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Premier anniversaire du Ségur : bilan et perspectives

Ce mardi 20 juillet marquait le premier anniversaire du Ségur de la Santé. L’occasion pour le ministre de la Santé de revenir, lors d’une table ronde organisée au ministère, sur les mesures déjà mises en place et d’évoquer celles à venir. Le Ségur, c’est plus de 50 jours de négociation, au contact direct des professionnels de santé et une concertation qui a réuni plus de 118 000 réponses de soignants, tous secteurs confondus, a tenu à rappeler Olivier Véran en introduction. En tout, 9 milliards d’euros supplémentaires ont été consacrés aux hausses de salaires, incluant la revalorisation mensuelle de 183 euros net à destination de l’ensemble des soignants ainsi que l’augmentation appliquée aux grilles salariales. 1 milliard d’euros a également été débloqué afin de valoriser les activités réalisées en équipe. En tout, 2 millions de professionnels de santé ont ainsi perçu une augmentation de salaire. Enfin 19 milliards d’euros ont été dédiés à la reprise de dettes des hôpitaux et des EHPAD et à l’investissement, notamment dans la transformation numérique de la santé. Une première, selon le ministre de la Santé : nous avons cumulé en une seule fois 20 ans de plans hospitaliers. Côté secteur privé, qui a bénéficié par ailleurs d’une transcription de la revalorisation de 183 euros ayant donné lieu à une augmentation des salaires de 160 euros nets par mois, les négociations conventionnelles se poursuivent avec l’Assurance maladie afin de mieux le valoriser. D’un point de vue organisationnel, une palette d’outils sera déployée dans les prochaines semaines pour inciter chaque établissement à organiser des concertations pour réfléchir aux évolutions à apporter à leurs règles et modes d’organisation. L’objectif du Ségur, au-delà de son aspect purement financier, doit permettre aux soignants de conserver le sens de leur mission, retrouvé lors de la pandémie et doit nous orienter vers un seul objectif : comment mieux soigner, avec plus de liberté et de flexibilité.

Quid des prochaines étapes ? Pour la filière réanimation, particulièrement sollicitée lors de la crise Covid, le ministre de la Santé explique avoir diligenté une mission IGAS s’appuyant sur un certain nombre de grandes orientations, à commencer par la nécessité d’en stabiliser le financement. Il s’agira également de revoir le ratio des soignants et d’augmenter l’encadrement infirmier dans les services de réanimation, ce qui suppose en parallèle de financer davantage les formations dédiées à ces professionnels de santé. Nous allons soutenir la filière des infirmiers en réanimation, a assuré Olivier Véran, tout en rappelant que nous ne formons pas des équipes en l’espace de trois semaines, c’est un travail de longue haleine. Il entend également avancer sur la question de l’adressage des patients en HAD, dont le rôle s’est avéré primordial selon lui lors de la crise, en informant mieux les médecins, notamment, sur ses spécificités. Et ce d’autant plus qu’elle sera amenée à être de plus en plus sollicitée dans le contexte du virage ambulatoire pris par le système de santé. Jusqu’à présent grande oubliée, la santé mentale sera, quant à elle, au centre des débats lors des Assises de la santé mentale, prévues pour le mois de septembre, avec un objectif : lui donner plus de place dans le système de santé en accélérant son intégration. Enfin, Olivier Véran s’est félicité des engagements pris sur le numérique, porté par le lancement de « Mon espace santé », qui permettra de centraliser l’ensemble des données médicales de chaque citoyen. La France est très en retard sur le sujet, mais en l’espace de 3 ans, elle occupera une place de leader, ambitionne-t-il. Avec le Ségur, nous avons ouvert des lits, transformé des poste de temps administratif en temps soignants ; et nous allons former 15 000 soignants en plus afin qu’ils soient plus nombreux et donc moins soumis au stress, a-t-il conclu.

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