EXCLUSIF - 24h avec les infirmiers pompiers

« Nos automatismes font notre efficacité dans l’urgence » (épisode 1)

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Publié le 27/11/2022

« Décaler », dans le jargon des pompiers, signifie partir en intervention. Pendant 24h, nous avons suivi l'une des équipes médicales de la caserne de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris. Un médecin, un infirmier et un ambulancier, qui viennent en aide aux victimes à bord de l’ambulance de réanimation. Découvrez l'épisode 1 de notre série consacrée aux infirmiers pompiers. 

Environ 70 infirmiers composent les rangs de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, répartis dans 5 antennes médicales. A Ménilmontant, une quinzaine de médecins, 15 infirmiers, 12 ambulanciers et 1 aide-soignant se relaient nuit et jour.

Soutien aux hommes et à la population civile

« Il faut savoir que la mission première du service médical aux pompiers c’est de soutenir nos hommes, aussi bien les visites médicales périodiques que les consultations, les prises de sang, le suivi…»  détaille le sergent Rémi, qui comptabilise 13 ans de service et est affecté au Centre médical de Ménilmontant depuis un an. « La deuxième mission », précise-t-il, « c’est de soutenir la population grâce aux ambulances de réanimation (les AR). On part sur les interventions en équipe», toujours en trio, « un médecin, un infirmier et un ambulancier ».

Stabiliser la victime sur place

Normalement, l’ambulance de réanimation est appelée pour des interventions qui nécessitent la présence d’un médecin. L’appel émane soit d’un particulier, soit d’une équipe de secouristes qui juge la présence d’un médecin nécessaire. Dans tous les cas, la victime se trouve dans un état trop sérieux pour être transportée directement à l’hôpital. Elle doit être examinée et stabilisée sur place, avant d’être transportée aux urgences.

L’équipe est confrontée « à tout type d’intervention », explique Marine, médecin militaire principal à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), « de l’intervention médicale, comme de la détresse respiratoire, de la douleur thoracique, du coma pour des raisons neurologiques, toxiques, comme de la traumatologie, de l’accidentologie, routière, de chantier, de la défenestration. On va également avoir une spécificité un petit peu plus BSPP avec un rôle d’organisation des secours dans les interventions multi-victimes ou à évolutivité potentielle type explosion, feux, accidentologie routière à nombreuses victimes, attentats… On a le rôle de premier médecin sur intervention, et de directeur des secours médicaux dans ces situations limite catastrophes », résume-t-elle.  

« On travaille avec beaucoup d’automatisme, c’est ce qui fait la force de notre métier et c’est aussi pour cela qu’on est efficace dans l’urgence ».

Fluidité des interventions

Lors des interventions, les gestes sont assurés, la communication entre les membres de l’équipe médicale répond à une exigence d’efficacité et de rapidité. Les questions sont précises, courtes. Chacun sait ce qu’il a à faire. L'infirmier constitue un peu «  la pièce centrale, le maillon entre l’ambulancier et le médecin », qui doivent d'une certaine manière « s’adapter à lui parce qu’il se trouve au centre des gestes techniques par rapport au patient », explique Rémi.

Dans ce métier, pas de routine : « on peut faire deux fois la même intervention pour le même motif et le même diagnostic qui seront complètement différentes », assure Marine. « Il n'y a pas une garde qui ressemble à une autre »

>> Rendez-vous vendredi prochain pour la suite de notre série consacrée aux infirmiers pompiers. 

Susie Bourquin

Source : infirmiers.com