À DOMICILE

Les prestataires à domicile aux avant-postes de la prévention et de l'autonomie des patients

Publié le 01/12/2025

Intervenant auprès de 4 millions de patients sur tout le territoire, les prestataires de santé à domicile représentent des acteurs essentiels du virage domiciliaire, défend leur principal syndicat. Il identifie plusieurs missions rapides à mettre en place et par ailleurs génératrices d'économies pour mieux accompagner les parcours des patients. 

Consultation médicale à domicile

Crédit photo : GARO/PHANIE

Dans un contexte qui associe vieillissement de la population et virage domiciliaire, les prestataires de santé à domicile (PSAD) ont leur rôle à jouer pour à la fois « renforcer l’efficience des parcours de soins » et « générer des économies substantielles ». L’Union nationale des prestataires de santé à domicile indépendants (UPSADI) a réalisé avec l’aide de Nextep, cabinet de conseil spécialisé dans les problématiques stratégiques de santé, une « analyse stratégique » pour identifier les évolutions possibles à déployer pour ces services pour qu’ils apportent des « bénéfices significatifs aux patients comme à la collectivité ». Celles-ci « ne nécessitent pas de montée en compétences et qui sont proches des activités actuelles des PSAD », explique le syndicat dans un communiqué synthétisant les résultats, ce jeudi 27 novembre 2025. Le syndicat soumet 6 propositions, réparties en trois « temps clés » du parcours des patients : la prévention en amont, la sécurisation du retour à  domicile, et le suivi durable des maladies chroniques.

Une présence tout au long du parcours du patient

En amont, repérage des fragilités et prévention doivent permettre d’éviter les hospitalisations. Les PSAD pourraient ainsi intégrer les Bilans prévention, ces temps d’échange où professionnels de santé et patients abordent leurs habitudes de vie et d’identifier les facteurs de risque de maladie chronique, et instaurer une mission « Vigilance canicule » pour vérifier les conditions de logement et rappeler les gestes de prévention. Les infirmiers de PSAD pourraient également participer aux campagnes de vaccination contre les infections respiratoires, grippe saisonnière et Covid-19 en tête.

Pour assurer le retour au domicile, l’UPSADI note que pourraient être transférées certaines composantes du service de retour à domicile, le dispositif PRADO, pour « assurer un relais immédiat au domicile : vérification de l’environnement, soutien aux démarches, coordination des rendez-vous, repérage des complications. »

Enfin, dans le contexte du suivi à domicile, les PSAD sont en mesure de déployer une prévention tertiaire, via l’éducation thérapeutique ou la détection des risques de décompensation. Ils peuvent également « faciliter la participation des patients fragiles ou éloignés aux protocoles de recherche en réalisant certaines mesures simples à domicile » si on les intègre à la recherche clinique décentralisée.

Des pistes facilement et rapidement mobilisables

« Ces propositions ne visent pas à créer une nouvelle réforme, mais à mobiliser immédiatement les ressources existantes. Les PSAD présentent un avantage stratégique : ils sont déjà installés dans les territoires, déjà au contact des patients fragiles, et déjà en lien avec les acteurs locaux de santé », écrit l’UPSADI, qui chiffre entre 100 et 450 millions d’euros le potentiel d’économies réalisables grâce au déploiement de ces évolutions. « Les PSAD sont déjà présents, déjà compétents et déjà aux côtés des patients les plus fragiles y-compris ceux qui résident dans les déserts médicaux. En confiant à nos équipes de nouvelles missions, sans que l’État n’invente de nouvelles structures complexifiant le système de soins français et sans empiéter sur les missions des autres acteurs, nous pouvons éviter des hospitalisations évitables, retarder la perte d’autonomie et réduire les inégalités territoriales », conclut Didier Daoulas, le président de l’UPSADI, cité dans le communiqué.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com