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Etudiants en santé et acteurs de la prévention dès la rentrée 2018

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C'était une promesse du candidat Emmanuel Macron : la mise en place d'un Service sanitaire pour tous les étudiants en santé, une réforme qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de santé. C'est pour présenter ses modalités qu'Agnès Buzyn, ministre des Solidarité et de la Santé et Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, étaient attendues ce lundi 26 février à l'Université d'Angers. Le service sanitaire permettra de diffuser, partout sur le territoire, des interventions de prévention conduites par des étudiants, précise le ministère qui veut ainsi sensibiliser sur les enjeux de santé publique autour de la sexualité, de l'activité physique, de l'alimentation ou encore des dangers liés à l’abus d’alcool. Infirmiers.com fait pour vous la synthèse de ce qu'il faut retenir et attend vos réactions.

étudiants bonhommes

A partir de la rentrée universitaire 2019, le service sanitaire concernera toutes les formations de santé (y compris par exemple les formations d’ergothérapie, d’orthophonie...), soit environ 50 000 étudiants par an.

Le candidat Emmanuel Macron l’avait promis durant la campagne présidentielle : Nous créerons un service sanitaire de trois mois pour tous les étudiants en santé : dans ce cadre, 40 000 d’entre eux interviendront dans les écoles, les entreprises, pour des actions de prévention. Agnès Buzyn était justement attendue ce lundi 26 février à Angers avec Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, pour présenter ses modalités. Dès la rentrée 2018, 47 000 étudiants en santé, futurs infirmiers, médecins ou sages-femmes devront effectuer un Service sanitaire obligatoire et intervenir dans les écoles et les universités lors d'un stage de 3 mois à mi-temps. L'objectif : faire de la prévention sur des thèmes de santé publique, la sexualité ou la consommation d'alcool et de tabac notamment. Présentée comme "une première en Europe", cette réforme s'appuie sur les recommandations d'un rapport du professeur de médecine Loïc Vaillant, missionné par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal en décembre dernier pour définir les modalités de mise en oeuvre du Service sanitaire (objectifs, catégories d’étudiants concernés, publics cibles, modalités opérationnelles, pré requis réglementaires, aspects financiers,…).

Du rapport du professeur Loïc Vaillant, ancien Président de l’Université François Rabelais de Tours, le gouvernement retient les grandes lignes : Il se déroulera en trois étapes. Avec tout d’abord une période de formation, pour donner les outils nécessaires aux étudiants. Ensuite, ces derniers vont les déployer en situation, en menant une action de prévention. Enfin, ils effectueront une restitution dans le contexte académique.

Le ministère a également annoncé qu'à partir de la rentrée universitaire 2019, le Service sanitaire concernerait toutes les formations de santé (y compris par exemple les formations d’ergothérapie, d’orthophonie...), soit environ 50 000 étudiants par an.

La mise en place d’une politique publique de service sanitaire à l’échelle nationale est inédite, une première en Europe 

La formation au service de la prévention

En encourageant les étudiants à promouvoir les comportements favorables à la santé, on agit non seulement pour réduire les facteurs de risque, mais aussi pour réduire des coûts considérables, tant sociaux qu’économiques, souligne le ministère.

Dès 2018, nous aurons inclus dans les maquettes de formation de 47 000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers, un module de trois mois, incluant l’acquisition de ces compétences et des actions auprès de tous les publics. Dès 2018, les écoles, les EHPAD, les structures médico-sociales, verront arriver des jeunes formés, motivés, se destinant à un métier de la santé, et prêts à partager leur savoir, à convaincre, à engager le pays dans le défi de la prévention. La mise en oeuvre du service sanitaire est une formidable opportunité pour ces formations de s’engager dans une pédagogie du projet, dans des actions pluri professionnelles qui renforceront encore le sens que les étudiants trouvent à leurs études et incarneront la responsabilité sociale qu’ont toutes ces formations vis-à-vis de nos concitoyens, ont détaillé les deux ministres.

