Reflexions sur l'Ordre National Infirmier
Modérateurs : Modérateurs, Infirmiers - ONI
Fred_IDE a écrit :cmptp69 a écrit :franchement ... je n'ai pas demandé cet ordre ...je ne cotiserais pas !
pour moi cela va plomber le métier ...
et il y en assez des donneurs de leçons qui EUX savent lire et prennent le temps de le faire .....
La chance c'est que pour un prix modique, et mème sans avoir rien demandé, sans ètre au courant de rien sur un plan professionnel parceque on ne s'interesse à rien, des élus, qui espérons sauront lire et prendre le temps de le faire (en plus de leur travail), vont maintenant représenter notre profession.
Allez, pour environ 30 € par an, vous continuez à ne vous occuper de rien, comme maintenant, et vous pourrez bénéficier malgré tout des bénéfices professionnels que l'ONI aura réussi à obtenir.
Et franchement c'est pas cher ...
bonjour
quelle agressivité pour un soignant ....
ce n'est pas parce qu'on est pas pour l'ordre que l'on ne défend pas la profession ....c'est un discours à la limite du fascisme intellectuel ....
il y a beaucoup d'associations d'infirmières et infirmiers qui défendent notre profession ..et elles le font sans argent et surtout sans rien imposer aux autres ....
c'est dommage d'en arriver la ....
Gisèle
Gengis a écrit :cb64800 a écrit :saxogreg a écrit :...Il (Dominique Mureau) signale toutefois que le seul coût des élections est évalué à 1 million d'euros, représentant, selon lui, par infirmier environ 10 euros...
Lydie Watremetz
Voyons... 1.000.000 €.... 500.000 infirmiers (env.).... chez moi ça fait 2 €/IDE.ce qui pour le coup ne me parait pas excessif.
Il ne s'agit que des frais des élections pas du fonctionnement futur...
Toute organisme a des frais de fonctionnement qua ce soit au niveau professionnel ou privé
J'ai bien compris que ces 1.000.000 € représentent les frais des élections

Ensuite, bien entendu, il y aura des frais de fonctionnement, et nous verrons bien ce que cela représentera.
gisele10 a écrit :
il y a beaucoup d'associations d'infirmières et infirmiers qui défendent notre profession ..et elles le font sans argent et surtout sans rien imposer aux autres ....
Beaucoup d'association = oui = pas d'unité
sans argent = non = ce n'est pas possible ou alors cites m'en ?
sans rien imposer aux autres = il y a un moment où des décisions doivent être prises même si ça ne plait pas à une minorité
Si on n'impose rien = rien ne se met en place, o,n voit ce que ça a donné jusqu'à présent

= c'est sans doute pour cela que rien n'avance dans la profession
La pensée vole, et les mots vont à pieds.
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et avec le resultat que l'on connait actuellementgisele10 a écrit :
il y a beaucoup d'associations d'infirmières et infirmiers qui défendent notre profession ..et elles le font sans argent et surtout sans rien imposer aux autres ....

D'ailleurs c'est bien parce que certaines associations se sont rendu compte que seules et sans moyens, elles ne pouvaient pas faire grand chose, qu'elles se sont regroupées et ont travaillé à la création d'un Ordre

Truisme n°1 : Quand on fait à la place de l'autre, non seulement on n'est pas à sa place, mais en plus, on empêche l'autre de prendre la place qui est la sienne 

gisele10 a écrit : il y a beaucoup d'associations d'infirmières et infirmiers qui défendent notre profession ..et elles le font sans argent et surtout sans rien imposer aux autres ....
c'est dommage d'en arriver la ....
Gisèle
C'est bien vrai. A tel point que pour mieux défendre notre profession, un grand nombre de ces association a oeuvré pour la création de l'ordre

