23 000 : c’est le nombre de décès évités entre 2004 et 2018 grâce au dépistage organisé du cancer du sein, selon une étude menée par l’Institut de lutte contre le cancer (INCa). À l’horizon 2054, ce sont 95 000 décès qui pourraient l’être.
Plus précisément, le dépistage précoce de la maladie permet de réduire de 26% le nombre de cancers détectés à un stade métastatique, et de 4,7% celui des cancers invasifs. «Ces résultats indiquent aussi que plus le dépistage est débuté tôt (dès l’âge recommandé de 50 ans), plus la réduction du risque est importante», en conclut l’INCa. Les femmes âgées de 50 à 74 ans, la tranche d’âge ciblée par le programme de dépistage, peuvent espérer une réduction de 40% du risque de décéder de leur maladie si elles effectuent leur examen dès 50 ans – une proportion qui tombe à 20% si le dépistage débute à 70 ans. «Le programme de dépistage se caractérise également par une bonne performance de détection des cancers», poursuit-il. Le taux augmente de manière constante depuis 2012, passant de 7,2% à 8,1% en 2020.
Une balance bénéfique/risque positive
Pour autant, le programme induit quelques risques, dont celui de surdiagnostic, soit le repérage de tumeurs qui n’auraient pas ou peu évolué ni menacé la vie de la patiente. À l’heure actuelle, il est en effet impossible de les distinguer de celles, majoritaires, qui évoluent. L’INCa estime ainsi à +8,2% l’augmentation annuelle de ce taux. Doit également être considéré le risque de cancer radio-induit par mammographie. Si les données épidémiologiques manquent, l’institut, en prenant une «hypothèse maximaliste» de dose d’exposition aux rayons X, estime que 22 sur 100 000 femmes dépistées pourraient développer ce type de maladie, soit 4 décès supplémentaires. «Ces chiffres sont à mettre en regard du nombre de décès évités et du fardeau de ce cancer», tranche-t-il, jugeant que la balance bénéfice/risque reste positive.
Un programme de dépistage encore trop peu suivi
Malgré ces données, qui démontrent l’intérêt de ce dépistage précoce, seuls 46,3% des femmes éligibles y ont participé en 2023-2024, auxquels s’ajoutent celles qui réalisent un dépistage individuel, estimé en 2022 entre 10 et 18%. «L’augmentation du taux de participation au dépistage permettrait de réduire encore ce risque. Ainsi, pour chaque palier de 10 % supplémentaire de participation, 2 % de réduction de la mortalité serait observée», note ainsi l’Institut. De son côté et afin de faciliter cet accès au dépistage, La Ligue contre le cancer a annoncé en octobre 2025 sa volonté de déployer en 2026 des unités mobiles – une flotte de camionnettes – sur le territoire dans une démarche «d’aller-vers».
Mis en place en 2004, le programme de dépistage du cancer du sein «concerne les femmes de 50 à 74 ans asymptomatiques et sans facteurs de risque autre que l’âge», rappelle l’INCa. Mobilisant une mammographie et un examen clinique des seins, il est réalisé tous les deux ans afin de détecter un éventuel cancer au stade précoce. «Dans ce cas, les traitements seront généralement moins lourds avec moins de séquelles.» «Les résultats de cette étude confirment la pertinence du programme de dépistage organisé», salue l’Institut, qui souligne que la feuille de route 2026-2030, présentée en début d’année et qui met l’accent sur le suivi personnalisée des cancers, identifie parmi ses 5 priorités la nécessité de proposer un dépistage à tous, et ce en fonction des risques individuels identifiés.
Les chiffres du cancer du sein
- cancer le plus fréquent chez la femme : 61 214 cas en 2023 ;
- cancer féminin le plus meurtrier : 12 757 décès en 2022 ;
- un cancer de pronostic favorable avec un taux de survie à 5 ans de 89 % ;
- dans 80 % des cas, ce cancer se développe après 50 ans ;
- âge médian au diagnostic : 63 ans ;
- détecté à un stade précoce, 99 femmes sur 100 en vie 5 ans après le diagnostic, contre 26 femmes sur 100 lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade avancé.
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