PLFSS 2022 : La primo-prescription ouverte aux IPA à titre expérimental

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Pratique avancée

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Présenté par Olivier Véran au mois de septembre, le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2022 (PLFSS 2022) est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, qui y introduit un certain nombre d’amendements. Vendredi 23 octobre, elle a ainsi adopté en première lecture un texte ouvrant à titre expérimental la primo-prescription pour des prescriptions médicales obligatoires aux infirmiers en pratique avancée, amendement qui s’inscrit dans la logique portée par le Ségur de la Santé, qui prévoit de renforcer le rôle de premier recours des IPA en sus d’augmenter les effectifs (pour rappel, 3 000 IPA en 2022, 5 000 en 2024). Tout en maintenant le principe de la collaboration avec le médecin et la coordination des soins par celui-ci, la primo-prescription permettra de fluidifier le parcours de soins pour les patients, détaille-t-il ainsi. Les IPA auront la possibilité de délivrer certaines prescriptions dans le cadre de la prise en charge des pathologies chroniques stabilisées nécessitant des soins et suivis paramédicaux. La primo-prescription sera bénéfique en termes de prise en charge, de qualité et de sécurité des soins pour les populations vivant dans des zones sous dotées en médecins généralistes mais dans lesquelles sont installées des IPA libérales , est-il également indiqué. L’expérimentation, qui se déroulera dans 3 régions et sur 3 ans, permettra ainsi d’identifier de nouvelles modalités efficaces de coopération interprofessionnelle. Les conditions de la prescription, d’évaluation et de financement, les régions ciblées ainsi que la liste des prescriptions obligatoires seront définies ultérieurement par décret après concertation avec l’ensemble des acteurs du premier recours.

Pour Tatiana Henriot, présidente de l'UNIPA, cette annonce va bien dans le sens du développement et du déploiement de la pratique avancée. Pour nous, qui souffrons d'un cadre légal plutôt limitant par rapport aux compétences pour lesquelles on est formées, c'est déjà une première étape (attendue puisque c'était l'un des engagements du gouvernement), mais on espère plus : c'est à dire que la mesure soit généralisée (à l'ensemble du territoire) et pérennisée. La présidente de l'UNIPA appelle également de ses voeux l'évolution de la législation par rapport à l'accès direct (sur le terrain de la prévention et du dépistage auprès des populations précaires notamment) afin que les IPA puissent participer à améliorer l'accès aux soins. Sophie Chrétien, présidente de l'ANFIPA, y voit également une étape nécessaire au vu de la culture médicale française et l'opportunité pour les IPA de démontrer leur compétences, qu'on peut leur faire confiance. A condition, prévient-elle, que la formation corresponde à cette nouvelle mission. Nous savons que la formation n'est pas suffisamment poussée sur la primo-prescription, note-t-elle ainsi. Les IPA sont très contraints sur ce qu'ils peuvent prescrire. Il faudrait surtout que la formation leur apprenne à raisonner sur la prescription plutôt que d'établir des listes de ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas prescrire. Et de conclure en insistant sur le fait que, pour qu'elle soit pertinente, l'expérimentation devra prendre en compte et trouver un équilibre entre deux composantes : la sous-dotation de certains territoires en professionnels de santé et la densité des IPA qui y seront présents.

La Rédaction Infirmiers.com

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