Il est l’un des cancers les plus meurtriers en France (voir encadré), et pourtant les pouvoirs publics et les autorités sanitaires peinent à convaincre de l’intérêt de son dépistage. Près de 70% des personnes concernées par le test pour détecter de manière précoce un éventuel cancer colorectal ne le réalisent pas. Un chiffre qui n’a pas évolué depuis l’année dernière. En février 2025, Santé publique France déplorait que seul un tiers des Français se faisaient dépister, malgré des chiffres alors en progression. Pourtant, repéré tôt, «ce cancer se guérit 9 fois sur 10», insiste l’Institut national de lutte contre le cancer (INCa). À l’occasion de Mars bleu, le mois dédié à ce type de cancer, ce dernier entend rappeler via une campagne de communication lancée ce mercredi 18 mars les modalités du programme de dépistage organisé et, surtout, combattre les idées reçues, alors que ce cancer est encore trop souvent négligé. En cause, liste-t-il : sentiment de gêne, association mécanique du test à la coloscopie, peur du résultat…
«Dans plus de 80 % des cas, le cancer colorectal provient d’une tumeur bénigne, appelée polype. Celle-ci évolue lentement pendant plusieurs années avant de se transformer en cancer;» Or, une fois développé et diagnostiqué à un état métastatique, les chances de survie à 5 ans qui lui sont associées ne sont plus que de 14,3%. D’où l’intérêt de ce dépistage, qui est proposé tous les deux ans aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans : il permet de détecter ce polype avant qu’il n’évolue ou, à tout le moins, un éventuel cancer à un stade précoce. Celui-ci «ne provoque pas forcément de signes symptomatiques», rendant le dépistage particulièrement pertinent. «Quand des signes apparaissent, c’est bien souvent que le cancer est déjà à un stade avancé», assène l’INCa.
Un test "simple et indolore"
Il est d’autant plus regrettable que peu y aient recours que le test en lui-même est «simple et indolore», réalisable à domicile, et entièrement pris en charge par l’Assurance maladie, poursuit-il. Il vise ici les kits de dépistage, qui consistent à rechercher du sang invisible dans les selles en envoyant un prélèvement à un laboratoire. La coloscopie n’est nécessaire que si du sang est détecté, soit dans 4% des cas, précise-t-il, le saignement lui-même n’étant pas immanquablement un signe de cancer. Chaque personne concernée par le dépistage peut demander un kit à son médecin, un pharmacien et, depuis 2026, à un infirmier. Autant d’information que l’INCa répètera tout le mois de mars à travers les différents supports (spots radio, affichage dans les pharmacies…) de sa campagne de sensibilisation.
Les chiffres du cancer colorectal en France
- près de 47 600 nouveaux cas diagnostiqués tous les ans (47 % chez les femmes et 53 % chez les hommes);
- environ 17 000 décès chaque année ;
- âge médian au diagnostic : 72 chez les femmes et 71 chez les hommes ;
- 63 % : taux de survie nette standardisée à 5 ans.
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