Gengis a écrit :gisele10 a écrit :
il y a beaucoup d'associations d'infirmières et infirmiers qui défendent notre profession ..et elles le font sans argent et surtout sans rien imposer aux autres ....
Beaucoup d'association = oui = pas d'unité
sans argent = non = ce n'est pas possible ou alors cites m'en ?
sans rien imposer aux autres = il y a un moment où des décisions doivent être prises même si ça ne plait pas à une minorité
Si on n'impose rien = rien ne se met en place, o,n voit ce que ça a donné jusqu'à présent
= c'est sans doute pour cela que rien n'avance dans la profession
bonjour (re)
14 % de votants ... mais ou est la majorité selon vous ?????
et le saviez vous : on ne fait pas le bonheur des autres sans leur consentement ....
vous avez , pour le moment , toutes les armes ....mais toutes les dictatures s'effondrent un jour ....
Gisèle
gisele10 a écrit : ..mais toutes les dictatures s'effondrent un jour ....
Merci de regarder autour de vous, de vous élargir au monde et de voir ce qu'est une dictature...il n'en manque pas.
Pour ce qui est de majorité/ minorité, cela a été évoqué tant de fois que je n'ai pas envi de répéter, relisez les pages précédentes

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Gengis a écrit :gisele10 a écrit : ..mais toutes les dictatures s'effondrent un jour ....
Merci de regarder autour de vous, de vous élargir au monde et de voir ce qu'est une dictature...il n'en manque pas.
Pour ce qui est de majorité/ minorité, cela a été évoqué tant de fois que je n'ai pas envi de répéter, relisez les pages précédentes
....je ne vous ai jamais attendu pour "m'ouvrir au monde" ...
ne vous connaissant pas , je ne sais pas si j'ai des leçons à recevoir de vous ...
mais si l'ordre est constitué de personne aussi peu avenantes et aussi peu aimable .... il s'effondrera de lui même !!!
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ouhaouuuuuuuu ça y est le grand mot est lâché : dictature !!gisele10 a écrit : vous avez , pour le moment , toutes les armes ....mais toutes les dictatures s'effondrent un jour ....
Gisèle

ce qui me laisse perplexe est que certains anti-ordre puisent renier le système démocratique à ce point

Comme je l'ai déjà expliqué, le peuple français, via ses représentants élus très democratiquement, a decidé en 2006 que la corporation infirmière devait être dotée d'un Ordre, cela pour l'interêt général, c'est à dire celui de la société. De fait, le peuple français, via la majorité de ses représentants, a decidé que cette profession devait s'occuper elle-même de certaines missions la concernant. Point barre.
Alors après, que cela ne plaise pas à certain(e)s infirmier(e)s, ça peut se comprendre, mais à quel titre cette minorité de Français, tout IDE qu'ils sont, pourrait imposer sa volonté au peuple ? ça, ce serait une dictature....
Donc que cela plaise ou non à une minorité, nous sommes dans un processus démocratique où les représentants du peuple français ont decidé de ce qui leur semblait utile pour la société qu'ils ont à gérer (et non pas uniquement pour quelques 400 000 professionnels qui se regardent certainement un peu trop le nombril ce temps-ci )
Truisme n°1 : Quand on fait à la place de l'autre, non seulement on n'est pas à sa place, mais en plus, on empêche l'autre de prendre la place qui est la sienne 

