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TFE - La prise en charge de la violence chez le patient psychotique

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En janvier 2015, Tracey Bernhardt, alors étudiante en soins infirmiers à l'Institut de Formation en Soins Infirmiers du Centre Hospitalier de Haguenau (promotion 2012-2015) a soutenu avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : « L'expérience du soignant dans la prise en charge de la violence chez le patient psychotique ». Elle souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous l'en remercions.

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Tracey traite de l'expérience du soignant dans la prise en charge de la violence chez le patient psychotique dans son TFE.

Tracey débute ainsi son travail de recherche : « Au travers de mes différents stages, j’ai vite constaté que j’étais d’avantage attirée par le côté relationnel et humain du soin que par la technicité de ce dernier. En effet, de nature communicante, je n’ai pas éprouvé de difficultés particulières à aborder les patients.

N’ayant jamais effectué de stage en milieu psychiatrique, j’attendais avec une certaine hâte ce dernier, car je savais que le soin relationnel constituait un élément fondamental du soin psychiatrique et il me paraissait important d’en connaître aussi les particularités. C’est donc au semestre 4 que j’ai effectué mon premier stage en psychiatrie et c’est durant celui-ci que j’ai eu le plus de difficultés à entrer en communication avec certains patients, car je ne savais jamais comment je devais les aborder, surtout lors de situations difficiles à gérer, comme la violence d’un patient psychotique. Mes émotions et notamment la peur prenaient souvent le dessus, et ma capacité à rester soignante était quelque peu entravée, puisqu’au lieu d’aider le patient à aller mieux, je l’évitais. C’est au travers de cette difficulté à rester soignante face à la violence du patient psychotique que j’ai choisi de travailler mon mémoire.

Ainsi, nous avons pu constater, au travers de ma situation, de mon cadre conceptuel et de l’analyse de mon enquête, qu’être un soignant rassurant, peut aider à désamorcer la violence du patient psychotique. Or, pour avoir une telle attitude soignante, je pense que le soignant doit avoir eu assez de recul sur des situations difficiles à gérer pour pouvoir agir en conséquence, sans laisser ses propres émotions prendre le dessus.

En effet, trois infirmières parlaient de l’implication de leurs émotions dans la prise en charge de la violence et parlaient aussi de l’importance de se connaître soi-même. Nous pourrions donc supposer que, si l’infirmière a une bonne connaissance d’elle-même, elle sera capable d’agir et de s’adapter à une situation donnée. Aussi, elle sera capable de connaître ses propres réactions et de les canaliser. C’est d’ailleurs ce que disent les infirmières, lors des entretiens, « Peut-être, quand on est jeune diplômé, il y a certaines craintes… on a du mal à mettre à distance son vécu personnel », « mieux on se connaît, plus on a pris de recul sur d’ancienne situation, plus on les a analysées et mieux on réajustera par la suite », « l’expérience et la connaissance de soi influencent puisque le soignant sait comment il va réagir », « mes émotions personnelles me rendent plus impuissante et dépourvue ».

Enfin, si cette connaissance de soi aidait le soignant à canaliser ses propres émotions et à rester dans une attitude bienveillante face au patient psychotique violent, elle ne peut être acquise que par l’expérience et par un vécu qui reste propre à chaque soignant ».

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Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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