C’est un paradoxe. Les avancées thérapeutiques n’ont jamais été aussi nombreuses, mais la lutte contre le VIH n’a, parallèlement, jamais été aussi menacée. En cause : l’assèchement des financements pour soutenir la recherche et l’accès aux traitements, provoqué notamment par la décision de l’administration Trump de couper les aides dédiées. Le 1er décembre 2025, lors de la Journée mondiale de la lutte contre le Sida, organisations et institutions gouvernementales alertaient sur le manque de moyens et la désinformation, qui freinent l’offensive contre le virus. «Partout dans le monde, les financements dédiés à la solidarité internationale reculent fortement, mettant en péril la prévention et l’accès aux soins des personnes vivant avec le VIH», s’inquiète ainsi Sidaction dans un communiqué, soulignant que la lutte contre la maladie entre dans «une période d’incertitude majeure.» Le risque d’une reprise de l’épidémie est réel, et celle-ci pourrait entraîner près de 4 millions de morts supplémentaires d’ici 2030, chiffre l’association.
«Les équipes associatives sont épuisées, des postes sont supprimés et des activités sont interrompues. Moins de prévention, moins de dépistage auprès des populations les plus concernées, moins d’accompagnement et d’accès aux soins : voici le cocktail explosif pour continuer d’alimenter l’épidémie de VIH», déplore-t-elle dans un communiqué de presse. Côté recherche, les dégâts sont aussi considérables. Selon la revue Nature, 7 800 financements de projets scientifiques ont été suspendus ou définitivement stoppés au cours de l’année 2025 par l’administration Trump, dont certains liés aux maladies infectieuses.
Une campagne de collecte organisée du 27 au 29 mars
De quoi la pousser à battre le rappel dans le cadre du week-end «Sidaction», qu’elle organise du 27 au 29 mars prochains. Avec l’aide de ses 34 médias partenaires, dont Radio France, Arte, TF1 ou encore le journal L’Équipe, Sidaction réitère sa campagne d’information, de sensibilisation et de collecte. «Chaque don est un soutien vital pour celles et ceux qui se battent, qui cherchent, qui soignent et qui protègent», plaide ainsi l’association.
Aujourd’hui, 40,8 millions de personnes dans le monde sont séropositives, dont 1,4 million d’enfants. Et 1,3 million de nouvelles infections ont été détectées en 2024, dont 5 125 en France. Avec un fait particulièrement inquiétant : le 25 novembre 2025, Santé publique France observait une hausse de la séropositivité de 41% en 10 ans chez les 15 à 25 ans, et notamment chez les jeunes hommes de moins de 21 ans ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, un public souvent victime d’idées reçues qui, par ailleurs, nourrissent la sérophobie. Dans le monde, près de ¼ des personnes atteintes du VIH n’ont pas accès aux traitements, et 27% des découvertes de séropositivité sont réalisées à un stade avancé de l’infection, empêchant le recours aux traitements précoces.
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