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gisele10 a écrit :et bien ....si cela commence comme ça : rodomontades, insultes et menaces envers celles et ceux qui refusent de payer
Je serais curieux de savoir ce que vous avez pris pour des insultes ou des menaces.
gisele10 a écrit :[...] comment pouvez prétendre avoir gagné après un tel camouflé aux élection[...]
ON A GAGNÉ parce que les anti-ordre n'ont pas réussit à empêcher la promulgation de la loi et les premières élections. Maintenant, nous savons que c'est possible. Il n'y a pas de camouflé aux élections, pas même de désaveu puisqu'il n'y a pas de référence (c'est le premier vote, on peut même dire que la participation n'a jamais été aussi forte, merci aux votants).
Je suis sûr que les élections régionales et nationales auront un meilleur taux de participation.
gisele10 a écrit :Puis faire un vote pour savoir si la majorité veut un ordre
Petit cours d'instruction civique (c'est au programme du collège). Il y a eu un vote où les français ont élu leurs représentants (les députés) à l'Assemblée nationale. Ces députés ont en charge de voter les lois, et c'est ce qu'ils ont fait.
gisele10 a écrit :[...] et ne faire payer que ceux que cela intéressent
Un ordre a entre autre pour missions le contrôle de la profession, et donc il est par nature à adhésion obligatoire. Mais...
Mais j'ai posé plusieurs fois la question (théorique il est vrai) d'un ordre à adhésion facultative, mais dont les avancées ne profiteraient qu'aux membres. Par exemple, si l'oni obtient une reconnaissance bac + 3, ce qui permettrait aux syndicats de négocier une refonte de la grille indiciaire, seuls les adhérents en profiteraient, et les non adhérents resteraient à bac + 2. Eh bien, à part une personne, personne n'était d'accord.
Les anti ordre se réveillent bien tardivement avec des arguments de haute teneur. C'est leur droit, mais rappelons juste que c'est un peu tard.
Et si la profession infimière avait tout simplement gagné une voix susceptible de défendre cette profession face aux évolutions à venir. Au sein de l'ONI il y a des élus, ils auront un travail colossal à mettre en place et Dieu merci ils seront des infirmiers à réfléchir avec des infirmiers pour donner aux infirmiers une ligne de conduite.
Que les anti ordre regardent qui décident aujourd'hui pour eux avant d'accuser l'ONI de tous les maux. Au pire, ça ne peut pas être pire ! Je prends le pari que dans quelques semaines on entendra les anti ordre critiquer que cet ONI soit arrivé trop tard...
Et si la profession infimière avait tout simplement gagné une voix susceptible de défendre cette profession face aux évolutions à venir. Au sein de l'ONI il y a des élus, ils auront un travail colossal à mettre en place et Dieu merci ils seront des infirmiers à réfléchir avec des infirmiers pour donner aux infirmiers une ligne de conduite.
Que les anti ordre regardent qui décident aujourd'hui pour eux avant d'accuser l'ONI de tous les maux. Au pire, ça ne peut pas être pire ! Je prends le pari que dans quelques semaines on entendra les anti ordre critiquer que cet ONI soit arrivé trop tard...
Infirmier, cadre de santé - Formateur indépendant
gisele10 a écrit :
ne vous connaissant pas , je ne sais pas si j'ai des leçons à recevoir de vous ...
Pas de leçon de ma part, toujours est-il que la dictature est ici employée à toutes les sauces
Voir les définitions d'une dictature
* Encyclopædia Universalis : « La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l'évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l'empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s'agit en général d'un régime très personnel ; mais l'armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. »
* Dictionnaire de la politique (Hattier) : « La dictature se définit comme un régime arbitraire et coercitif, incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe de l’égalité devant la loi. »
* Dictionnaire culturel (Le Robert) : une dictature est une « concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un individu, d'une assemblée, d'un parti ; organisation politique caractérisée par cette concentration de pouvoirs », (il cite comme exemple entre autres Cromwell et les Jacobins), et un dictateur est une « personne qui après s'être emparé du pouvoir l'exerce sans contrôle » ou une « personne qui exerce le pouvoir dans un régime qu'on peut à juste titre qualifier de dictature. »
gisele10 a écrit :mais si l'ordre est constitué de personne aussi peu avenantes et aussi peu aimable .... il s'effondrera de lui même !!!
Jugement de valeur personnel qui n'a rien à faire ici

