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A lire - Je n'ai pas toujours été un vieux con

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Dans son premier roman, Alexandre Feraga nous plonge dans la vie de Léon Pannec, un septuagénaire « brut de décoffrage » loin d'avoir la langue dans sa poche. Contraint (malgré lui) d'entrer dans une maison de retraite, il sera le premier surpris de ce que la vie continue à lui réserver. Entre joies, frustrations et autres relations riches...

Je n'ai pas toujours été un vieux con

Léon Pannec, un homme tendre sous ses airs acariâtres.

On ne s'imagine pas assez tout ce qu'un corps peu traverser dans une vie ... Tout au long de son récit, Léon Pannec, le héros de cette histoire, nous livre cette appréciation tel un leitmotiv ou une pensée philosophique. Radotage d'un « vieux » bougre de 75 ans ? Non. Précepte d'un homme dont l'existence a été une succession d'événements dramatiques ? Assurément. Avec un franc parler, il nous rappelle solennellement que derrière chaque personne âgée se cache avant tout une histoire et parfois même une intrigue qui aura duré toute une vie.

Passé et présent s'entremêlent

« Je n'ai pas toujours été un vieux con » est une succession d'allers-retours entre le passé et le présent, ce qui fut avant et ce qui est maintenant. Alexandre Feraga propose au lecteur une agréable balade dans l'existence d'un personnage attachant, tout en alimentant un mystère dévoilé très tardivement.

Mais c'est avant tout son arrivée aux Primevères, une maison de retraite de la région parisienne, qui bouleversera la petite vie (enfin) tranquille de Léon Pannec. Contre toute attente, des amitiés se lieront, des relations se déchireront et des cœurs se découvriront. Une chose est sûre : nul ne peut rester indifférent à Léon.

La maladie prend beaucoup. Soit nous acceptons qu'elle prenne tout ce que nous sommes, soit nous décidons quelle n'aura pas la dernière goutte...

Réaliser la vieillesse au travers d'une amitié/dans la peau d'un « vieux »

L'abandon, l'humiliation, la privation de liberté, la perte de dignité sont autant de sentiments intenses ressentis par la personne âgée. Le lecteur se surprend à en prendre conscience et à le réaliser. En se mettant dans la peau d'un septuagénaire, l'auteur, âgé de 34 ans, a réussi un exploit qui est difficilement réalisable : nous conduire au travers des mots à ressentir une profonde empathie pour nos anciens.

Dans les mains de la nouvelle génération, ce roman a le pouvoir d'insuffler aux plus jeunes du respect à l'égard des personnes âgées, honorables oh combien. Il évoque également le fait qu'il n'est jamais trop tard pour lier des amitiés et que les dernières sont peut-être les plus sincères. « Je n'ai pas toujours été un vieux con » rend ainsi toute son humanité à la vieillesse et la fin de vie. Le temps est dépeint comme un présent d'une valeur inestimable qu'on ne peut laisser s'échapper en vain. Un roman touchant qui ravira les soignants, une balade qui restitue la dignité aux patients, un récit qui rappelle que l'âge avancé est loin de marquer la fin d'une histoire.

On ne s'imagine pas assez tout ce qu'un corps peut traverser dans une vie.

• Alexandre Feragan Je n'ai pas toujours été un vieux con, Editions flammarion, mai 2014.

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Journaliste Infirmiers.comgwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight

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