Je continue, et continuerai à travailler avec les jeunes générations de professionnels de santé : personne mieux qu’eux n’incarne l’avenir de notre système de santé. Agnès Buzyn

Le Service sanitaire aura lieu en 2e ou 3e année pour les infirmiers 

Pour accomplir cette mission le Professeur Vaillant a procédé à 125 rencontres et contacts locaux pour échanger sur les expériences et les scénarios possibles de cette mise en œuvre. ce dernier l'avait spécifié : la question de l’intégration du Service sanitaire dans les emplois du temps des étudiants des différentes filières risque de se poser. Toute la question sera en effet de parvenir, pour les écoles ou les instituts, à l'insérer dans leurs formation dès l’année prochaine. A quel moment ? Pour les infirmiers, ce sera en deuxième ou troisième année, pour les pharmaciens en quatrième ou cinquième année, quand les futurs médecins s’y mettront durant leur troisième année d’études. Par ailleurs, le Service sanitaire ne sera pas rémunéré a fait savoir le gouvernement ; les ministres s’engagent néanmoins à indemniser les frais de déplacement. Cela ne coûtera rien aux étudiants, a ainsi assuré Agnès Buzyn. Si le lieu de stage est éloigné, les frais de transports seront pris en charge.

Le Service sanitaire se déroulera en trois temps : un temps de formation spécifique qui permettra aux étudiants d'acquérir les connaissances, les compétences et savoir-être nécessaires à l'intervention auprès du public. Ils interviendront ensuite dans le lieu donné pour délivrer les messages de prévention, animer des ateliers et participer aux actions. Un temps de débriefing et d'évaluation permettra enfin d'échanger sur cette expérience avec les référents du programme.

Le rapport de Loïc Vaillant, enfin, a mis en évidence la forte adhésion des étudiants en santé, des universités et des autres organismes de formation à cette perspective d’intervenir au service de la population, comme en attestent différents témoignages : Ce que j’ai pu acquérir avec l’action prévention c’est indéniablement une capacité à parler, notamment avec les adolescents. Je me suis rendu compte que ce n’est pas du tout pareil que de parler avec des patients en stage à l’hôpital. Les personnes sont dans un état de santé correcte à ce moment-là donc c’est de la prévention primaire et c’est quelque chose que l’on ne fait pas du tout dans nos études et c’est vraiment un plus pour moi et pour ma formation. Luc - Étudiant en médecine à Angers.  

Le Service sanitaire en quelques chiffres 

  • 125 acteurs consultés durant 2 mois par la mission du Professeur Vaillant
  • 47 000 étudiants concernés par le service sanitaire dès la rentrée 2018
  • puis 50 000 étudiants à la rentrée 2019
  • 4 expérimentations lancées en mars dans des territoires précurseurs
  • 3 mois de service sanitaire

... Pour répondre à des questions de santé publique :

  • 12 % des jeunes de 17 ans consomment de l’alcool plusieurs fois par semaine
  • 66 % des jeunes déclarent avoir bu de l’alcool au cours du mois écoulé en 2017
  • 25 % des jeunes de 17 ans fument
  • L’obésité pédiatrique concerne : 3,5 % des enfants et est 4,5 fois plus fréquente chez les enfants d’ouvriers que chez les enfants de cadres
  • + de 80 % des adultes sont sédentaires

Comme cela avait été annoncé, certaines universités expérimentent déjà le Service sanitaire comme celle d’Angers, avec 80 étudiants volontaires qui se sont déplacés notamment à Cholet et Saumur pour mener leurs actions. A partir de mars, les universités de Clermont-Ferrand, de Caen et l'IFSI du Centre Hospitalier de Dunkerque vont également se prêter à l'expérimentation du Service sanitaire.

D'ores et déjà les organisations étudiantes concernées demandent au Gouvernement que cette nouvelle modalité de formation ne se fasse pas à la va-vite...

Infirmiers.com

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Commentaires (1)

Estienne

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3 commentaires

#1

La belle affaire

40 000 étudiants interviendront dans les écoles et entreprises pour des missions de préventions dans un contexte de service sanitaire non rémunéré.
Les missions de préventions ne méritent elles pas la qualité d'intervention de professionnels diplômés expérimentés et spécialisés que sont les infirmiers scolaires et ceux de la santé au travail?
Le premier objectif d'un étudiant n'est-il pas de se former, d'apprendre, et les stages qu'ils font ne servent-ils pas déjà à cela.
Je n'ai absolument rien contre les étudiants qui peuvent s'ils le souhaitent organiser en accord avec leur IFSI ou durant leur stages des missions de préventions, mais pourquoi rendre cela obligatoire?
Quelque chose a dû m'échapper, si quelqu'un peu m'éclairer, car je reste perplexe.