De l'uage des smileys


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flog a écrit :ouhaouuuuuuuu ça y est le grand mot est lâché : dictature !!
l'exemple vient d'en haut (si je puis dire...) http://www.infirmiers.com/frm/ftopic72431-0-asc-880.php
flog a écrit :Alors après, que cela ne plaise pas à certain(e)s infirmier(e)s, ça peut se comprendre, mais à quel titre cette minorité de Français, tout IDE qu'ils sont, pourrait imposer sa volonté au peuple ? ça, ce serait une dictature....
Leopold Anasthase a écrit :Mais j'ai posé plusieurs fois la question (théorique il est vrai) d'un ordre à adhésion facultative, mais dont les avancées ne profiteraient qu'aux membres. Par exemple, si l'oni obtient une reconnaissance bac + 3, ce qui permettrait aux syndicats de négocier une refonte de la grille indiciaire, seuls les adhérents en profiteraient, et les non adhérents resteraient à bac + 2. Eh bien, à part une personne, personne n'était d'accord.
Comme les syndicats sont contre l'ONI dans leur grande majorité, j'inverse les rôles.
Et si les syndicats obtenaient des avancées seulement pour ceux qui n'ont pas votés pour l'ONI ?
Nous serions plus nombreux à gagner des sous que par ton système.
paradoxal non ?
des cathlons, à fond la forme !
la santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
la santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.
un texte édifiant
L’Ordre infirmier pose question !
Après son adoption, l’Ordre infirmier ne fait pas l’unanimité chez les infirmières du secteur public.
Après que trois propositions de loi l’UDF ont été rejetées en 1998, 2003 et en janvier 2006, l’Ordre infirmier a été voté définitivement le 14 décembre 2006. Il est le fruit de la demande de quarante-trois associations d’infirmières ou de professions paramédicales, de cadres, dites du groupe Saint-Anne. La plupart de ces associations, dont la représentativité est contestée, sont issues du secteur libéral qui compte environ 50 000 infirmières, qui ont des fonctionnements et des problèmes spécifiques. Une grande partie de la loi leur est destinée.
Il est en revanche difficile de comprendre les raisons pour lesquelles les 400 000 infirmières du service public sont incluses dans la foulée sans aucune concertation. Elles n’ont rien demandé, jamais entendu parler de ces quarante-trois associations (du libéral), ni de cet Ordre, avant le vote de la loi. Elles n’ont donc pas les moyens d’en mesurer les répercussions dans leur quotidien professionnel, d’où le peu de réactions que cela suscite (les quelques réactions sur les forums de la profession, même sur les plus engagés, pour un Ordre font souvent état de ce manque d’information). Il faut le dire, les syndicats n’ont pas fait grand-chose pour véhiculer cette information à peine présente dans quelques revues professionnelles. L’autre explication, la plus importante, est que dans les services hospitaliers, les préoccupations sont d’une autre nature : les infirmières ont à faire face, avec un sous-effectif permanent, à des conditions de travail difficiles, et n’ont guère le temps de s’occuper d’un ordre qui n’était pas un sujet de discussion. Elles attendraient avec impatience une infirmière de plus et ne comprennent pas ce que les demandes du libéral viennent faire dans leur vie car :
- du côté de la représentation : les infirmières hospitalières, ne l’oublions pas, sont des salariées, fonctionnaires pour la plupart, qui disposent déjà d’instances représentatives et disciplinaires. Chaque syndicat a son propre pôle santé, avec son lot d’infirmières. Bien sûr, on peut épiloguer sur la représentativité des infirmières au sein des syndicats. Mais elle n’est pas pire que la représentativité de ces quarante-trois associations .
- Du côté de la discipline : les infirmières sont entourées de médecins, de cadres, d’une hiérarchie et d’une administration qui a toute une batterie de sanctions : avertissements, blâmes, suspension ! Autrement dit, comme l’Ordre a un rôle disciplinaire (article 6 de la loi), les infirmières n’auront qu’à bien se tenir. L’ordre fait double emploi avec ce qui existe déjà.
- Pour les principes « d’éthique, de moralité, de probité » : les hôpitaux veillent à ces principes. C’est même mentionné dans le contrat d’embauche.
