GESTION

L'association Asalée déclare la cessation de paiement

Publié le 09/03/2026

L’annonce est tombée le 5 mars au soir par la voix de Margot Bayart, sa présidente : l’association Asalée, qui emploie actuellement 2 000 infirmières, a été contrainte de déposer une demande de cessation de paiement auprès du tribunal des activités économiques de Paris.

blouse de soignant accrochée à une porte dans un cabinet médical

Crédit photo : GARO/PHANIE

La procédure a été effectuée «en vue d'obtenir la nomination d'un administrateur pour faire le point sur notre situation, sur les créances de la part de la Caisse d'assurance maladie et les dettes de l'association» pour «protéger les salariés», a déclaré Mme Bayart à l’AFP. Les salariés ont pu être payés au mois de janvier «en faisant le maximum» mais «nous arrivons un peu au bout de la corde.»

Depuis décembre 2025, l’Assurance maladie, qui finançait jusque-là l’intégralité du dispositif Asalée à hauteur de 100 millions d’euros par an, a cessé ses versements. En cause : le non-respect, selon elle, des recommandations formulées par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en juillet 2025, qui sommait l’association d’assainir sa gestion. Il dénonçait notamment un manque de transparence dans le recours à certaines entreprises privées. Quelques jours plus tôt, la CFDT et l’UNSA Santé-Sociaux pointaient quant à elles une direction défaillante refusant d’admettre les difficultés financières auxquelles elle est confrontée. Elles s’inquiétaient surtout du sort des salariés qu’Asalée était dans l’incapacité de payer.

Pour la CNAM, le paiement des salariés reste la "priorité absolue"

Suite à l’annonce de Margot Bayart, l’Assurance maladie a indiqué dans un communiqué avoir été informée de la saisine du tribunal. «La mise en œuvre de cette procédure, effective après décision du tribunal qui pourrait intervenir d’ici deux à trois semaines, permettrait à l’Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés, l’AGS, de verser aux salariés de l’association les salaires non versés jusqu’alors», y précise-t-elle. L'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) est un organisme qui accompagne en effet les entreprises en difficulté lors des procédures collectives et garantit le paiement des salaires lorsque celles-ci ne sont plus en mesure de le faire.

Elle assure suivre attentivement l’évolution du dossier et se dit «prête à reprendre le chemin d’une contractualisation qui permettrait la nouvelle attribution d’une subvention pluriannuelle». Dès lors qu’Asalée répondra aux conditions que la CNAM formulait dans son courrier envoyée le 19 janvier dernier. Elle y réclamait, entre autres, une application des recommandations de l’IGAS relatives à la clarification des liens de l’association avec ses prestataires historiques de services support ingénierie et informatique et, plus largement, au respect des règles de la commande publique. Se disant convaincue de l’intérêt du dispositif Asalée pour les patients, l’organisme insiste sur le fait que la continuité des paiements des salariés de l’association demeure sa «priorité absolue».
La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com