées. Quand vous allez aux urgences, vous y trouvez déjà beaucoup de malades, ce qui fatigue les équipes d’urgentistes et les soignants qui y travaillent. S’y ajoute le manque de lits d’aval, nombre d’entre eux étant encore réquisitionnés pour prendre en charge les personnes hospitalisées atteintes du Covid, et ce malgré une diminution continue des contaminations. Malgré ce cumul de tensions, Olivier Véran a assuré que tous les Français qui doivent accéder à des soins d'urgences (y) accèdent et que la qualité et la sécurité des soins est au rendez-vous, même si les conditions d’accueil ne sont pas idéales.

Publicité

Commentaires (0)