L’ordre est censé permettre aux infirmières d’être mieux reconnues... Une affirmation qui est certes très louable, mais que, à ce jour, rien ne permet d’étayer. Ce n’est pas un ordre qui n’apportera une solution aux problèmes récurrents du sous-effectif et des conditions de travail.
Il a été passé sous silence que dans le secteur public, les infirmières travaillent dans l’équilibre subtil d’équipes pluridisciplinaires. Une sorte de caste professionnelle particulière, à part, risque de voir le jour, qui sera plus ou moins bien vécue par l’environnement où elle se trouve (syndicats, administration, autres personnels), ce qui est susceptible de rompre l’unité professionnelle qui existe dans les hôpitaux, où tous sont soumis au même statut, excepté les médecins.
- Les pouvoirs publics (qui sont l’employeur des infirmières hospitalières) espèrent avoir un interlocuteur unique pour mieux gérer la profession ? Il se retrouve en fait avec un interlocuteur de plus à côté des syndicats. Voilà qui va être bien compliqué, lors de certaines discussions.
L’Ordre infirmier devra gérer le chiffre énorme de 450 000 personnes aux cultures et pratiques très différentes. Il y mêlera des situations et des intérêts souvent antagonistes : les infirmières du libéral, les infirmières du public, les infirmiers de secteur psychiatrique, et toutes les infirmières de souche qui ont un rôle très différent, monitrices des IFSI (Institution de soin infirmiers, cadres, etc.). Certains voient dans un ordre un moyen d’unifier la profession, de panser certaines plaies du passé. Ce sont des chantiers titanesques hors de la réalité. Les risques de guerres d’influence, de pouvoirs, sont inévitables, et vont dépenser une énergie considérable. Déjà les syndicats, devant l’arrivée de ce qui sera un nouveau concurrent en termes de représentativité, ont publié un communiqué commun contre l’Ordre, les infirmiers en psychiatrie (qui ont eu des problèmes avec la reconnaissance de leur statut en raison de l’opposition de ces mêmes associations en 1998) ont marqué leur refus en lançant une pétition. On le voit, si cette opposition prend forme, l’ordre accouchera dans la douleur, et créera la division dans tout le corps infirmier et dans les hôpitaux .
Les infirmières pourront aussi se demander pourquoi il faut payer pour travailler, avec cette cotisation obligatoire dont le montant sera déterminant dans les réactions. Aucune enquête n’a été faite pour mesurer les conséquences positives ou négatives de l’implication d’un ordre infirmier dans les hôpitaux publics. Il n’a été pris en compte que la demande d’une partie de la profession. L’autre partie, la plus nombreuse, ne comprend pas cet ordre et forcément, le vivra comme un diktat. C’est pourquoi l’Ordre infirmier pose problème.
Après son adoption, l’Ordre infirmier ne fait pas l’unanimité chez les infirmières du secteur public.
Après que trois propositions de loi l’UDF ont été rejetées en 1998, 2003 et en janvier 2006, l’Ordre infirmier a été voté définitivement le 14 décembre 2006. Il est le fruit de la demande de quarante-trois associations d’infirmières ou de professions paramédicales, de cadres, dites du groupe Saint-Anne. La plupart de ces associations, dont la représentativité est contestée, sont issues du secteur libéral qui compte environ 50 000 infirmières, qui ont des fonctionnements et des problèmes spécifiques. Une grande partie de la loi leur est destinée.
Il est en revanche difficile de comprendre les raisons pour lesquelles les 400 000 infirmières du service public sont incluses dans la foulée sans aucune concertation. Elles n’ont rien demandé, jamais entendu parler de ces quarante-trois associations (du libéral), ni de cet Ordre, avant le vote de la loi. Elles n’ont donc pas les moyens d’en mesurer les répercussions dans leur quotidien professionnel, d’où le peu de réactions que cela suscite (les quelques réactions sur les forums de la profession, même sur les plus engagés, pour un Ordre font souvent état de ce manque d’information). Il faut le dire, les syndicats n’ont pas fait grand-chose pour véhiculer cette information à peine présente dans quelques revues professionnelles. L’autre explication, la plus importante, est que dans les services hospitaliers, les préoccupations sont d’une autre nature : les infirmières ont à faire face, avec un sous-effectif permanent, à des conditions de travail difficiles, et n’ont guère le temps de s’occuper d’un ordre qui n’était pas un sujet de discussion. Elles attendraient avec impatience une infirmière de plus et ne comprennent pas ce que les demandes du libéral viennent faire dans leur vie car :
