SANTÉ DE L'ENFANT

Bilan de santé en école maternelle : un guide de la HAS pour cadrer la pratique

Publié le 15/06/2026

Ain d'accompagner les professionnels des services de Protection maternelle et infantile (PMI), la Haute autorité de santé (HAS) diffuse un guide complet sur le bilan de santé en école maternelle, à effectuer chaque année auprès des enfants de 3 à 4 ans. Les infirmières de puériculture sont notamment sollicitées.

enfant, petit garçon

C’est une obligation inscrite dans le Code de la santé publique. Ce bilan a pour objectif d’évaluer le développement global des enfants de 3 à 4 ans scolarisés. Il représente aussi et surtout l’occasion d’entamer une démarche de prévention en délivrant les bons messages relatifs au sommeil, à l’alimentation, à l’activité physique ou encore à l’utilisation des écrans. «Il s’agit d’un bilan essentiel, puisqu’il participe à la détection et au dépistage précoces d’anomalies du développement de l’enfant», rappelle d’ailleurs la Haute autorité de santé (HAS), en introduction de son nouveau guide à destination des professionnels de santé qui en ont la charge.À commencer, donc, par les infirmières puéricultrices qui exercent en PMI.  

Ce guide entend ainsi décrire les modalités de réalisation de ce bilan et de définir les critères d’orientation des enfants si, le cas échéant, ils nécessitent un suivi spécifique. «Il est essentiel de préciser que le BSEM est un bilan d’évaluation de la santé globale de l’enfant basé sur le repérage d’anomalies ou difficultés concernant notamment sa croissance et son développement sur le plan clinique, sensoriel, langagier, neurodéveloppemental, psycho-affectif», précise l’Agence sanitaire, qui prévient : il s’agit d’un bilan de repérage et non d’un bilan diagnostic.  

Les infirmières de puériculture mobilisées

Côté modalités, le BSEM est effectué par les professionnels de la PMI : soit par un binôme médecin/infirmière puéricultrice (IPDE) ou, a minima, une infirmière formée en pédiatrie, soit par une IPDE seule. Les équipes prennent contact en amont ou en début d’année scolaire avec les écoles maternelles de leur département afin de les informer, de programmer les bilans en fonction de l’âge des enfants, de transmettre les documents à fournir aux parents ou encore de repérer «les enfants présentant une situation médicale particulière connue des équipes de l’Éducation nationale.» Une convocation écrite est adressée aux parents, la présence de l’un d’entre eux au moins s ou de la personne responsable de l’enfant est particulièrement requise ; elle permet de recueillir des informations sur les antécédents médicaux, les facteurs de risque, le comportement social et émotionnel de l’enfant. La HAS recommande de réaliser ce bilan pour l’ensemble des enfants scolarisés, y compris ceux ayant un suivi médical spécifique (pour handicap, troubles du neurodéveloppement, déficit sensoriel...). 

«Il est indispensable que les professionnels de PMI réalisant le bilan de santé en école maternelle soient préalablement formés à la réalisation, l’utilisation et l’interprétation de l’ensemble des examens et tests préconisés pour le BSEM et que cette formation soit également régulière et continue», insiste par ailleurs la HAS. 

Un bilan pour balayer la santé globale de l'enfant

Au cours du bilan, d’une durée de 45 minutes environ, les professionnels de la PMI doivent rechercher des informations sur la santé générale de l’enfant, à vérifier que le carnet de santé est à jour, de même que les vaccinations obligatoires, à identifier les éventuels facteurs de risque (prématurité, exposition prénatale à des toxiques ou des médicaments, frère ou soeur atteint d’un trouble du développement...) et à s’entretenir avec l’enfant et les parents, notamment pour promouvoir les comportements favorables à la santé et répondre à leurs interrogations ou inquiétudes. «Si elle le juge nécessaire, l’équipe de PMI pourra prévoir un temps d’échange avec l’équipe éducative notamment si des préoccupations, des difficultés ou des inquiétudes sont soulevées par l’équipe éducative ou les parents, dans le respect du secret médical», ajoute le guide.

Des bilans visuel et auditifs doivent également être réalisés, suivis d’un adressage vers un ophtalmologiste ou un médecin ORL. S’y ajoutent un dépistage du développement psycho-affectif et du langage oral, et d’éventuels écarts de développement moteurs ou cognitifs. En cas d’anomalie détectée, voire de simples inquiétudes, l’avis du médecin de PMI peut être sollicité, par exemple en cas de non réalisation des vaccins, de signes de maltraitance ou de négligence ou si l’enfant de dispose pas d’un médecin traitant vers lequel l’orienter. 

Pour finir, l’ensemble des informations recueillies au cours du BSEM doit être transmis aux parents de l’enfant mais aussi au médecin du service de santé scolaire. «Il est essentiel que l’équipe de PMI réalise un suivi de l’adressage des enfants vers un professionnel de santé : en effet, il est important de s’assurer que les parents ont effectivement consulté le professionnel de santé recommandé au décours du BSEM et de connaître les conclusions de la consultation effectuée», achève la HAS. 

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com