Ces dernières années, les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques ont favorisé la circulation de contenus erronés ou mensongers. Pour les autorités sanitaires, ces messages peuvent avoir des conséquences directes sur les comportements de santé, en détournant des patients de la prévention ou des soins classiques, et en alimentant une défiance durable vis-à-vis de la médecine et des institutions.
Dans un contexte déjà marqué par une perte de confiance envers la parole publique et médicale, le phénomène est désormais considéré comme un enjeu de santé publique à part entière. «Garantir l’accès à une information fiable est une condition essentielle pour permettre à chacun de faire des choix éclairés», fait valoir l’exécutif, qui entend passer d’actions dispersées à une politique structurée et durable.
Une expertise indépendante en appui
La stratégie, engagée dès 2025, s’appuie sur une mission d’expertise indépendante confiée au professeur Mathieu Molimard, à la professeure Dominique Costagliola et au docteur Hervé Maisonneuve. Les trois experts ont conduit 156 entretiens auprès d’acteurs des champs sanitaire, scientifique, médiatique et citoyen afin de dresser un état des lieux de la désinformation en santé et de ses mécanismes de diffusion. Leurs conclusions, rendues publiques en même temps que la stratégie gouvernementale, servent de socle aux orientations annoncées.
Cette démarche se veut également collective en associant professionnels de santé, chercheurs, journalistes, enseignants, associations, créateurs de contenus, plateformes numériques et citoyens. L’objectif étant de dépasser une approche strictement institutionnelle pour intégrer la diversité des acteurs qui produisent, diffusent ou consomment de l’information en ligne.
Une stratégie en quatre axes
Le dispositif présenté repose sur quatre axes principaux. Le premier concerne l’écoute et la consultation de la population. Des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne doivent permettre d’évaluer l’exposition du public aux fausses informations et ses réflexes de vérification. Un Comité citoyen sera également chargé de formuler des recommandations sur la place que doivent occuper les pouvoirs publics dans la régulation de l’information en santé.
Le deuxième axe prévoit la création d’un Observatoire de la désinformation en santé. Cet organisme aura pour mission d’identifier, d’analyser et de documenter les phénomènes de désinformation. Il assurera une veille continue, publiera des indicateurs réguliers et produira des travaux de recherche, afin de mieux alerter et outiller les acteurs du secteur.
Le troisième axe repose sur la mise en place, dès la fin janvier, d’un dispositif opérationnel d’infovigilance. Celui-ci devra détecter rapidement les fausses informations circulant en ligne, en comprendre les ressorts et proposer des réponses fiables et pédagogiques. Le système s’appuiera sur un réseau d’experts, journalistes, institutions et créateurs de contenus et diffusera des formats adaptés aux réseaux sociaux. Des réponses de référence seront également mises à disposition via le site public Santé.fr.
Enfin, le quatrième axe vise à installer un socle de confiance sur le long terme. Il prévoit de renforcer l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge, de poursuivre la responsabilisation des plateformes numériques et d’intégrer la désinformation en santé dans les programmes de recherche.
La désinformation porte préjudice
«La désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins», a déclaré la ministre Stéphanie Rist. En mettant en avant «l’écoute, la transparence et la science», le gouvernement espère restaurer un climat propice à des décisions médicales éclairées. Reste désormais à voir comment cette stratégie se traduira concrètement sur le terrain et en ligne.
Source : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/note_desinformation_sante_a4_minsante.pdf
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