Le renouvellement des instances ordinales à La Réunion et à Mayotte marque une étape institutionnelle importante pour la profession infirmière. À l’occasion d’une conférence de presse, Alain Desbouchages, président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers, et Flavie Mariamon, présidente du Conseil régional 974 et 976, ont présenté le nouveau président du Conseil inter départemental Réunion-Mayotte, Paul Laurent Zettor. Infirmier libéral, il sera épaulé notamment par Moizari Ahmada, secrétaire générale adjointe et infirmière libérale à Mayotte.
Ce bureau aura pour mission «d’accompagner les infirmiers dans leur exercice quotidien», de veiller au respect des règles déontologiques et de contribuer à l’organisation territoriale des soins. Une feuille de route dense dans des territoires où les besoins de santé sont particulièrement marqués.
Des territoires sous tension sanitaire
L’installation de ces nouvelles instances départementales n’a rien d’un simple ajustement administratif. Elle traduit la volonté d’ancrer davantage la gouvernance ordinale dans les réalités locales de La Réunion et de Mayotte, deux territoires caractérisés par une croissance démographique soutenue, des tensions sanitaires majeures et des disparités persistantes d’accès aux soins.
Dans ce contexte, les infirmiers occupent une place stratégique. Ils interviennent en première ligne dans la prise en charge des pathologies chroniques, la gestion des urgences sanitaires, l’accompagnement des populations éloignées du système de santé et la continuité des soins, y compris dans des zones parfois isolées.
Pour Alain Desbouchages, «l’égalité d’accès aux soins ne peut rester un principe théorique : elle doit devenir une réalité tangible pour chaque citoyen, y compris dans les territoires ultramarins.» Il a également insisté sur la nécessité de placer les enjeux sanitaires des territoires du 974 et du 976 «au cœur des politiques publiques», estimant que la profession infirmière peut apporter «une contribution décisive à la réponse au besoin de soin».
Réduire les fractures d’accès aux soins
La question des inégalités territoriales demeure centrale dans les priorités du Conseil national. L’Ordre entend renforcer l’implantation des infirmiers dans les zones sous-dotées, soutenir l’exercice libéral et mixte et encourager les coopérations interprofessionnelles adaptées aux spécificités ultramarines.
L’Ordre souhaite également accélérer le déploiement des infirmiers en pratique avancée (IPA). Dans des territoires où les ressources médicales sont parfois limitées, ces professionnels représentent un levier supplémentaire pour améliorer l’accès aux soins et fluidifier les parcours des patients.
Enfin, dans les territoires ultramarins, la loi infirmière est présentée comme un levier déterminant pour améliorer concrètement la prise en charge des patients. Les arrêtés d’application relatifs aux actes, aux soins attendus d’ici juin 2026 devront rester fidèles à «l’esprit de la loi» et ne pas freiner les pratiques. L’Ordre réaffirme enfin sa tolérance zéro face aux violences sexistes et sexuelles.
Source : Ordre National Infirmier
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