C’était l’un des constats de France Assos Santé : déjà en novembre 2025, les Français plaçaient la santé au cœur des municipales 2026, alors qu’elles n’étaient encore qu’une perspective lointaine. L’intersyndicale Les Libéraux de santé le confirme aujourd’hui. Dans une enquête réalisée dimanche 15 mars, lors du premier tour, auprès de près de 6 288 participants, la santé et l’accès aux soins apparaissent en effet en troisième position, derrière la sécurité et l’aménagement urbain, dans les thématiques qui ont le plus comptées au moment de voter. «Ces résultats confirment que l’accès aux soins est devenu un enjeu central de l’action publique locale et une attente forte», en conclut l’organisation.
La commune, ajoute-t-elle, est de plus en plus perçue comme un échelon critique pour accéder à un professionnel de santé, avec des leviers à mobiliser très identifiés. 28% des répondants attendent ainsi de leur prochaine équipe municipale qu’elle puisse intervenir pour réduire les délais pour obtenir un rendez-vous, tandis que 25% reconnaissent son rôle dans l’amélioration de l’offre de soins locale. Dans une même proportion, ils défendent la construction de centres et de maisons de santé, ou de toute structure de soins de proximité. 24% lui réclament la possibilité d’avoir accès à un professionnel de santé autre qu’un médecin pour des consultations de suivi, et 12%, l’amélioration de l’accès à un professionnel libéral proche de chez eux. «Seuls 16 % des interrogés n’ont aucune attente à l’égard de la future équipe municipale concernant les questions de santé», observe l’intersyndicale, qui note par ailleurs une «corrélation» entre le degré des attentes exprimées et la réalité de l’offre de soins dans les territoires. Sans surprise, ceux qui souffrent le plus de la désertification médicale sont ceux où elles sont les plus fortes.
Des actions clairement identifiées
Quant aux actions à mettre en place, 39% des répondants appellent à favoriser l’implantation des professionnels de santé, et 38% à développer une offre de rendez-vous urgents. Suivent le développement des services hospitaliers (25 %) et l’augmentation des soins à domicile (25 %), le développement du dépistage et de la prévention (15 %) et le partage de compétences et de tâches entre professionnels (15 %). Le développement du réseau France Santé, voulu par le Premier ministre Sébastien Lecornu et voté dans le budget de la Sécurité sociale, apparait comme secondaire, avec seulement 14 % de répondants. Enfin, trois priorités sont mises en exergue pour le budget de la Sécurité sociale avec, en tête son augmentation (26%), puis la réduction de certaines dépenses ou offres de soins (23%), et la hausse de la prise en charge par les mutuelles (22%).
Les communes ont un rôle à jouer dans l'accès aux soins
«Les résultats de cette enquête expriment clairement une attente, celle de pouvoir accéder facilement à une offre de soins libérale dans chaque territoire, en donnant les moyens à l’Assurance maladie de poursuivre le virage domiciliaire», écrivent les Libéraux de santé. «Les communes peuvent jouer un rôle déterminant pour accompagner l’installation des professionnels, soutenir les structures de soins de proximité et favoriser les coopérations entre acteurs de santé.» Alors que la Fédération hospitalière de France (FHF) notait mardi 17 mars que l’aggravation des difficultés d’accès aux soins entraînait une hausse du renoncement, l’intersyndicale encourage vivement les maires à s’emparer de cette thématique pour en faire une priorité.
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