L’expérimentation, portée par Unicancer, «marque une étape décisive dans la transformation de notre politique de prévention des cancers à haut risque», a salué Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, dans un communiqué. L’expérimentation en question : un programme, développé dans le cadre de l’Article 51 et doté de 6 millions d'euros, qui vise à identifier le plus tôt possible les personnes à haut risque de développer un cancer afin de leur proposer un parcours personnalisé de prévention.
En réalité, Interception était en gestation depuis plusieurs années. Il a d’abord été lancé par l’institut Gustave Roussy en 2021 et repose sur 4 étapes : l’identification des patients à haut risque en ville, par le médecin traitant ou un autre professionnel de santé, une journée d’ateliers et de consultations dans un des centres du programme en compagnie d’autres personnes présentant un profil similaire avec l’objectif de les informer sur leurs risques et comment les réduire, un suivi personnalisé et adapté de prévention et de dépistage, et un lien à long terme avec le centre Interception choisi qui permet de rappeler examens à réaliser, de mettre à jour le parcours de prévention en cas de nouvelles modalités, ou encore de contacter rapidement le centre pour une prise en charge immédiate en cas de suspicion de cancer. Le médecin traitant demeure, tout au long du parcours, l’acteur central de l’accompagnement du patient.
Avec la publication de l’arrêté, publié dans le Journal officiel du 31 mars, qui autorise son lancement, l’expérimentation franchit une nouvelle marche. Sa durée est fixée «à quatre ans à compter de l’inclusion du premier patient», précise le texte. Le programme prévoit l’inclusion de 6 440 patients, répartis dans 7 territoires : Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France et La Réunion. Chacune disposera d’un centre chargé de son déploiement (Gustave Roussy, le centre Léon Berard Centre, le centre Eugène Marquis, l’Institut Bergonié Institut du Cancer Avignon Provence, la polyclinique du Parc Groupe Elsan et le CHU de la Réunion).
Une médecine préventive et personnalisée
La question de la prévention des cancers est un sujet de santé publique majeur, car «le cancer représente non seulement la première cause de mortalité en France et dans les pays occidentaux, mais aussi une cause majeure de morbidité et de séquelles chez les personnes survivantes», rappelle Gustave Roussy dans la présentation d’Interception. En 2023, plus de 433 000 nouveaux cas de cancer avaient en effet été détectés.
«Si notre pays dispose de politiques de prévention et de dépistage à l’échelle de la population générale, il est aujourd’hui essentiel d’aller plus loin pour mieux prendre en compte les personnes présentant un risque aggravé», a réagi le ministère de la Santé, qui note qu’Interception s’inscrit pleinement dans cette démarche. Développer une médecine préventive et adaptée au profil de chaque patient, c’est d’ailleurs le cœur de la deuxième feuille de route de la stratégie décennale de lutte contre le cancer, telle qu’elle a été présentée en janvier 2026. «À travers INTERCEPTION, le ministère réaffirme son engagement à soutenir des innovations organisationnelles et médicales qui permettent d’agir en amont de la maladie, au plus près des patients et des territoires.» L’expérimentation permettra ainsi d’évaluer la faisabilité, mais aussi l’acceptabilité, d’une telle approche.
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