- du côté de la représentation : les infirmières hospitalières, ne l’oublions pas, sont des salariées, fonctionnaires pour la plupart, qui disposent déjà d’instances représentatives et disciplinaires. Chaque syndicat a son propre pôle santé, avec son lot d’infirmières. Bien sûr, on peut épiloguer sur la représentativité des infirmières au sein des syndicats. Mais elle n’est pas pire que la représentativité de ces quarante-trois associations .
- Du côté de la discipline : les infirmières sont entourées de médecins, de cadres, d’une hiérarchie et d’une administration qui a toute une batterie de sanctions : avertissements, blâmes, suspension ! Autrement dit, comme l’Ordre a un rôle disciplinaire (article 6 de la loi), les infirmières n’auront qu’à bien se tenir. L’ordre fait double emploi avec ce qui existe déjà.
- Pour les principes « d’éthique, de moralité, de probité » : les hôpitaux veillent à ces principes. C’est même mentionné dans le contrat d’embauche.
L’ordre est censé permettre aux infirmières d’être mieux reconnues... Une affirmation qui est certes très louable, mais que, à ce jour, rien ne permet d’étayer. Ce n’est pas un ordre qui n’apportera une solution aux problèmes récurrents du sous-effectif et des conditions de travail.
Il a été passé sous silence que dans le secteur public, les infirmières travaillent dans l’équilibre subtil d’équipes pluridisciplinaires. Une sorte de caste professionnelle particulière, à part, risque de voir le jour, qui sera plus ou moins bien vécue par l’environnement où elle se trouve (syndicats, administration, autres personnels), ce qui est susceptible de rompre l’unité professionnelle qui existe dans les hôpitaux, où tous sont soumis au même statut, excepté les médecins.
- Les pouvoirs publics (qui sont l’employeur des infirmières hospitalières) espèrent avoir un interlocuteur unique pour mieux gérer la profession ? Il se retrouve en fait avec un interlocuteur de plus à côté des syndicats. Voilà qui va être bien compliqué, lors de certaines discussions.
L’Ordre infirmier devra gérer le chiffre énorme de 450 000 personnes aux cultures et pratiques très différentes. Il y mêlera des situations et des intérêts souvent antagonistes : les infirmières du libéral, les infirmières du public, les infirmiers de secteur psychiatrique, et toutes les infirmières de souche qui ont un rôle très différent, monitrices des IFSI (Institution de soin infirmiers, cadres, etc.). Certains voient dans un ordre un moyen d’unifier la profession, de panser certaines plaies du passé. Ce sont des chantiers titanesques hors de la réalité. Les risques de guerres d’influence, de pouvoirs, sont inévitables, et vont dépenser une énergie considérable. Déjà les syndicats, devant l’arrivée de ce qui sera un nouveau concurrent en termes de représentativité, ont publié un communiqué commun contre l’Ordre, les infirmiers en psychiatrie (qui ont eu des problèmes avec la reconnaissance de leur statut en raison de l’opposition de ces mêmes associations en 1998) ont marqué leur refus en lançant une pétition. On le voit, si cette opposition prend forme, l’ordre accouchera dans la douleur, et créera la division dans tout le corps infirmier et dans les hôpitaux .
Les infirmières pourront aussi se demander pourquoi il faut payer pour travailler, avec cette cotisation obligatoire dont le montant sera déterminant dans les réactions. Aucune enquête n’a été faite pour mesurer les conséquences positives ou négatives de l’implication d’un ordre infirmier dans les hôpitaux publics. Il n’a été pris en compte que la demande d’une partie de la profession. L’autre partie, la plus nombreuse, ne comprend pas cet ordre et forcément, le vivra comme un diktat. C’est pourquoi l’Ordre infirmier pose problème.
Re: un texte édifiant
gisele10 a écrit :L’Ordre infirmier pose question !
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