Les hospitalisations pour automutilations et tentatives de suicide ont poursuivi leur augmentation en 2025. Telle est la conclusion que tire la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans une récente étude, dont les résultats ont été publiés le 11 mai 2026. Un peu plus de 84 000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées au moins une fois pour ces motifs au cours de l’année passée, dont 64% d’entre elles sont des femmes. En termes de ratio, cela correspond à un taux de 170 pour 100 000 femmes, soit une augmentation de 9% par rapport aux années 2021-2023.
Une progression toujours très forte chez les jeunes filles
Car c’est l’un des enseignements de cette étude, qui vient confirmer une tendance qui s’observe depuis la fin de la crise sanitaire : l’augmentation de ces hospitalisations est largement due aux jeunes filles entre 10 et 19 ans et aux jeunes femmes de moins de 30 ans. «La progression du taux de patientes hospitalisées, âgées de 10 à 19 ans, très forte entre 2020 et 2021 (+56 %), puis entre 2023 et 2024 (+16 %), se poursuit dans une moindre proportion entre 2024 et 2025 (+4 %)», observe ainsi la Drees. Avec 482 personnes concernées sur 100 000, cette population présente même le taux le plus élevé, toute tranche d’âge et de sexe confondue. L’enquête de la Drees faire écho à un constat que dressait déjà la Fédération hospitalière de France (FHF) le 16 avril dernier, s’inquiétant d’une santé mentale particulièrement dégradée chez les jeunes et les femmes. La Fédération y notait notamment que les femmes pèsent pour deux tiers des hospitalisations pour tentatives de suicide.
Parallèlement, les gestes auto-infligés sont moins fréquents chez les hommes, même s’ils augmentent chez les moins de 30 ans ; une hausse de plus de 10% chez les 10 à 19 ans et de plus de 5% chez les 20-29 ans est ainsi observée. En revanche, les décès par suicide sont plus nombreux chez les hommes que chez les femmes.
Pour expliquer cette hausse des tentatives de suicide et gestes auto-infligés chez les jeunes filles, l’Observatoire national du suicide avançait en février 2025 plusieurs hypothèses : exposition aux violences sexistes et sexuelles et injonction de genre largement diffusées par les réseaux sociaux, dans la période de vulnérabilité que représente l’adolescence.
ACCÈS AUX SOINS
Maisons de santé pluriprofessionnelles : pourquoi refuser de signer l’avenant n°2 de l’accord
ENGORGEMENT DES URGENCES
Urgences : le gouvernement veut réduire de moitié les passages évitables
ENJEUX
Promouvoir le leadership et l'attractivité de la profession, des priorités pour l'Ordre infirmier
ÉVÉNEMENT
Paris accueille le Congrès européen des infirmières puéricultrices