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Réponse aux pandémies : l'OMS veut se doter d'un organe intergouvernemental

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Epidémiologie

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Mieux préparer le monde à affronter les pandémies d’ampleur à venir : c’est l’objectif du projet d’accord qu’ont formulé les membres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 28 novembre. Il prévoit la création d’un organe intergouvernemental de négociation qui sera ouvert à tous les Etats membres de l’organisation et aux membres associés afin de rédiger et négocier une convention, un accord ou un autre instrument international de l'OMS sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies.

Définir un cadre juridique

Il s’agit en premier lieu de doter l’OMS d’un cadre juridique qui l’armerait mieux pour affronter les futures épidémies. La pandémie de Covid-19 et le chaos qu’elle a provoqué ont en effet démontré les limites du périmètre d’action de l’organisation, actuellement encadré par le Règlement sanitaire international de 2005, jugé par nombre de ses membres comme peu adapté pour répondre aux crises sanitaires mondiales. Le projet d’accord doit encore être validé au cours de l’Assemblée mondiale de la santé, l’organe décisionnel qui réunit ses 194 membres, qui se réunit du 29 novembre au 1er décembre. Le projet de texte appelle à renforcer l’architecture sanitaire mondiale et insiste sur l’importance de développer la conception et la distribution de contre-mesures médicales, telles que vaccins, traitements, produits de diagnostic ainsi qu’un accès rapide et équitable à l’ensemble de ces mesures. Cet organe de négociation devra se réunir au plus tard avant le 1er mars prochain afin d'élire deux coprésidents et quatre vices-présidents, représentant chacun l'une des six régions mondiales. Avec un impératif : respecter l'équilibre entre les pays développés et ceux en développement.

Répondre à "l'injustice vaccinale"

Ce projet d’accord intervient alors qu’un nouveau variant du Covid (nommé Omicron), apparu en Afrique australe et jugé comme présentant un risque très élevé au niveau mondial par l’OMS, se répand dans le monde. Quelques jours seulement après l’alerte lancée par les scientifiques sud-africain, des cas ont notamment été détectés au Canada, en Australie et sur le territoire européen (Royaume-Uni, Belgique, Autriche, Portugal, Pays-Bas…). L’initiative fait également écho aux appels répétés de l’OMS au cours des derniers mois à assurer une répartition équitable des vaccins anti-Covid, les Etats les plus riches ayant été privilégiés par rapport aux pays les plus pauvres. Seuls 0,6 % d'entre eux, majoritairement situés en Afrique, auraient reçu des doses, selon l'Organisation. Le variant Omicron illustre la menace représentée par l'injustice vaccinale, a ainsi déploré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS. Plus nous tardons à assurer l'équité vaccinale, plus nous permettons au Covid-19 de circuler, de muter et de devenir potentiellement plus dangereux.

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