AU COEUR DU METIER

Edito - Sida : « Je me souviens très bien du tout premier patient »

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Compétences infirmières

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A l'Hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine) dans le service accueillant des malades du Sida, des internes, des médecins, des infirmières, des psychologues, des aides-soignantes, racontent ce qu'est, au quotidien, la prise en charge du Sida et reviennent sur leurs souvenirs des tout premiers malades, dans les années 80, à travers un documentaire radiophonique très complet signé Ludovic Sellier pour Grand Angle, diffusé sur France Culture. Une plongée au cœur des "Années sombres". 

main toile

« Ces jeunes patients tombaient souvent dans les pommes quand on les prélevait dans le laboratoire, alors il fallait déjà les tenir et puis essayer de les rassurer… »

Certains d’entre eux ont vu arriver le Sida dans les hôpitaux en France. On est alors au tout début des années 80 et les premiers patients sont accueillis tant bien que mal, avec d’énormes précautions puisque les équipes ne connaissent pas encore le mode de transmission de cette maladie effrayante. Qui sont ces soignants, ont-ils évolué au cours de ces dix années de Sida, comment réagissent-ils à l'arrivée en masse de sidéens dans leur service, le changement est-il seulement professionnel ou le phénomène de société Sida a- t-il tout chamboulé des valeurs, des savoirs et des croyances du monde hospitalier ? Autant de questions que France Culture est allé poser à l'équipe de l'Hôpital Antoine-Béclère de Clamart, de l'hôpital de jour au service d'hospitalisation et de réanimation.

Claude et Roselyne, respectivement infirmière et aide-soignante, évoquent leur quotidien auprès de patients atteints du virus : C'est la dégradation qui est pénible. Ici à l'hôpital de jour, vous les voyez bien et au bout de quelques mois, vous les voyez quand même se dégrader, vous les voyez à la limite... Ils peuvent à peine marcher. Vous voyez certains lutter. L’équipe soignante, médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues, kinésithérapeutes s’activent, chaque jour, auprès de malades dont la jeunesse, bien souvent, frappe. Manuela, aide-soignante dans ce service depuis 5 ans, explique que cette jeunesse, reflet de la sienne, l’a d’ailleurs incitée à rester. Moi je suis restée parce que les malades du Sida, bien souvent ce sont des gens qui ont mon âge, entre 25 et 40 ans. Il y a souvent des jeunes et pour l'instant j'ai l'impression que je leur apporte quelque chose (…) Je crois que les gens ne se rendent pas compte de ce qu'est cette maladie... je crois que les gens ne se sentent pas concernés, alors qu'ici on voit bien que ça peut vraiment arriver à n'importe qui. Claude, elle, aime faire les soins en prenant son temps. C'est à dire s'asseoir, parler aussi bien de la maladie que d'autre chose. Tous ceux qui témoignent disent avoir l’impression d’apporter quelque chose aux patients, y compris sur le plan moral.

Il faut le rappeler : "on ne guérit pas du sida"...Le premier patient ? On croyait qu’il était « dangereux pour nous ».A écouter les différents témoignages, on s’aperçoit que beaucoup de soignants sont arrivés à ces postes dans les années 80, au début de l’apparition de la maladie en France et qu’ils y sont -pour la plupart- restés. Ils ont dû se former, évoluer au contact de cette maladie qui, à l’époque, était encore méconnue....

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