ETHIQUE

Pour une éthique de la douceur

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Ethique et soin

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D’aucuns vous diront que la douceur est faite pour les faibles, les victimes et les martyrs. Ceux-là ne sont pas soignants, ceux-là ne savent pas aimer, ceux-là ne savent pas jouir. Ils méritent toutefois notre douce compassion tout simplement parce que nous ne sommes pas comme eux. La douceur est incluse dans le concept de soin, elle y est constitutive depuis son intention jusqu’à sa réalisation. Mieux que cela, elle est une arme puissante pour résister contre la bêtise et la violence.

Ce que n’est pas le soin

plume douceur

La douceur arrache une "L" à la douleur...

Commençons peut-être par évacuer les contraires et ce qui pourrait nous laisser imaginer une possibilité de douleur raisonnable dans le soin. Un soin douloureux est-il réellement un soin ? Cette question a fait l’objet d’une très belle thèse de philosophie écrite par Bénédicte Lombart cette année. L’auteur nous oblige à une prise de conscience quand le soignant est capable d’une cécité empathique, c’est-à-dire quand le soignant est capable de penser un mal comme un bien s’il permet l’accès à un bien supérieur. Par exemple, quand plusieurs soignants contiennent un enfant pour lui placer une perfusion. Alors la douleur, le stress et l’angoisse de l’enfant ne sont pas vécus comme un mal en soi par les soignants car il y a comme une cécité empathique de leur part qui vient légitimer la contention. La seule visée thérapeutique peut amener le soignant à emprunter le côté sombre du soin et supporter de nuire, fût-ce pour un instant, à un être vulnérable. Il y a bien aussi cette douceur sirupeuse, stratégique et condescendante, cette suavité baveuse qui ne sert que l’égo du fourbe, celle-là ne vaut pas une ligne de plus.

Cette dimension du soin douloureux « juste » reste donc à explorer sur le plan soignant. De nouvelles pratiques de soins émergeantes prennent en compte de mieux en mieux cette souffrance légitime comme les gaz analgésiques, l’hypnose conversationnelle… Autant de pratiques qui convoquent des disciplines diverses tendant à diminuer la douleur et rendre au soin sa douceur constitutive.Revenons donc maintenant à la douceur, cette essence du soin, et voyons à quel niveau elle convoque le soignant. Cette dimension...

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