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Fillon/Juppé : désaccord sur le nombre de fonctionnaires à supprimer

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Présidentielles

François Fillon et Alain Juppé, à la veille du deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, lors de leur dernier débat télévisé, le 24 novembre, ont montré leurs désaccords sur les modalités d'une augmentation du temps de travail dans la fonction publique et sur le nombre d'emplois à supprimer.

équipe soignants hôpital

500 000 pour l'un, 250 000 à 300 000 pour l'autre... quoi qu'il en soit, la fonction publique ne sera pas épargné en suppressions d'emplois.

Le sujet de la fonction publique a été abordé peu de temps après celui sur la santé. Les deux hommes sont d'accord sur une augmentation de la durée du temps de travail dans la fonction publique et un retour aux 39 heures hebdomadaires pour enrayer l'envolée des dépenses publiques. Alain Juppé veut revenir aux 39 heures progressivement, pas d'une façon brutale, pas en une année mais par des négociations qui tiendront compte de la situation de chaque secteur. Ce n'est pas le même problèmes pour les enseignants, les infirmières ou les policiers, a-t-il souligné.

François Fillon veut aussi revenir de manière progressive aux 39 heures hebdomadaires mais en les payant 37. Les fonctionnaires doivent accomplir un effort de travail supplémentaire pour permettre au pays de se redresser, a-t-il souligné en précisant que cela se ferait dans le cadre d'un accord, d'une négociation incluant des contreparties. A l'hôpital, la négociation sur l'augmentation du temps de travail pourrait inclure des améliorations des conditions de travail et des perspectives de carrière.

39 heures payées 37, ce n'est pas juste, a dénoncé Alain Juppé.

Si on veut que le pays se redresse, il faut que tout le monde fasse un effort supplémentaire et que tout le monde travaille un peu plus, a répondu François Fillon à Alain Juppé qui dénonçait que 39 heures payées 37, ce n'est pas juste... . Quand on est passé de 39 heures à 35 heures, on n'a pas diminué les salaires au passage, a-t-il fait remarquer en estimant qu'il y a donc un espace de négociation possible.

Les deux candidats ont lié cette augmentation du temps de travail à une baisse des effectifs de fonctionnaires, François Fillon proposant une baisse de 500 000 postes tandis qu'Alain Juppé est sur 250 000 à 300 000. Aucun n'a fourni de détails sur la répartition de ce nombre entre les trois fonctions publiques. Je propose 250.000 par le non-remplacement de départs à la retraite et dans le cadre d'une réforme en profondeur de la fonction publique, comme le rétablissement de deux jours de carence en cas d'arrêt maladie, a expliqué Alain Juppé. Pour lui, il n'est pas possible de supprimer 500 000 emplois dans la fonction publique, soit autant que le nombre de départs à la retraite prévus. Cela veut dire ne recruter aucun infirmier, policier, gendarme et enseignant, a dénoncé Alain Juppé.

Les fonctionnaires doivent accomplir un effort de travail supplémentaire pour permettre au pays de se redresser, a souligné François Fillon.

Il ne s'agit pas de supprimer des postes de fonctionnaires pour le plaisir, a insisté François Fillon qui a confirmé qu'il procèderait à la suppression de 500 000 postes par des fins de contrat et l'organisation de départs volontaires. L'augmentation du temps de travail se fera progressivement, au fur et à mesure des départs, a-t-il précisé. Les deux hommes se sont en revanche entendus sur la nécessité de revoir le périmètre de l'Etat et de numériser davantage les services de la fonction publique.

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Commentaires (1)

loulic

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252 commentaires

#1

Un lavement et une saignée

Les deux compères ressemblent à ces médecins de Molière, appliquant à leur patients des remèdes pire que le mal.

Sous prétexte de "rétablir les comptes", nos deux mandarins (qui sont payés par le trésor public depuis plus de 40 ans) préconisent une telle purge que Ken loach peut d'hors et déjà demander la nationalité française.