C’est un nouveau chiffre qui vient nourrir les préoccupations autour de la dégradation des indicateurs de la santé périnatale. Selon les résultats d’une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiés mardi 7 juillet, la part d’enfants nés sans vie ou décédés au cours des sept premiers jours de vie s’est élevée à 11,2 pour 1 000 naissances en 2024. Une proportion qui augmente depuis 2021, où elle s’était fixée à 10,5. «7 398 enfants sont nés sans vie ou nés vivants et décédés dans leur première semaine de vie, pour 661 822 naissances totales», décompte-t-elle, s’appuyant sur les données hospitalières.
La mortinatalité, soit les enfants nés sans vie par mort fœtale spontanée ou par interruption médicale de grossesse, en est la première composante, puisqu’elle est à l’origine de 82% de ces décès, avec 9,2 décès pour 1 000 naissances. Suit la mortalité néonatale précoce (les enfants nés vivants et décédés dans les 7 premiers jours de vie), qui s’élève à 2,0 pour 1 000 naissances.
Les inégalités parmi les multiples facteurs de risque
Grossesses multiples, prématurité entraînant un risque de mort périnatale 63 fois plus important qu’une grossesse à terme, âge gestationnel... la Drees rappelle que les facteurs de cette mortalité périnatale sont nombreux. «Le taux de mortalité périnatale est aussi plus élevé lorsque la mère est âgée de moins de 20 ans (18,1 ‰)», notamment en raison de conditions socio-économiques plus précaires ou d’un bon suivi de la grossesse, «ou de 40 ans ou plus (17,6 ‰)», chez qui peuvent préexister certaines pathologies qui compliquent la grossesse, «que lorsqu’elle a entre 30 et 34 ans (9,9 ‰)», évalue-t-elle ainsi.
«Ces facteurs de risque et leurs évolutions n’expliquent toutefois que partiellement l’augmentation de la mortalité périnatale depuis 2014», prévient-elle toutefois. Dans les communes défavorisées, le taux de mortalité périnatale est de 12%, contre 9,5% dans les communes qui le sont moins. Et ces inégalités territoriales sont encore plus criantes lorsque l’on compare les données en métropole avec celles des territoires d’Outre-mer. En Guadeloupe, la mortalité périnatale atteint les 21 décès pour 1 000 naissances.
La santé périnatale, de la grossesse au post-partum, est au cœur des inquiétudes, alors qu’elle ne cesse de se dégrader. En mars 2025, l’Institut national d’études démographiques (INED) notait que la mortalité infantile (mortalité durant la première année de vie), l’un des indicateurs de l’état de la santé périnatale, stagnait en France, et la plaçait parmi les pays les moins bien classés de l’Union européenne.
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